Retraites : «Jamais le compromis ne m’a semblé aussi proche», juge Bruno Le Maire – RT en français

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Après un mois de grève contre la réforme des retraites et à la veille d’une réunion avec les syndicats, des membres du gouvernement, de la majorité et du Medef semblent ouverts aux propositions de la CFDT visant à trouver un «compromis».

CFDT et majorité ont mis sur la table des pistes de compromis sur la réforme des retraites, que semble accueillir favorablement le gouvernement réuni le 6 janvier pour le conseil des ministres de rentrée, alors que la contestation entame son deuxième mois de mobilisation. «Très bonne proposition», selon Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, ou risque de «repousser aux calendes grecques la question de la sécurisation financière» du système de retraites pour Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, les propositions de la CFDT ont divisé la classe politique.

Le 5 janvier sur France 2, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT (syndicat qui n’est pas opposé à la réforme, même s’il en conteste certains aspects) a émis plusieurs propositions. L’organisation propose notamment le retrait de l’âge pivot à 64 ans — en dessous duquel il ne sera pas possible de partir avec une retraite à taux plein, présenté par le gouvernement comme une manière de garantir l’équilibre financier du système — ainsi que la mise en place d’une «conférence de financement» du système de retraites distincte du projet de loi en préparation.

Bruno Le Maire : «Banco pour cette conférence»

Membres du gouvernement et de la majorité ont accueilli avec plus ou moins d’enthousiasme, le 6 janvier, les propositions de Laurent Berger, soulignant toutefois la question névralgique du déficit du système des retraites, et la nécessité de stopper les grèves.

«Il faut saisir la main qui a été tendue par le dirigeant de la CFDT», a jugé le 6 janvier Bruno Le Maire sur France Inter, en saluant «une très bonne proposition». «Le compromis est à portée de main. Un peu de bonne volonté, et on va y arriver», a-t-il ensuite affirmé, en assurant que «jamais le compromis [sur la réforme] ne [lui avait] semblé aussi proche».

Avant de déclarer : «Banco pour cette conférence.» Toutefois, Bruno Le Maire a ensuite estimé que l’âge pivot, que Laurent Berger souhaite voir retiré du projet de réforme, est «une bonne solution». Le ministre de l’Economie et des Finances a également appelé à «ne pas préjuger à l’avance des résultats de cette conférence».

Le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, s’est réjoui d’une évolution de la position de Laurent Berger qui, début décembre, considérait que la question du déficit du système des retraites n’était pas prioritaire et était de l’ordre de l’«épaisseur du trait».

Selon le ministre, cette proposition de conférence, que le gouvernement «regardera dans les jours qui viennent […] montre bien qu’il y a un sujet de financement». Le fait que le secrétaire général de la CFDT le reconnaisse et appelle à «se remettre autour de la table pour en parler, c’est plutôt une bonne nouvelle», a-t-il estimé sur les ondes de Sud Radio.

De son côté, le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, a répondu «oui» à Laurent Berger si cette conférence «permet d’avancer» et «de bâtir cet accord politique que nous souhaitons» pour sortir du bras de fer entre gouvernement et syndicats qui dure depuis plus d’un mois.

Mais «si elle conduit à noyer le poisson, à faire en sorte qu’on repousse aux calendes grecques la question de la sécurisation financière, c’est non», a-t-il néanmoins tranché sur LCI.

Un autre signe d’ouverture a été donné par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a indiqué sur la chaîne BFM-Business ne pas être «arc-bouté sur l’âge pivot». Avant d’ajouter : «[Le 7 janvier] on ira à Matignon en étant constructif», estimant ensuite que la «mesure d’âge, même si on peut peut-être l’améliorer», était «la seule manière intelligente de financer le régime».

L’impatience gagne également la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), deuxième organisation patronale française, qui a demandé au gouvernement d’agir contre les menaces de blocage de l’activité économique, et de «ne pas laisser s’installer la pagaille orchestrée par une minorité», a rapporté l’AFP.

Des pistes de compromis qui ne convainquent guère à gauche

Du côté de l’opposition, syndicats et formations politiques de gauche ont critiqué, avec plus ou moins de virulence, les propositions émises par la CFDT et la majorité. 

Par exemple, la CGT de TUI France (société de voyages) a reproché à Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, d’être «complètement à l’ouest». «Qui a vu une revendication chez les grévistes et dans les manifs pour demander une conférence sur le financement des retraites ?», a fait valoir l’organisation syndicale sur Twitter. 

Les propositions de la CFDT sur la réforme des retraites n’ont pas convaincu, non plus, la députée de La France insoumise (LFI) Caroline Fiat, qui préconise au syndicat de «ne [pas] tombe[r] dans le panneau…». Avant de préciser : «Que les choses soient claires, il faut le retrait de cette réforme des retraites, pas uniquement l’âge pivot !»

Adrien Quatennens, député LFI, a d’abord congratulé sur Twitter les personnes qui ont contribué au mouvement contestataire de grande ampleur contre la réforme des retraites : «Un mois déjà ! Merci à tous les grévistes ! Elargissons le mouvement !» Avant d’estimer : «Il n’y a pas de compromis possible avec une réforme des retraites qui fait de la vie des gens la variable d’ajustement, et encourage à la capitalisation.»

Mi-décembre, Laurent Berger, favorable à un système universel par points, avait «senti une ouverture» de la part d’Edouard Philippe, mais également constaté la persistance d’«un point dur» : «La recherche de l’équilibre à court terme» à travers un âge pivot fixé à 64 ans assorti d’un bonus-malus pour inciter à travailler plus longtemps, auquel son syndicat est fermement opposé. Il avait alors évoqué de nouvelles réunions début janvier avec le gouvernement, et précisé qu’il n’appelait pas à la journée de mobilisation interprofessionnelle du 9 janvier.

Le Premier ministre recevra les syndicats le 7 janvier à Matignon alors que ceux-ci, en majorité, ne cessent de demander le retrait du projet de réforme. Lors de ses vœux, Emmanuel Macron avait appelé à trouver un «compromis rapide» à la crise qui paralyse le pays.

Lire aussi : De Mélenchon à Glucksmann, 60 personnalités signent une tribune contre la réforme des retraites

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