Samuel Paty : un hommage national, des précisions sur l’enquête – Linternaute.com

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Samuel Paty : un hommage national, des précisions sur l'enquête Après des hommages locaux, Samuel Paty va recevoir un hommage national ce mercredi du côté de la Sorbonne. Concernant l’enquête, le Procureur a donné des précisions en annonçant notamment que deux jeunes mineurs ont été déférés devant le juge.

L’essentiel

  • Un hommage national est organisé aujourd’hui pour Samuel Paty, victime d’un acte terroriste vendredi dernier devant son collège de Conflans-Sainte-Honorine. Emmanuel Macron présidera une cérémonie dans la cour d’honneur de la Sorbonne à 19h30, il fera un discours pour saluer le travail de l’enseignant, pris pour cible pour avoir fait un cours sur la liberté d’expression, la laïcité et le droit au blasphème, en présentant à ses élèves des caricatures de Charlie Hebdo. Selon l’Elysée, qui a décrit le contenu de la cérémonie au Parisien, celle-ci sera “courte, solennelle et teintée d’une simplicité républicaine”. “La Sorbonne est le monument symbolique de l’esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France. A travers les siècles, elle a toujours su être une tribune pour l’expression des libertés, des idées et donc du progrès”, insiste un conseiller auprès du journal.
  • Ce mercredi 21 octobre, le Procureur de la République antiterroriste a donné une conférence de presse pour préciser les dernières évolutions de l’enquête. Sept personnes dont deux mineurs ont été déférés pour “complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste”, du chef  de “complicité d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste” et “d’association de malfaiteurs terroristes en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes”. Le Procureur a confirmé que les deux mineurs avaient reçu une somme de 300 à 350 euros pour permettre l’identification de l’enseignant et que le père qui a diffusé la vidéo a eu des contacts avec le prédicateur.

En direct

16:15 – L’attentat “s’inscrit dans un contexte d’appels au meurtre”

Selon le Procureur de la République antiterroriste, l’attentat “s’inscrit dans un contexte d’appels au meurtre” lancés depuis la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo début septembre.

16:05 – Un message audio en russe envoyé ?

Selon une source proche du dossier à l’AFP, Abdoullakh Anzorov a envoyé un message audio en russe juste après l’attentat.

15:54 – Quels politiques présents pour l’hommage ?

Anne Hidalgo, Marine Le Pen, François Hollande, Edouard Philippe, Manuel Valls ou encore Lionel Jospin seront présents ce mercredi soir à l’hommage national rendu à Samuel Paty selon les informations de LCI.

15:50 – Abdoullakh Anzorov voulait “humilier le prof”

Selon les mots du Procureur, Abdoullakh Anzorov voulait “filmer, humilier, frapper” Samuel Paty après son cours sur les caricatures afin qu’il s’excuse de ses actes. C’est en tout cas ce qu’il a évoqué auprès des enfants qui sont restés avec lui jusqu’à l’apparition du professeur.

15:43 – “La polémique enclenchée par Brahim C. reposait sur des faits inexacts”

“La polémique enclenchée par Brahim C. reposait sur des faits, factuellement inexacts”, dit-il. Le 7 octobre au soir, il publie trois messages dans lesquels il raconte les faits, selon la version de sa fille, laissant ses coordonnées. Il liait l’exclusion de sa fille à ces faits. En réalité, l’exclusion n’avait rien à voir avec ces faits” explique également le procureur.

15:11 – Deux mineurs déférés devant le juge

Dans une conférence de presse, le Procureur de la République antiterroriste a indiqué que deux mineurs étaient déférés devant le juge. “Poursuivre des mineurs dans une affaire terroriste n’est pas inédit mais interroge” explique le procureur. Ce dernier donne des détails sur le déroulé et indique qu’une somme de 300 à 350 euros a été donnée aux enfants qui ont attendu avec le terroriste avant de le designer lors de sa sortie.

15:06 – Des annonces “bientôt faites”

Gabriel Attal, porte parole du gouvernement, a indiqué que “des annonces seront faites le plus rapidement possible” à propose du séparatisme et que d’autres dissolutions seront prononcées dans les prochaines semaines.

