Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Russie contre un projet de loi visant à se doter d’un Internet indépendant, mais que ses détracteurs accusent de «censure» et de tentative d’«isoler» le pays du reste du monde. Une manifestation autorisée à Moscou et des événements de plus petite envergure à travers la Russie ont été organisés contre ce projet de le chambre basse du Parlement. Au nom de la lutte pour la sécurité informatique, il prévoit d’empêcher les sites russes de fonctionner grâce à des serveurs étrangers.

» LIRE AUSSI – Le Kremlin renforce son contrôle sur les sites Internet russes

Cette proposition a été critiquée comme une tentative de contrôler les contenus, voire d’isoler progressivement l’internet russe dans un contexte de pression croissante des autorités sur les libertés en ligne. Selon les organisateurs, 15.000 personnes étaient présentes lors de la manifestation à Moscou. Des militants pour la liberté des médias et de l’internet s’y sont exprimés. «Le gouvernement combat la liberté, y compris la liberté sur Internet. Je peux vous dire ça en tant que personne qui a passé un mois en prison pour un tweet», a lancé à la foule Sergueï Boïko, un militant venu de Sibérie.

Plusieurs personnes ont été arrêtées à Moscou sans motif apparent. Un journaliste de l’AFP a vu un homme être transporté par la police par les pieds et les bras.

» LIRE AUSSI – Russie: une loi contre les «fake news» en ligne adoptée

La semaine dernière, la célèbre messagerie en ligne russe Telegram que les autorités ont cherché -en vain- à bloquer à plusieurs reprises, avait appelé ses utilisateurs à se rendre à cette manifestation. Sur son compte officiel, Telegram avait affirmé que ce projet de loi visait à «isoler la Russie du reste du monde», ce qui permettrait ensuite de «bloquer les réseaux sociaux et messageries étrangers». Le but de ce projet de loi, qui doit encore être validé lors d’une deuxième lecture décisive, est «une censure totale», avait ajouté Telegram.

Une pétition lancée par un groupe russe de défense des libertés sur Internet appelle à l’abandon de cette proposition qui pourrait, selon ce groupe, conduire la Russie «vers une anti-utopie à la Georges Orwell.»