Royaume-Uni : après l’accord avec Bruxelles, Boris Johnson n’en a pas fini avec le Brexit – Le Parisien

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Quelques heures à peine après l’annonce de l’accord historique négocié in extremis entre l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni, Boris Johnson s’empressait de crier victoire dans un discours à la nation le soir du réveillon de Noël. Le Premier ministre britannique pouvait se targuer d’avoir « délivré le Brexit » conformément à ce qu’il avait promis lors de son élection il y a un an.

Mais, un accord trouvé ne signifie pas un accord… ratifié. Il doit encore être validé par l’UE, mais aussi par le Parlement britannique où le vote a été programmé pour le mercredi 30 décembre. Avec une majorité confortable de 80 députés, Boris Johnson a, sur le papier, toutes les raisons d’être optimiste. Même le chef de l’opposition travailliste, Sir Keir Starmer, a appelé son groupe à s’exprimer en faveur de l’accord, certes « mince », selon ce dernier, mais conclu « dans l’intérêt national ».

Eviter un revers à la Theresa May

Cependant, les choses ne sont pas si simples et le locataire de Downing Street en a bien conscience. Au plus bas dans les sondages, il espère pourtant tirer parti de cette victoire politique pour faire oublier sa gestion de la crise sanitaire du Covid-19. Une gestion particulièrement décriée depuis la décision de Boris Johnson de remettre une partie du pays sous une chape de plomb − alors qu’il avait promis un « Noël normal » en novembre − après la découverte d’une variante du virus apparemment plus contagieuse. Conséquence : de nombreux Britanniques n’ont pas pu passer les fêtes en famille et une quarantaine de pays ont fermé leurs frontières au Royaume-Uni.

Pas question donc dans ce contexte de vivre l’expérience désastreuse de celle qui l’avait précédé à Downing Street, Theresa May, dont l’accord de retrait de l’UE avait été refusé trois fois par le Parlement en 2019. Boris Johnson a donc pris les devants. Avant même l’annonce officielle de l’accord jeudi après-midi, il a appelé plusieurs députés « brexiters » pour s’assurer de leur soutien. Problème, toutefois, certains élus lui auraient déjà signifié leur refus de voter pour.

Déceptions des pêcheurs, revendications écossaises

Le groupe conservateur European Research Group a aussi annoncé la création d’un comité spécial pour examiner « dans le détail » le texte afin de vérifier que « ses dispositions protègent réellement la souveraineté du Royaume-Uni ». En ligne de mire, entre autres, le sujet de la pêche, symbole pour les « Brexiters » de cette souveraineté. Le directeur général de la fédération nationale des organisations de pêcheurs a pour sa part exprimé sa déception, arguant que le gouvernement aurait lâché trop de lest. D’autres secteurs économiques ont également averti qu’ils scruteraient avec attention l’ensemble de l’accord.

Et si l’accord passe, tout ne sera pas pour autant fini. Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, réclame déjà l’organisation d’un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, qui avait voté à 62 % pour rester dans l’Union européenne. En Irlande du Nord, les indépendantistes pourraient aussi pousser pour une réunification avec l’Irlande, 100 ans après la séparation des deux territoires.

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