Retraites : un conflit désormais plus long que celui de 1995 et aucune issue en vue | LCI – LCI

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Les grèves de décembre 2019 contre la réforme des retraites

À RALLONGE – La période des fêtes n’est pas synonyme d’accalmie sur le front de la contestation sociale. Si la grève a dépassé en longueur celle de 1995, rien ne permet aujourd’hui d’entrevoir une sortie de crise. Les syndicats dénoncent une stratégie d’enlisement, le gouvernement s’en défend.

À l’approche des fêtes, le gouvernement a lancé aux grévistes un appel à la trêve, sans succès. Les transports restent encore largement bloqués, et les syndicats appellent toujours à la poursuite du mouvement contre la réforme des retraites. Débuté le 5 décembre, le conflit en est ce jeudi à son 22e jour, et va donc dépasser celui de 1995 qui s’était étendu sur une période identique. 

Il y a 24 ans, le gouvernement dirigé par Alain Juppé avait fini par abandonner son projet de réforme, suite à une mobilisation qui s’était déroulée du 24 novembre au 15 décembre. Les régimes de retraites des fonctionnaires et des agents de services publics étaient alors dans le viseur de l’exécutif. Si les grévistes poursuivent leurs actions, le conflit pourrait battre le record de 28 jours atteint en 1986/87 à la SNCF. 

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Les appels à défiler pour ce samedi 28 décembre et la reprise des négociations prévue le début janvier laissent à penser qu’une issue rapide est improbable. Les nombreux trains toujours supprimés, ainsi que la poursuite des actions à la RATP, continuent à perturber fortement les transports. Les concessions consenties par le gouvernement se heurtent pour le moment à l’hostilité des syndicats, opposés notamment à l’introduction d’un âge pivot. 

La stratégie du pourrissement ?

Une issue à la grève pourrait-elle se dessiner dans les prochains jours ? Rien n’est moins sûr. Si Emmanuel Macron, en déplacement en Côte d’Ivoire, a assuré qu’il n’y aurait “pas de trêve pour le gouvernement” durant les fêtes, les prochains rendez-vous fixés avec les partenaires sociaux sont fixés au 7 janvier, dans plus de 10 jours. 

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Sur France Info, le secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail, Eric Meyer, a exprimé son mécontentement : “On fait face à une stratégie du pourrissement”, a-t-il déploré, “où il n’y a plus aucun contact entre le gouvernement et les organisations syndicales, où le gouvernement est en vacances et laisse la grève se maintenir jusqu’à la rentrée, jusqu’à on ne sait pas quand.”

Matignon nie toute volonté de pourrissement, et insiste auprès de l’AFP sur le souhait du gouvernement “de continuer les discussions sur les sujets identifiés par les organisations syndicales”, le tout “dans un calendrier qui puisse permettre d’avancer rapidement”. “Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de rendez-vous qu’il n’y a pas de travail”, renchérit pour sa part Sylvain Maillard, porte-parole des députés LaREM.

Pour les organisations syndicales, la crainte est de voir s’enliser la situation. Outre l’impact économique pour les salariés en grève, des blocages prolongés pourraient entraîner un retournement de l’opinion publique et renforcer le gouvernement dans ses négociations. 

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