© Radio France – Ruddy Guilmin

A la veille de l’acte IV de la mobilisation des gilets jaunes, et alors que la manifestation de samedi a été durement réprimée, une trentaine de gilets jaunes se sont rassemblés ce vendredi devant l’usine sarthoise de Precigne, Alsetex, le leader européen de produit de maintien de l’ordre. Cette entreprise, qui fait 32 millions de chiffres d’affaires sur le dos de tous ceux qui subissent la répression d’Etat, vend à l’Etat français des grenades, bombes lacrymogènes. Ces mêmes grenades lacrymogènes qui ont provoqué la mort d’une octogénaire samedi dernier à Marseille. Les lacrymogènes font partie des armes chimiques et sont donc par conséquent interdits lors de conflits armés entre États. Pourtant, la police peut tout à fait les utiliser contre la population.

A travers ce rassemblement symbolique, les gilets jaunes présents ont souhaité dénoncer la répression policière. Certains se trouvaient debout, avec des pancartes à la main montrant des visages blessés par les armes des forces de polices, des visages parfois défigurés, avec les revendications suivantes « Stop répression » et « Stop flashball »,. D’autres se tenaient à genoux, mains sur la tête, comme les lycéens de Mantes-la-Jolie qui ont subi ce jeudi une interpellation d’une brutalité et d’une violence incroyable : les policiers les ont obligés à s’asseoir en ligne, mains sur la tête pour certains et mains attachées pour d’autres, ceci accompagné d’humiliations verbales et d’insultes de la part des policiers, notamment à caractère raciste, comme en a témoigné un lycéen interpellé.

Dans un contexte où depuis le début de la mobilisation, la seule réponse du gouvernement, la répression, ne cesse de s’accroître jours après jours, provoquant beaucoup de colère à l’égard de la police du côté des gilets jaunes, il semblerait que la vidéo de l’interpellation des lycées de Mantes-la-Jolie ait approfondi cette colère. En effet ces images qui font froid dans le dos ont profondément indigné, cette vidéo étant devenue virale sur les réseaux sociaux.

A travers cette action et ce geste, la trentaine de gilets jaunes réunis ont souhaité apporté leur « soutien aux lycéens suite aux interpellations récentes », mais également à toutes les personnes qui ont été victimes de la police. Interpellant le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, à « cesser toute violence verbale ou physique envers les Français et Françaises de tout bord. Nous lui réclamons l’arrêt total et immédiat de l’utilisation des grenades explosives GLI-F4 et des flashballs sur la population française ! ».

Depuis le début de la mobilisation, la seule réponse apportée par Macron, via les forces de police, est celle de la violence et la répression. Une répression de plus en plus féroce et brutale : samedi dernier une octogénaire est décédée à Marseille, un jeune est tombé dans le coma à Toulouse, 3 blessés graves – mâchoire ouverte, main arraché, poumons déchirés – à Bordeaux , ainsi que 130 blessés à Paris. C’est cette violence que les manifestants gilets jaunes dénoncent massivement aujourd’hui.