Russie : nombreuses arrestations à l’occasion d’une nouvelle journée de manifestations à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny – Le Monde

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Les manifestants face aux forces de l’ordre russes à Saint-Pétersbourg, samedi 23 janvier.

Malgré la pression croissante des autorités russes, qui ont multiplié les mises en garde et les procédures judiciaires, les partisans d’Alexeï Navalny manifestaient, dimanche 31 janvier, lors d’une nouvelle journée de mobilisation pour appeler à la libération de l’opposant emprisonné. La police russe a déployé un important dispositif et fermé l’accès au centre de plusieurs villes pour empêcher les protestataires de participer à ces réunions non autorisées.

Selon le décompte de l’organisation non gouvernementale (ONG) OVD-Info, la police a interpellé plus de mille personnes à travers tout le pays. D’après cette organisation spécialisée dans le suivi des manifestations en Russie, le plus grand nombre d’arrestation a eu lieu à Moscou (142), suivi par Vladivostok (113), à l’autre bout du pays, puis à Novossibirsk (93) et à Krasnoïarsk (91) en Sibérie.

Dans l’hypercentre de Moscou et de Saint-Péterbourg, de nombreux policiers et la garde nationale étaient déployés avant des rassemblements prévus en début d’après-midi, ont constaté des correspondants de l’Agence France-Presse. « Poutine est un voleur ! », « Liberté ! », ont scandé des dizaines de manifestants en traversant le centre de la capitale russe, le lieu du rassemblement ayant été changé à la dernière minute face aux restrictions de la police, qui a limité l’accès à plusieurs rues du centre et fermé des stations de métro, une décision rare. Les partisans de M. Navalny doivent notamment se rassembler devant le siège des services de sécurité russes (FSB), place Loubianka, dans le centre de Moscou. La municipalité a également annoncé que des restaurants et des magasins du centre de la capitale allaient rester fermés dimanche et que le parcours des bus serait modifié.

Militant anticorruption et ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny est revenu en Russie le 17 janvier après des mois de convalescence en Allemagne pour un empoisonnement présumé, dont il accuse Vladimir Poutine et les services de sécurité russes d’être responsables. Il a appelé jeudi une nouvelle fois les Russes à descendre dans la rue. « N’ayez pas peur », a-t-il écrit dans une lettre publiée sur son blog. « La majorité est de notre côté. Allons la réveiller. »

Navalny risque « environ deux ans et demi » de prison

Ces rassemblements font suite à une première journée de manifestations samedi dernier, qui a réuni des dizaines de milliers de Russes dans tout le pays et qui s’est soldée par plus de 4 000 interpellations et l’ouverture d’une vingtaine d’affaires pénales.

Ils se dérouleront avec pour toile de fond la comparution d’Alexeï Navalny devant des juges, prévue la semaine prochaine. L’opposant est visé par une multitude de procédures judiciaires depuis son retour en Russie, qu’il considère comme politiquement motivées.

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Selon son avocate, l’opposant risque notamment « environ deux ans et demi » de prison ferme pour la violation des conditions d’une condamnation à trois ans et demi de prison avec sursis, qu’il s’était vu infliger en 2014.

La plupart de ses proches alliés, dont son frère Oleg et la figure montante de l’opposition, Lioubov Sobol, ont été assignés à résidence vendredi par la justice russe, deux jours après une série de perquisitions ayant notamment visé le domicile de sa femme, Ioulia, et les locaux de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption.

Les réseaux sociaux sanctionnés

Les jours précédents, les autorités ont multiplié les mises en garde aux partisans de M. Navalny, le parquet et la police affirmant notamment que les manifestants pourraient être poursuivis pour « émeutes de masse » si les rassemblements se soldaient par la violence.

Le gendarme russe des télécoms Roskomnadzor a annoncé pour sa part qu’il allait sanctionner les réseaux sociaux pour avoir laissé en ligne des messages encourageant, selon lui, les mineurs à aller manifester.

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Les protestations sont aussi alimentées par la diffusion d’une enquête de l’opposant accusant le président, Vladimir Poutine, de bénéficier d’un immense et opulent « palais » à plus d’un milliard d’euros sur les rives de la mer Noire, vue plus de 100 millions de fois sur YouTube. M. Poutine a démenti des accusations destinées à « laver le cerveau » des Russes, tandis que la télévision publique russe a diffusé des images montrant la résidence encore en travaux, loin du luxe décrit par l’opposant.

Samedi, le milliardaire Arkadi Rotenberg, un proche de M. Poutine qui était son ancien partenaire de judo et qui se trouve sous sanctions occidentales, a affirmé être le véritable propriétaire de la résidence et assuré qu’il était en train d’y construire un hôtel.

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Le Monde avec AFP

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