Risque de thrombose avec le vaccin d’AstraZeneca : trois questions pour tout comprendre – Europe 1

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DÉCRYPTAGE

Vendredi, l’Agence du médicament française (ANSM) annonçait que “douze cas” de thromboses, c’est-à-dire de formation d’un caillot sanguin dans de grosses veines, “dont quatre décès au total” avaient été signalés depuis le début de la vaccination contre le Covid-19 chez des personnes ayant reçu le produit d’AstraZeneca. Ce samedi, c’est l’agence britannique du médicament (MHRA) qui a indiqué avoir enregistré 30 cas de ces thromboses, ceux-ci ayant provoqué la mort de sept personnes dans ce pays. Europe 1 répond à trois questions sur le lien entre le vaccin d’AstraZeneca et ces risques.

Y a-t-il un lien avéré entre l’injection du vaccin d’AstraZeneca et les cas de thromboses ?

Mi-mars, le gendarme européen du médicament (EMA) avait jugé que le vaccin AstraZeneca était “sûr et efficace” et qu’il n’était “pas associé” à un risque plus élevé de thrombose. Mais les prises de position récentes des agences françaises et britannique du médicament semblent moins affirmatives. En publiant jeudi un avis sur les effets secondaires des vaccins administrés dans le pays, la MHRA avait indiqué que “le risque d’avoir ce type de caillots sanguins est très faible”.

En France, l’ANSM a confirmé “la survenue, très rare, de ce risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca”. Pour l’infectiologue Odile Launay, questionnée samedi sur Europe 1, “aujourd’hui, la relation entre le vaccin et ses accidents ne fait donc plus aucun doute”. On devrait toutefois en savoir davantage prochainement. Des recherches approfondies sont en cours au Royaume-Uni sur la question.

Faut-il continuer à vacciner avec l’AstraZeneca ?

Dans un communiqué, la directrice de la MHRA, June Raine, indique que “les avantages du vaccin AstraZeneca pour prévenir l’infection au Covid-19 et ses complications continuent d’être largement supérieurs aux risques et le public devrait continuer à recevoir le vaccin quand il est invité à le faire”. D’ailleurs, la MHRA souligne que “le nombre et la nature des effets indésirables signalés jusqu’ici ne sont pas inhabituels comparés à d’autres types de vaccins utilisés couramment”.

Au Royaume-Uni, plus de 18 millions de personnes ont déjà reçu le vaccin d’AstraZeneca. Les récents cas de thromboses représentent un décès sur 2,5 millions de personnes vaccinées. A l’inverse, si ces 2,5 millions d’individus n’étaient pas protégés contre le Covid-19, le virus pourrait provoquer de 2.000 à 50.000 décès supplémentaires selon les tranches d’âges. “Le risque d’avoir des effets secondaires avec les vaccins du coronavirus sont en réalité les mêmes que ceux que l’on accepte comme normaux pour d’autres vaccins comme la grippe”, a insisté le virologue Chris Smith, interviewé samedi matin par la BBC.

En tout cas, Odile Launay trouve justifiée la décision “prise par la France, mais par d’autres pays aussi, de limiter l’utilisation de ce vaccin à des populations plus âgées pour lesquelles ce risque-là est quasiment inexistant”. Les Pays-Bas ont ainsi annoncé vendredi suspendre temporairement les injections de ce produit pour les moins de 60 ans, à la suite d’une décision similaire prise mardi en Allemagne. Ils ont emboité le pas au Canada et à la France (55 ans), la Suède et la Finlande (65 ans).

Sait-on pourquoi ces cas de thromboses surviennent ? 

C’est là que bât blesse, selon l’infectiologue Odile Launay. “Il faut qu’on aille un tout petit peu plus loin pour mieux comprendre le mécanisme de ces accidents”, estime-t-elle. “Pourquoi est-ce que ce vaccin est responsable de ce phénomène ? Pour l’instant, on n’a que des hypothèses, mais il n’y a rien de démontré.” 

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