Seine-Saint-Denis : 2000 migrants évacués d’un campement au pied du stade de France – Le Parisien

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Depuis le mois d’août, plus de 2000 migrants s’étaient progressivement installés à Saint-Denis, sous le viaduc de l’autoroute A1 et vers la passerelle piétonne qui mène au Stade de France. Les forces de l’ordre ont entamé ce mardi matin l’évacuation de ce vaste campement. En cinq ans, c’est la 66ème opération que connaît le département.

Encadrée par un important dispositif policier, l’opération d’évacuation et de mise à l’abri des exilés vers différents centres d’accueil et gymnases d’Ile-de-France a débuté vers 7 heures. Des migrants s’acheminaient dans le calme vers des bus, dans une opération conjointe de la préfecture de police de Paris, de la préfecture de la région Ile-de-France et de Seine-Saint-Denis.

Selon le décompte de l’association France terre d’asile, opératrice de l’Etat, environ 2 400 exilés vivaient la veille encore dans ce camp qui n’a cessé grossir depuis août en dessous de l’autoroute A1. Des feux de palettes étaient visibles depuis le cordon de sécurité mis en place par les forces de l’ordre.

« Ces camps ne sont pas acceptables, a déclaré sur place le préfet de police de Paris, Didier Lallement. Cette opération a lieu pour faire en sorte que les personnes en situation régulière soient mises à l’abri, et celles en situation irrégulière n’ont pas vocation à rester sur le territoire ».

Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a salué cette opération.

Près du canal de Saint-Denis, de nombreuses personnes attendaient d’être prises en charge par des bus. Toutes seront dans un premier temps l’objet d’un test au Covid-19 dans des centres de dépistage mis en place par l’Agence régionale de santé, avant d’être soit isolées dans un premier temps, en cas de résultat positif, soit immédiatement mises à l’abri.

En tout, 70 bus devaient acheminer les migrants alors que 26 centres d’hébergement ont été mis en place par la Préfecture de région d’Ile de France pour les accueillir. Au grand dam de certains maires, comme celui de Bry dans le Val-de-Marne, offusqué qu’on réquisitionne un gymnase de sa ville, et qui dénonce « l’absence totale de concertation avec la ville en amont de la décision unilatérale de cette réquisition malvenue ».

Une majorité d’hommes seuls originaires d’Afghanistan

Le campement insalubre, où plusieurs centaines de tentes étaient installées, est majoritairement constitué d’hommes seuls, essentiellement originaires d’Afghanistan, mais également du Soudan, d’Éthiopie et de Somalie. Beaucoup, majoritairement des demandeurs d’asile, sont auparavant passés par d’autres campements en périphérie de Paris, successivement démantelés, mais qui se recréent un peu plus loin, en banlieue nord.

Une trentaine d’associations et collectifs (Cimade, Secours catholique, Solidarité Migrants Wilson…) dénoncent « un cycle sans fin et destructeur ».

« Depuis cinq ans, les évacuations se sont répétées, malgré les dysfonctionnements du système d’hébergement qui les accompagne […]. Aujourd’hui, les autorités continuent d’organiser ces opérations alors que les 65 précédentes ont prouvé qu’elles étaient inefficaces, et que leur seul effet était de disperser les personnes », ont écrit les associations dans un communiqué.

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