Retraites : Édouard Philippe est face à “l’Himalaya du scepticisme”, dit Mazerolle – RTL.fr

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Pour faire retomber la tension face à la contestation populaire contre la réforme des retraites, le Premier ministre doit trouver le ton, montrer qu’il est proche des Français. Il a su le faire mercredi dernier, il n’a rien cédé sur le fond, il a cherché à rassembler plutôt qu’à diviser. 

Ensuite, il doit faire preuve de sincérité, ne pas cacher qu’il y aura des gagnants mais aussi des perdants dans cette réforme et dire pourquoi, jouer franc-jeu. Enfin, il doit annoncer des mesures précises. Il peut par exemple faire une concession sur les questions budgétaires, remettre à plus tard les mesures sur le financement des retraites.

Emmanuel Macron insistait pourtant en octobre dernier sur la nécessité de garantir l’équilibre financier des retraites mais les semaines passent et maintenant, la première des priorités, c’est de trouver des alliés pour faire passer la réforme coûte que coûte. Gérald Darmanin lui-même, le gardien du temple budgétaire, vient de concéder qu’il n’y a pas urgence dans la mesure où le problème de déficit se pose à hauteur de 2025

“La société française est animée par des sentiments négatifs”

C’est une piste entretenue dans les couloirs de la majorité. On vote la réforme, à charge ensuite pour les administrateurs de la nouvelle retraite de prendre les mesures budgétaires nécessaires en fixant une date limite pour éviter que ça ne traîne trop. Les responsables de la CFDT, comme ceux de l’UNSA et d’autres syndicats, ont dit qu’ils voulaient dissocier l’adoption de la retraite par points et les questions budgétaires. Mais une fois la réforme adoptée, ils sont prêts à faire l’état des lieux.

Autre piste évoquée dans la majorité, celle qui consisterait à confier l’administration du nouveau système aux partenaires sociaux, comme cela se passe pour les retraites complémentaires du privé. Ce serait une avancée considérable si la mesure était adoptée, les syndicats ne pourraient plus soutenir que le gouvernement se réserve le droit de faire varier la valeur du point en fonction des circonstances.

Le mécontentement ambiant pourrait être désamorcé

Si ces deux pistes se concrétisaient, le mécontentement ambiant pourrait s’en voir désamorcé. Ça permettrait de changer la nature du débat, ça ne convaincra évidemment pas ceux qui veulent le retrait de la réforme comme la CGT, mais les Français ne sont pas tous aussi jusqu’au-boutistes. En fait, ils ne font confiance à personne. Pas confiance au gouvernement et à Emmanuel Macron, mais ils ne partagent pas non plus les objectifs des syndicats les plus radicaux. 

Emmanuel Macron est fort parce qu’il n’a pas encore d’opposition politique crédible et les syndicats sont forts parce qu’Emmanuel Macron est faible. La société française est animée par des sentiments négatifs, contre plutôt que pour. Mercredi, Édouard Philippe aura la rude tâche de ranimer la flamme, de donner envie. Ce n’est pas gagné d’avance, il a en face de lui l’Himalaya du scepticisme mais s’il n’y parvient pas, il faudra ranger les décors de Noël.

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