Santé. Coronavirus : faut-il avoir peur du virus mutant ? – Vosges Matin

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N501Y est-il le nouvel ennemi de l’humanité ? N501Y est le nom de la nouvelle souche du coronavirus portant une mutation. Le virus a modifié la protéine de sa « spicule », la pointe qui se trouve à sa surface et qui lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les infecter. Et il a gagné en efficacité, pour forcer l’entrée dans ses cellules : il est plus contagieux.

D’ou vient -il ?

Le virus mutant serait apparu mi-septembre à Londres ou dans le Kent, au sud-est de l’Angleterre. Mais selon le Dr Julian Tang, de l’Université de Leicester, « cette mutation N501Y circulait déjà sporadiquement bien plus tôt cette année en dehors du Royaume-Uni, en Australie en juin-juillet, aux États-Unis en juillet et au Brésil en avril ». La nouvelle souche du Sars-CoV2 détectée au Royaume-Uni est responsable de la propagation à grande vitesse de l’épidémie, selon le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Vallance.

Une souche « hors de contrôle »

Le professeur de médecine Paul Hunter, de l’Université d’East-Anglia, évoque une « augmentation très forte des cas de contamination et des hospitalisations à Londres et dans le Sud-Est, par rapport au reste de l’Angleterre ces derniers jours ». Après que le médecin chef de l’Angleterre, Chris Whitty, a alerté samedi sur une propagation très rapide du virus mutant, le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, est allé plus loin, dimanche, indiquant que la nouvelle souche est « hors de contrôle ».

Pourquoi le virus a muté ?

Les virus mutent – c’est ce qu’ils font tout le temps. « Après avoir infecté nos cellules, ceux-ci se multiplient en réalisant des copies d’eux-mêmes. Ce processus n’est pas parfait et les copies peuvent comporter des « erreurs » : les fameuses mutations », résume l’INSERM avec pédagogie.

Depuis le début de l’épidémie, les chercheurs ont identifié des mutations récurrentes du virus responsable du Covid-19. Ces petites modifications de la structure du virus n’ont rien d’extraordinaire du point de vue scientifique et, la plupart du temps, sont insignifiantes. Plusieurs dizaines de mutations du SARS-CoV-2 ont déjà été analysées, sans que des conséquences alarmantes sur l’épidémie aient été observées. L’information « sur cette nouvelle souche est très préoccupante », selon le Pr Peter Openshaw, immunologiste à l’Imperial College de Londres, cité par Science Media Centre. Notamment parce qu’« elle semble de 40 % à 70 % plus transmissible ».

Le mutant est-il plus dangereux ?

Les scientifiques ne disposent pas encore de données suffisantes pour faire la preuve que la mutation N501Y induit des formes plus graves de la maladie, ni d’une sévérité susceptible d’accroître les cas mortels, a reconnu le Premier Ministre britannique Boris Johnson, samedi, en annonçant des reconfinements locaux. Il n’y a « aucune preuve d’un changement de la gravité de la maladie » à ce stade selon l’Organisation mondiale de la santé OMS. Mais outre « des signes préliminaires que la variante pourrait être plus contagieuse », la variante britannique « pourrait affecter l’efficacité de certaines méthodes de diagnostic ».

Hors du territoire britannique, une poignée de cas ont été rapportés au Danemark (9), ainsi qu’un cas aux Pays-Bas et en Australie selon l’OMS. En France, aucun cas n’a encore été rapporté.

Le vaccin sera-t-il efficace ?

Alors que les premiers vaccins sont arrivés, cette mutation du virus complique encore la tâche des autorités, confrontées à une certaine défiance. « Ce variant génétique ne semble pas entraîner une gravité accrue ou une résistance au vaccin », a répondu dimanche soir Matignon. Même optimisme outre-Manche : « Rien n’indique pour le moment que cette nouvelle souche affecte les vaccins et les traitements, mais des travaux urgents sont en cours pour confirmer cela », a expliqué le médecin chef de l’Angleterre, Chris Whitty.

Dans une note publiée en octobre, l’INSERM jugeait « essentiel » d’étudier les mutations de ce virus « pour comprendre comment mieux traiter les patients, mais aussi pour accompagner la recherche thérapeutique et vaccinale. En effet, en fonction de l’apparition de nouvelles mutations, les traitements et les candidats vaccins pourraient être plus ou moins efficaces contre le virus ».

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