14:54 – Le collectif Cheikh Yassine dissout annonce Gabriel Attal

Le porte parole du gouvernement a indiqué ce mercredi la dissolution du collectif Cheikh Yassine, directement impliqué par l’assassinat de Samuel Paty. “Nous avons ce matin prononcé la dissolution du collectif Cheikh Yassine, impliquée dans l’attentat de vendredi dernier. Trop longtemps, des associations dites culturelles ont été le cheval de Troie des islamistes. (…)  Le mal a été nommé : c’est l’islamisme politique. C’est une bataille sécuritaire et culturelle qui va durer mais nous la mènerons.”

14:40 – Le fils de Samuel Paty va devenir pupille de la Nation

Âgé de 5 ans, le fils de Samuel Paty va devenir pupille de la Nation comme l’a confirmé Jean-Michel Blanquer devant l’Assemblée Nationale. “Je pense à son fils de cinq ans qui sera désormais pupille de la Nation et à qui nous devons penser non seulement aujourd’hui, mais pendant toutes les décennies qui viennent” a-t-il indiqué. Concrètement, pupille de la Nation “est une adoption par la Nation pour tout enfant de moins de 21 ans dont les parents ont été victimes de guerre ou bien d’actes de terrorisme”, comme l’explique l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

14:30 – Emmanuel Macron poste une nouvelle photo de Samuel Paty

Alors que l’hommage national est prévu sous les coups de 19h du côté de la Sorbonne, Emmanuel Macron a de nouveau rendu hommage à l’enseignant assassiné en postant une photo de lui sur twitter.

11:01 – Samuel Paty avait décrit le contenu de son cours controversé devant la police

Samuel Paty avait été accusé par un parent d’élève de “diffusion d’images pornographiques” par un parent d’élève, ce qui l’avait conduit à être interrogé par la police le lundi 12 octobre. “Je n’ai commis aucune infraction dans le cadre de mes fonctions”, avait-il martelé, défendant son travail effectué dans le cadre d’un cours d’éducation civique. France Info a eu accès à la déposition du professeur. Il dit avoir “proposé aux élèves de voir ou de ne pas voir une des caricatures émanant de Charlie Hebdo selon leur sensibilité”. Et de préciser alors : “J’avais proposé à mes élèves de détourner le regard quelques secondes s’ils pensaient être choqués pour une raison ou pour une autre, assure-t-il. A aucun moment je n’ai déclaré aux élèves : ‘Les musulmans, vous pouvez sortir car vous allez être choqués.’ Et je n’ai pas demandé aux élèves quels étaient ceux qui étaient de confession musulmane”. France Info raporte que l’élève à l’origine de la plainte n’était pas présente ce jour-là en cours. “Elle a inventé un récit au travers de rumeurs d’élèves. Il s’agit d’une fausse déclaration dans le but de nuire à l’image du professeur que je représente, du collège et de l’institution”, avait expliqué l’enseignant à la police.

10:54 – Brigitte Macron publie une lettre d’hommage à Samuel Paty

L’épouse du chef de l’Etat, ancienne professeure de français, a publié un texte transmis au Parisien. Voici la lettre en intégralité : “Etre prof, c’est transmettre et anticiper, préparer les cours avec une attention particulière, parce que chaque leçon est importante ; c’est entrer dans une classe et s’y sentir à sa juste place ; c’est repérer une lueur que l’on a pu allumer dans les yeux des élèves, c’est aussi remarquer quand ils décrochent et aller les récupérer ; c’est être heureux quand vous les avez fait réagir à ce qui vous émeut ; c’est avoir de l’ambition pour eux et leur ouvrir les portes car celles de l’esprit et de la connaissance sont infinies ; c’est développer leur esprit critique pour les rendre libres. Tout cela, Samuel, vous le saviez, et mieux encore, vous l’incarniez. Car vous aviez la plus haute idée de ce qu’est le métier d’enseignant. Votre famille nous a témoigné, au président de la République et à moi-même, de votre grande exigence et de votre extrême tolérance. Leur dignité nous a bouleversés. Aujourd’hui avec vous nous sommes tous profs”.

