Retraites : l’exécutif mise sur un «tournant» dans le conflit social – Le Figaro

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L’exécutif estime que le conflit social sur les retraites est arrivé samedi à un «tournant» après le retrait, sous conditions, de l’âge pivot de 64 ans, qualifié de «compromis constructif et de responsabilité» par Emmanuel Macron.

Dès le courrier d’Edouard Philippe aux partenaires sociaux envoyé, les ministres ont fait le tour des plateaux TV pour faire le service après-vente d’un «accord solide qui nous permet de trouver le chemin pour bâtir une réforme des retraites», selon la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. «Chacun a fait des efforts, a-t-elle dit sur BFMTV. Le gouvernement a fait le choix de retirer l’âge pivot à 64 ans pour 2027 et les organisations syndicales réformistes ont accepté de leur côté que nous ne dissocions pas la réflexion sur l’équilibre financier du système universel.»

«Ce compromis est jugé par le président de la République constructif et de responsabilité», a souligné l’Elysée. Emmanuel Macron avait souhaité un «compromis rapide» lors de ses voeux du 31 décembre. «Nous y sommes dix jours après, c’est satisfaisant», estime l’entourage du chef de l’Etat. Emmanuel Macron est resté «en lien constant» avec Edouard Philippe depuis que celui-ci a longuement reçu les partenaires sociaux vendredi à Matignon.

«Il n’y a ni gagnant ni perdant dans un compromis, c’est une formule qui fait le pari de la confiance, du dialogue de la concertation et de la responsabilité des acteurs», a développé l’entourage du chef de l’Etat.

Très attendue, la lettre du premier ministre, envoyée au moment même où les opposants à la réforme battaient une nouvelle fois le pavé dans la plupart des grandes villes de France, a été bien accueilli par les syndicats réformistes, dont la CFDT. Son leader d’ailleurs, Laurent Berger, estime que ce retrait est «une victoire» mais qu’elle comporte «une part de risque» et qu’il va falloir «passer aux travaux pratiques» pour assurer l’équilibre financier du régime. Du côté de FO et de la CGT en revanche, on continue à réclamer le retrait de la réforme.

A gauche, Olivier Faure (PS), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Fabien Roussel (PCF) ont de nouveau réclamé le retrait pur et simple du projet de loi. Dans les rangs de la droite, on a insisté sur «l’abandon de l’équilibre budgétaire» qui fera que «les Français auront eu les grèves sans la réforme», selon Aurélien Pradié, le numéro 3 du parti Les Républicains.

L’intersyndicale a appelé à une nouvelle journée interprofessionnelle de grèves et manifestations le 16 janvier. Mais l’exécutif espère bien avoir lézardé définitivement le front syndical, au 38e jour de la mobilisation. Samedi 11 janvier, près de 500.000 personnes selon la CGT ont défilé dans les rues, le ministère de l’Intérieur en a compté 150.000.

Le mouvement de grève se poursuit ce dimanche 12 janvier. Les trafics à la SNCF et la RATP vont mieux mais restent perturbés.

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