Solitaire, paranoïaque, passionné d’armes.. qui est Valentin Marcone, le fugitif traqué dans les Cévennes ? – Le Parisien

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Une simple remarque, pour un « bonjour » que son employeur lui a reproché de ne pas avoir prononcé en arrivant au travail mardi 11 mai, vers 8 heures, aura suffi à faire sauter la poudrière de Valentin Marcone. Depuis qu’il s’est terré dans la montagne cévenole, après avoir abattu froidement son patron et l’un de ses collègues, les enquêteurs tentent de rentrer dans la tête de ce jeune homme de 29 ans, sans aucun antécédent judiciaire, mais désormais double meurtrier présumé.

En couple et père d’une fillette âgée d’un an, il était employé depuis 2020 par la scierie des Plantiers, commune où il s’est établi il y a une dizaine d’années. Une reconversion après une expérience ratée comme cantonnier du village, source d’un ressentiment inépuisable, à en croire son activité sur les réseaux sociaux. « Il a fait beaucoup de conneries. Il notait ses heures à la minute près et même celles du maire. Lorsque le contrat n’a pas été reconduit, il en voulait à la terre entière », raconte un villageois.

Valentin avait alors lancé une série de procédures contre son employeur, qui n’ont pas prospéré, lui reprochant en vrac de changer ses horaires à la dernière minute, d’avoir produit de fausses attestations de formation, ou encore de l’avoir mis en danger à cause d’une débroussailleuse défectueuse… L’ancien édile a, de fait, été placé en sécurité depuis ce mardi.

Hostile aux élites

Le jeune père de famille, qui ne décolérait pas, comme en témoigne un post sur son Facebook daté du 1er mai 2021, avait même lancé des pétitions sur la plate-forme Change.org, sous le pseudo « the Joker » … Elles avaient récolté deux signatures, dont la sienne. Il devait prochainement comparaître devant le tribunal correctionnel pour avoir enregistré une conversation avec des gendarmes, dans le cadre de cette même affaire.

Manifestement perturbé, paranoïaque, son profil Facebook témoigne d’une hostilité face aux élites – il y conspue notamment Carlos Ghosn, les Balkany, Emmanuel Macron, y relaie les récentes tribunes de militaires – ainsi que sa passion pour les armes. Son rêve, devenir tireur d’élite dans l’armée, n’avait pu se concrétiser en raison de problèmes de vue. Bien que peu assidu aux entraînements, il était licencié depuis trois ans dans un club de tir sportif, et s’adonnait surtout à sa passion dans les montagnes autour de chez lui. À son domicile, les gendarmes ont saisi un véritable arsenal : une douzaine d’armes et 3 300 munitions, pour certaines non déclarées.

Ils ont également trouvé dans son ordinateur des photos de personnes « occupant des fonctions institutionnelles », a détaillé ce jeudi soir Éric Maurel, le procureur de Nîmes. Pour autant, aucune menace n’a été proférée, aucun courrier de revendication n’a été découvert chez lui, laissant entière la question de sa préméditation, même s’il est établi qu’il est arrivé armé, ce mardi matin, au travail.

«Véritable dangerosité»

Seul signe avant-coureur, Valentin aurait pris l’habitude, depuis une semaine, de venir au travail vêtu d’un gilet pare-balles. « C’est un individu qui a une véritable dangerosité » a détaillé Éric Maurel, qui exclut toutefois l’hypothèse d’une complicité. « C’est un solitaire qui a, selon sa famille, très peu d’amis, sinon pas d’amis », a complété général Philippe Ott, commandant du groupement de gendarmerie du Gard.

Ni survivaliste, ni paramilitaire, selon Éric Maurel, selon qui aucune affiliation à ces deux idéologies n’a été établie, Valentin est a minima « un homme apte à la survie en milieu hostile », dont le jusqu’au-boutisme n’est pas sans rappeler celui de Frédérik Limol, qui a tué trois gendarmes en décembre 2020, rappelle le général Philippe Ott : « Son profil nous laisse à penser qu’il pourrait nous attendre sur son terrain, qu’il maîtrise pour y chasser régulièrement. »

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