Russophone, père de cinq enfants… Que sait-on du militaire soupçonné d’avoir trahi la France ? – 20 Minutes

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Militaire français, illustration. — RAIGO PAJULA / AFP
  • Un officier français en poste sur une base de l’Otan près de Naples est soupçonné d’espionnage pour le compte des Russes.
  • Il a été écroué notamment pour « intelligence avec une puissance étrangère portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».
  • L’information a été confirmée, dimanche matin, par la ministre des Armées, Florence Parly.

Une affaire digne de la série Bureau des Légendes. Un officier français en poste sur une base de l’Otan en Italie est soupçonné d’avoir espionné pour le compte de la Russie. L’homme a été écroué fin août à Paris, a révélé dimanche la radio Europe 1.

« Ce que je peux confirmer, c’est qu’un officier supérieur est sous le coup d’une procédure judiciaire pour atteinte à la sécurité », a confirmé dimanche la ministre française des Armées Florence Parly dans l’émission « Le Grand Rendez-vous », sans entrer dans les détails de l’affaire. 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait de cette arrestation.

De quoi est-il accusé ?

Le militaire basé à Naples est accusé d’« intelligence avec une puissance étrangère portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ». Il est aussi poursuivi pour « livraison d’informations à une puissance étrangère ». L’officier est ainsi soupçonné d’avoir fourni des documents ultrasensibles aux services secrets de la Russie, selon Europe 1. La radio indique que c’est une rencontre avec un espion russe, un agent du G.R.U (service de renseignement militaire russe), qui aurait éveillé les soupçons des autorités françaises.

Le militaire français a été écroué pour quatre infractions, selon une source judiciaire. Il est ainsi poursuivi pour « intelligence avec une puissance étrangère portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation », « livraison d’informations à une puissance étrangère », « collecte d’informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation en vue de les livrer à une puissance étrangère » et « compromission du secret de la défense nationale par une personne dépositaire de ce secret ».

Que sait-on de cet homme ?

Peu de choses ont filtré sur le profil de l’agent français. Selon Europe 1, il s’agit d’un lieutenant-colonel de l’armée française en poste à l’OTAN, près de Naples (Italie). L’homme serait affecté au centre de commandement des forces alliées, en charge de la sécurité du sud de l’Europe et du nord de l’Afrique, notamment la Libye. La radio précise qu’il serait âgé d’une cinquantaine d’années et père de cinq enfants, russophone, avec de lointaines attaches familiales dans le pays.

L’homme a été arrêté par les services de contre-espionnage, la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), alors qu’il s’apprêtait à repartir en Italie à la fin de ses vacances en France. Il est actuellement placé en détention provisoire à la prison de la Santé à Paris, a précisé Europe 1.

Pourquoi la France a saisi le procureur ?

« C’est la France qui a pris l’initiative de cette procédure judiciaire », a souligné Florence Parly. Elle a précisé que son ministère avait saisi le procureur de la République en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui impose à toute autorité publique de signaler à la justice un crime ou délit dont elle a connaissance. Ce signalement, daté du 22 juillet, a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet le 29 juillet.

Les inculpations et condamnations de militaires pour espionnage au profit d’une puissance étrangère sont rares en France, et inférieures à une dizaine depuis la Guerre froide. Les autorités préférant régler ce type d’affaires en interne et loin des médias. Mais la France pourrait avoir été contrainte d’effectuer ce signalement par les caractéristiques de l’accusation (au sein d’un commandement intégré et partagé avec d’autres pays, sur un territoire étranger). La procédure est-elle aussi politique ? Selon des éléments recueillis par Le Monde auprès des autorités françaises, ce signalement judiciaire est une manière d’adresser « un message de fermeté à la Russie », dans un contexte de tensions diplomatiques, relatif aux événements en Biélorussie notamment.

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