Soupçons de financement libyen : La chronologie des déclarations contradictoires de Ziad Takieddine – 20 Minutes

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Depuis 2012, l’intermédiaire sulfureux Ziad Takieddine a multiplié les accusations dans des déclarations parfois floues et souvent contradictoires sur un supposé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. — Louise MERESSE/SIPA

Il était le principal accusateur de Nicolas Sarkozy dans l’affaire d’un supposé financement libyen de la campagne présidentielle. Pourtant Ziad Takieddine, a changé de version auprès de Paris Match et de BFMTV mercredi en innocentant l’ancien président. Une énième déclaration contradiction qui vient s’ajouter à la liste déjà bien remplie de l’homme d’affaires franco-libanais.

Depuis 2012, l’intermédiaire sulfureux a multiplié les accusations dans des déclarations parfois floues et souvent contradictoires. Rappel chronologique de ses principales déclarations.

2012 : Défense de Sarkozy, puis accusation

Avant d’accuser Nicolas Sarkozy dans le dossier libyen, l’homme d’affaires franco-libanais a d’abord pris sa défense dans l’affaire Karachi : dans un livre publié en mars 2012, il affirme que les juges qui enquêtent sur le financement de la campagne de Balladur en 1995 « instrumentalisent l’affaire et la presse contre l’Élysée à l’approche de la présidentielle ». Mais Nicolas Sarkozy, ex-balladurien, n’est pas inquiété.

Au même moment, Mediapart publie une première note affirmant que l’intermédiaire a été « chargé du montage » d’un financement occulte de la campagne de 2007. Ziad Takieddine réfute chez France24 : « Il n’y a rien qui puisse aller dans ce sens ». Mais un mois plus tard, Mediapart publie un autre document, attribué à un ex-dignitaire libyen, affirmant que le régime de Mouammar Kadhafi avait accepté lors d’une réunion le 6 octobre 2006 de financer cette campagne à hauteur de « 50 millions d’euros ».

Première volte-face de l’intermédiaire. « Je suis un homme content (…) Ce document prouve qu’on est en présence d’une très grande affaire, que ces 50 millions aient été versés, en totalité ou en partie », assure-t-il dans un communiqué. Le 9 mai, il juge les informations de Mediapart « tout à fait crédibles » devant le juge Renaud Van Ruymbeke, chargé de l’affaire Karachi. Au sujet de son arrestation deux mois plus tôt à son retour de Libye avec 1,5 million d’euros dans une valise, il se dit convaincu qu’il a été arrêté car « M. Guéant était persuadé que je détenais des preuves de ce financement ».

2013 : Il affirme avoir des preuves contre Sarkozy

En janvier 2013, la révélation de la dernière audition, datant de fin 2012, de Ziad Takieddine, a l’effet d’un coup de tonnerre : il se disait prêt à « fournir les éléments existants sur le financement » de la campagne de 2007, qui « dépasserait les 50 millions d’euros ». Le 11 avril, la police perquisitionne son domicile parisien, où il convoque la presse le lendemain. « Est-ce que Kadhafi a payé Sarkozy ? Oui, oui, il a payé pour la campagne, payé pour autre chose », déclare Ziad Takieddine.

« J’ai dit » au juge « que les documents existent ». Avant d’assurer : « Je ne dirai jamais où ils sont car je ne fais pas confiance à la justice. » Dans la foulée, une information judiciaire est ouverte le 19 avril pour examiner ces accusations.

2016 : Il affirme avoir transporté cinq millions d’euros en espèce

Trois ans après, alors que Nicolas Sarkozy brigue l’investiture des « Républicains » à la présidentielle de 2017, Ziad Takieddine s’exprime dans Mediapart le 15 novembre. Entre novembre 2006 et début 2007, « j’ai transporté (…) un total de cinq millions d’euros » dans des valises lors de trois voyages, raconte l’homme d’affaires.

Ces valises ont été pour les deux premières déposées directement dans le bureau de Claude Guéant, alors directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, précise-t-il. Pour le troisième voyage, il affirme avoir effectué la remise, toujours place Beauvau, mais « directement en haut », dans un appartement où se trouvait Nicolas Sarkozy. Il sera condamné en diffamation en 2020.

Entendu par les enquêteurs anti-corruption, il confirme les informations et sa volonté d’agir dans « l’intérêt de la France » pour dénoncer une « corruption très profonde ». Il est mis en examen en décembre pour « complicité de corruption d’agent public étranger » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye ».

2020 : la rétractation

En fuite au Liban, pour échapper à sa condamnation à de la prison ferme dans le dossier Karachi, Ziad Takieddine retire ses accusations dans un entretien à Paris Match et BFMTV diffusé le 11 novembre et met en cause le juge Tournaire, précédemment en charge de l’enquête « libyenne ».

« Je le dis haut et fort, ce juge Tournaire a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraires aux propos que j’ai dits (…) : il n’y a pas eu de financement de campagne présidentielle de Sarkozy ».

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