Retraites : l’enterrement discret du système à points, promesse de campagne de 2017 – Le Monde

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Ces quelques phrases, lâchées le 4 juin par Emmanuel Macron lors d’une visite dans le Lot, ont sonné comme la fin d’une histoire. Celle d’un système universel de retraite « plus simple » et « plus juste ». Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale début mars 2020 avant d’être placée entre parenthèses à cause de l’épidémie de Covid-19, la réforme des retraites ne pourra finalement pas « être reprise en l’état », a annoncé le président de la République. Elle « était très ambitieuse, extrêmement complexe et, du coup, était porteuse d’inquiétude », a-t-il justifié.

Ainsi semble s’évanouir une promesse de campagne symbolisant la volonté transformatrice du candidat d’En marche ! en 2017 : faire table rase des quelque 42 régimes existants pour les fondre dans un dispositif où les droits à l’assurance-vieillesse seraient comptabilisés en points.

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Ce renoncement ne doit pas pour autant être interprété comme une preuve d’immobilisme. Lors de son déplacement dans le Sud-Ouest, le locataire de l’Elysée a prévenu qu’il devrait prendre « des décisions difficiles » d’ici à l’élection présidentielle de 2022, avant de mettre en exergue, quelques jours plus tard, « un déficit », qui s’est creusé sous l’effet de la crise sanitaire. Des déclarations qui résonnent avec celles du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui répète depuis des mois qu’il faudra rester en activité plus longtemps afin d’assainir les comptes.

Inflexion notable

Même si rien n’est tranché, l’hypothèse d’une réforme dite « paramétrique », qui consisterait, par exemple, à repousser l’âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans, circule avec insistance. Si cette option était retenue, elle reviendrait à enterrer un autre engagement pris en 2017 et réaffirmé au début du quinquennat : « Je refuse ce que j’appelle les réformes paramétriques, les approches comptables qui ­rognent des droits sans offrir de nouvelles perspectives », avait dit M. Macron, en janvier 2018, devant la Cour des comptes. Lors d’une conférence de presse tenue en avril 2019, il avait écarté l’idée de toucher à la règle des 62 ans.

Les déclarations du chef de l’Etat dans le Lot marquent donc une inflexion notable de son approche du dossier. « Elles renouent avec la logique des précédentes réformes conduites depuis 1993, décrypte Bruno Palier, directeur de recherches du CNRS à Sciences Po. Réformes qui, il faut le rappeler, ont toutes été à l’initiative de gouvernements de droite, à l’exception de celle de 2013, sous le quinquennat de François Hollande, mais dont l’un des objectifs était également de garantir la soutenabilité financière du système. »

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