Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des Etats-Unis, est morte à l’âge de 87 ans – Le Monde

Spread the love
  • Yum
La juge Ruth Bader Ginsburg, à la Cour suprême, à Washington, le 29 septembre 2009.

La juriste américaine Ruth Bader Ginsburg est morte, vendredi 18 septembre, à l’âge de 87 ans des suites d’un cancer du pancréas dans sa maison de Washington. Deuxième femme de l’histoire des Etats-Unis à siéger au sein de la Cour suprême, elle y a défendu sans relâche l’égalité des sexes.

« RBG » n’est plus et la gauche américaine a perdu son icône. De loin la plus connue des juges de la plus haute instance juridique du pays, elle était adulée par les progressistes et détestée par les conservateurs.

Lire aussi Ruth Bader Ginsburg, icône populaire et progressiste

Joan Ruth Bader naît le 15 mars 1933 à Brooklyn, à New York, au sein d’une famille juive qui abandonne rapidement l’usage de son premier prénom, jugé trop courant à l’époque. Privée d’université du fait de son sexe, elle est incitée à poursuivre ses études par sa mère, emportée par un cancer alors que sa fille est encore au lycée. Brillante, Ruth Bader Ginsburg intègre l’université Cornell, membre du club prestigieux de l’Ivy League, où elle rencontre son futur mari, Martin Ginsburg. Puis elle intègre l’école de droit de Harvard. Il s’agit alors d’un bastion presque exclusivement masculin dont le doyen demande aux rares femmes admises pourquoi elles viennent prendre « la place d’un homme compétent ».

Plafond de verre

Après un passage par l’école de droit de Columbia, à New York, pour suivre son époux, Ruth Bader Ginsburg se lance dans une carrière universitaire où elle ne cesse de se heurter à un plafond de verre lié à son sexe. Un séjour en Suède, pays plus progressiste, lui permet d’aiguiser ses convictions. De retour aux Etats-Unis, elle fonde en 1970 la première revue juridique exclusivement consacrée aux droits des femmes. Deux ans plus tard, elle participe au lancement d’une section similaire au sein de la puissante association American Civil Liberties Union (Union américaine pour les libertés civiles, ou ACLU). Sa détermination de guerrière se manifeste par une série de victoires devant la Cour suprême dans des affaires de discriminations liées au sexe. Elle choisit avec soin des cas qui montrent que ces discriminations peuvent pénaliser également les hommes.

Ruth Bader Ginsburg pose avec un livre intitulé « Ma grand-mère est très spéciale », écrit par son petit-fils Paul Spera, à Washington, le 21 juillet 1993.

En avril 1980, le président démocrate Jimmy Carter consacre sa réputation naissante par une nomination à la prestigieuse cour d’appel du district de Columbia, considérée comme une antichambre de la Cour suprême. Elle y gagne le respect du juge conservateur Antonin Scalia, qui la précède au sein de la plus haute instance juridique du pays. Leur passion commune pour l’opéra et les talents culinaires de Martin Ginsburg seront à l’origine d’une longue amitié en dépit de leurs profondes divergences philosophiques.

Il vous reste 43.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *