Ségolène Royal annonce que l’exécutif « envisage » de mettre fin à ses fonctions d’ambassadrice des pôles – Le Monde

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Ségolène Royal a été nommée ambassadrice des pôles par le président de la République, Emmanuel Macron, en septembre 2017.

L’ex-ministre et candidate à la présidentielle Ségolène Royal a fait savoir, mardi 14 janvier, sur Facebook, que l’exécutif envisageait de « mettre fin » à ses fonctions d’ambassadrice de France chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique, en raison de ses critiques récurrentes du gouvernement. Mme Royal a notamment publié, en décembre, des tweets critiquant l’exécutif sur les pesticides, la réforme des retraites, ainsi que la proximité d’Emmanuel Macron avec « le monde du business mondialisé ».

L’ex-candidate à la présidentielle de 2007 publie, sur le réseau social, une lettre des ministères des affaires étrangères et de la transition écologique dont Le Canard enchaîné a le premier donné des extraits, expliquant qu’il « est envisagé de mettre fin » à ses fonctions au regard de ses « récentes prises de parole publiques ».

Mme Royal reproduit une lettre datée du 7 décembre, envoyée au regard de ses « récentes prises de parole publiques qui mettent en cause la politique du gouvernement » à laquelle, soulignent les ministères, elle est « étroitement associée » en sa « qualité d’ambassadrice, titulaire d’un emploi à la décision du gouvernement ».

« Limites de la bienveillance macronienne »

La lettre prévient qu’un « prochain conseil des ministres pourrait examiner le projet de décret mettant fin à vos fonctions d’ambassadrice ». Ségolène Royal estime pour sa part que son « licenciement […] a déjà eu lieu, sans entretien préalable » :

« Je comprends par cette lettre que le président de la République va mettre fin à mes fonctions (lors) d’un prochain conseil des ministres puisque je n’ai pas l’intention de renoncer à ma liberté d’opinion et d’expression garantis par la Constitution. J’en prends acte. »

Pour Olivier Faure, premier secrétaire du PS, cette convocation illustre les « limites de la bienveillance macronienne » :

« Avec le nouveau monde, on a le droit d’être d’accord ou d’accord. Ségolène Royal était fantastique quand elle était dans un rapport complaisant à l’égard de Macron jusqu’à montrer son [inclination] pour la liste LREM aux européennes. Dès lors qu’elle critique l’absence de gestion de l’hôpital public ou qu’elle affiche son opposition à la réforme des retraites, ils la licencient. »

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« Devoir de réserve »

Dimanche, la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, avait lancé sur BFM-TV un ultimatum à Ségolène Royal, la sommant de « faire un choix » si elle voulait garder sa fonction, qui implique un « devoir de réserve » :

« Je pense que Ségolène Royal va devoir faire un choix : soit elle veut rester ambassadrice, et évidemment il y a un devoir de réserve, soit elle veut avoir sa liberté de parole (…) et dans ce cas, il faut qu’elle ne soit plus ambassadrice soumise à une obligation de réserve. »

La ministre, qui réagissait à une question sur un déplacement de Ségolène Royal pour soutenir la candidate du Parti socialiste aux municipales à Toulouse, Nadia Pellefigue, avait déjà rappelé vendredi l’ambassadrice à son « devoir de réserve ».

« Je pense qu’on va être amenées à clarifier les situations ensemble », avait prévenu Elisabeth Borne. « J’entends Ségolène Royal qui nous ditje suis attachée à ma liberté de parole. Très bien, dans ce cas-là, il ne faut pas occuper une fonction dans laquelle il y a une obligation de réserve », avait-elle insisté.

Elle devrait prochainement recevoir une convocation pour s’expliquer devant l’Assemblée nationale sur son bilan d’ambassadrice des pôles, un poste auquel elle a été nommée par le président Emmanuel Macron, il y a un peu plus de deux ans, en septembre 2017.

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