En savoir plus

Le parquet antiterroriste a été saisi dès vendredi soir. L’enquête a été ouverte pour “assassinat en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”, a précisé le PNAT. Dans la nuit de vendredi à samedi, dix personnes ont d’abord été placées en garde à vue. Mardi 20 octobre, 16 personnes étaient en garde à vue. Parmi ces individus, l’identité d’un militant islamiste du nom d’Abdelhakim Sefrioui a été révélée par l’AFP. Ce dernier avait accompagné début octobre au collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine, le père d’une élève pour demander le renvoi de la victime, qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves. Un ami de l’assaillant, Abdoullakh Abouyezidvitch A est aussi interrogé par les enquêteurs, tout comme l’entourage familial de l’assaillant et des collégiens soupçonnés d’avoir donné des informations au terroriste.

Dans une conférence de presse, le procureur de la République antiterroriste a confirmé ces éléments et a donné des précisions sur l’enquête. Sept personnes dont deux mineurs ont été déférés pour “complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste”, du chef  de “complicité d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste” et “d’association de malfaiteurs terroristes en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes”. En ce qui concerne les deux mineurs, une somme a bien été donnée par l’assaillant à deux collégiens (environ 300 euros) pour permettre l’identification du terroriste. Ces derniers sont restés avec lui jusqu’à ce que le professeur sorte du collège. Selon les mots du procureur, le terroriste “explique avoir l’intention de filmer le professeur qui devait s’excuser pour la présentation de ces caricatures, de l’humilier et le frapper”..

Selon les informations de LCI, un parent d’élève, qui avait mis en ligne une vidéo appelant à la suspension de Samuel Paty a bien été contacté par le terroriste, tout comme prédicateur Abdelhakim Sefrioui. L’assaillant aurait “indiquer son intention de venger le prophète et de régler le problème “à sa manière”, précise le média. BFMTV et l’AFP ont eu la confirmation que des messages ont été échangés sur WhatsApp. BFMTV précise que les deux hommes ont été en contact deux fois par téléphone. Le Procureur a confirmé que Brahim C., le père auteur de la vidéo reconnait avoir été en contact avec Abdelhakim Sefrioui et qu’il y a bien eu plusieurs contacts téléphoniques et écrits entre le terroriste et le père de famille.

En attendant l’hommage national de ce mercredi 21 octobre, une marche blanche a été organisée à Conflans-Sainte-Honorine, mardi soir avec au moins 1 000 personnes rassemblées pour cet événement. Depuis son assassinant, de nombreux hommages et plusieurs annonces ont été faites. Dans un rayon local, le conseil départemental des Yvelines a proposé de rebaptiser le collège de Conflans-Sainte-Honorine, où enseignait le professeur, de son nom. Cette proposition doit être validée par le conseil d’administration de l’établissement, puis par le conseil municipal de la commune. Près de Lyon, à Tassin-la-Demi-Lune, la future école du quartier de la Libération sera également appelée “Samuel Paty”. À l’échelon national, Samuel Paty recevra par ailleurs la légion d’honneur à titre posthume. “Il sera fait commandeur des palmes académiques, c’est emblématique car c’est l’ordre qui va avec les professeurs et le monde de l’éducation, et le martyr de Samuel Paty vaut bien cette reconnaissance de son institution”, a fait savoir Jean-Michel Blanquer. Le fils de Samuel Paty, âge de 5 ans, sera également “pupille de la Nation”, statut accordé “par la Nation pour tout enfant de moins de 21 ans dont les parents ont été victimes de guerre ou bien d’actes de terrorisme”.

Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie qui enseignait au collège Le Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a été décapité près de cet établissement le vendredi 16 octobre 2020, aux alentours de 17 heures, comme l’a indiqué Jean-François Ricard, le procureur de la République antiterroriste, à l’occasion d’une conférence de presse sur l’attentat samedi. C’est “à quelques centaines de mètres du corps découvert” que, quelques minutes après les faits, la police nationale a identifié l’agresseur présumé. “L’homme a couru vers les forces de l’ordre en tirant à cinq reprises avec une arme de poing. Trois des policiers ont riposté, entraînant la chute de l’assaillant. Alors qu’il tentait de se relever et de donner des coups de couteau, il a été neutralisé par les forces de l’ordre”, a indiqué Jean-François Ricard. Dans son téléphone, l’assaillant avait enregistré son message de revendication et un cliché de la victime. Le procureur de la République a également révélé que quelques minutes avant les faits, l’assaillant avait demandé à différents élèves du collège Le Bois d’Aulne, de désigner leur professeur à la sortie des cours. Une information qui prouve que l’individu visait personnellement Samuel Paty. Le terroriste aurait succombé à ses blessures à Eragny-sur-Oise (Val-d’Oise). L’auteur des faits aurait scandé “Allah Akbar”, mais cela n’a pour le moment pas été confirmé.

