Donald Trump et Mike Pence avec les leaders démocrates du Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, le 11 décembre 2018, dans le bureau ovale de la Maison Blanche. — Evan Vucci/AP/SIPA« J’ai dit bye-bye. » Au 19e jour de la crise du shutdown, Donald Trump a claqué la porte des négociations, mercredi, mettant abruptement fin à une réunion avec les leaders démocrates du Congrès. Face à l’impasse budgétaire autour du financement du mur, 800.000 employés fédéraux ont été placés de force en congés sans solde ou travaillent sans être payés. Ce shutdown semble bien parti pour devenir le plus long de l’histoire et battre le précédent record de 21 jours sous la présidence de Bill Clinton.

«Je viens de quitter une rencontre avec Chuck (Schumer) et Nancy (Pelosi), totale perte de temps. Je leur ai demandé : ”Que va-t-il se passer dans 30 jours, si je rouvre [l’administration] rapidement, est-ce que vous approuverez un mur ou une barrière en acier ?”. Nancy a dit ”Non”, j’ai dit ”bye-bye” », a tweeté le président américain.

« Nous avons assisté à un caprice »

« Le président s’est levé et est parti », a relaté Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat, juste après la rencontre. « Une nouvelle fois, nous avons assisté à un caprice parce qu’il ne pouvait obtenir ce qu’il voulait ». La veille, le duo avait répondu à l’intervention télévisée de Donald Trump. Le président n’a proposé aucune nouvelle porte de sortie, ciblant ses arguments contre les immigrants clandestins qu’il a accusés de faire couler « le sang américain ».

Des deux côtés, le bras de fer est avant tout politique. Donald Trump ne veut pas céder face à ses supporteurs sur la promesse la plus emblématique sa campagne. Et les démocrates refusent de reculer car selon un sondage récent pour Reuters, 6 Américains sur 10 sont opposés au mur. Surtout, les républicains ont eu deux ans avec la majorité au Congrès pour allouer une enveloppe pour le mur. S’ils en avaient fait une priorité, ils auraient pu passer outre l’obstruction démocrate via un processus complexe dit de « réconciliation », comme ils l’ont fait pour la réforme des impôts.