La victime se prénommait Samuel Paty, et était âgée de 47 ans. L’homme était professeur d’histoire-géographie au sein du collège du Bois d’Aulne depuis trois ans, à Conflans-Sainte-Honorine, et était père de famille. Selon ses élèves, Monsieur Paty était un enseignant bienveillant, très investi et qui était très tolérant.  Un hommage national sera rendu mercredi 21 octobre.

L’assaillant présumé a ciblé le professeur d’histoire du collège du Bois d’Aulne en raison de caricatures de Mahomet que le professeur a montré en classe de 4e, le 5 octobre dernier, lors d’un cours sur la liberté d’expression. Ce samedi, le procureur de la République Jean-François Ricard est aussi revenu sur ces circonstances : le 7 octobre au soir, le père d’une des élèves a publié sur son compte Facebook un message dans lequel il s’indignait que le professeur ait montré une caricature du prophète nu lors du débat. Le 8 octobre, “le père de l’élève accompagné d’un second individu, ont été reçus par la responsable de l’établissement. Et ils ont exigé devant la principale le renvoi du professeur”. Suivra un autre message sur son compte Facebook dans lequel il dévoilait le nom du professeur puis un dépôt de plainte pour “diffusion d’image pornographique”. “La demi-sœur de cet homme avait rejoint l’État islamique en Syrie en 2014”, a également indiqué le procureur.
On reprochera aussi à l’enseignant d’avoir demandé, préalablement au débat, aux élèves musulmans de lever la main et de sortir de classe. Une affirmation que Samuel Paty avait lui même contestée, affirmant avoir simplement proposé à ses élèves de ne pas regarder les caricatures, “dans l’hypothèse où ils auraient pu être heurtés”, selon le procureur. L’enseignant avait déposé plainte pour “diffamation publique”. La principale du collège avait pour sa part fait état d'”appels menaçants” à la suite de ce cours. Alors que des rumeurs faisaient part d’éventuelles sanctions à l’encontre du professeur, la direction du collège a assuré qu’il n’allait pas être sanctionné.

L’identité de l’auteur de l’attaque a été dévoilée samedi par le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Il s’agit d’un jeune homme de 18 ans, d’origine tchétchène et né à Moscou, répondant au nom d’Abdoullakh Abouyezidvitch A. Il était armé d’un poignard, d’une arme de poing de type Airsoft et de cinq cartouches de gaz. Connu des services de police pour des faits de droit commun, notamment des affaires de “dégradation de biens publics et de violence en réunions”, il n’était pas fiché S. Il “bénéficiait du statut de réfugié et était inconnu des services de renseignement”, a confirmé Jean-François Ricard. Abdoullakh Abouyezidvitch A. “était porteur d’un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu’en mars 2030”. Il n’avait jamais été condamné. Son corps présente neuf impacts de balles, selon le procureur.

Un compte Twitter a été identifié dès vendredi soir par les forces de l’ordre, dont le détenteur s’est présenté comme l’auteur des faits. Ce compte, désormais suspendu, a revendiqué l’attaque au nom d’al-Ansar et “d’Allah le Miséricordieux”, avec des photos ou une vidéo de la tête du professeur d’histoire décapité, quelques minutes après le drame. Le message interpellait aussi “Macron, le dirigeant des infidèles”. “J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer, qui a osé rabaisser Mohammad”, a aussi écrit l’auteur, selon le procureur du PNAT. Jean-François Ricard a confirmé ce samedi que ce compte était bien celui d’Abdoullakh Abouyezidvitch A.

Contrairement aux rumeurs de certains internautes, Samuel Paty n’allait pas être visé d’éventuelles sanctions après son cours mettant notamment en avant les caricatures du prophète. La direction du collège a assuré qu’il n’allait pas être sanctionné. Jean-Michel Blanquer, le recteur de l’Académie de Versailles ont confirmé.

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