Retraites: à quelques heures des annonces de Philippe, l’épreuve de vérité pour le gouvernement – BFMTV.COM

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C’est une journée qui s’annonce déjà décisive pour Édouard Philippe. Ce mercredi, au septième jour d’une grève largement suivie notamment dans le service public, le Premier ministre doit, à partir de midi, dévoiler sa réforme des retraites et les compromis, voire les concessions, que l’exécutif est prêt à accorder pour tenter de calmer la colère.

Devant le Conseil économique, social et environnemental, ce dernier doit présenter “l’architecture” de la réforme visant à fondre les 42 régimes de retraite actuels (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires) en un seul système universel par points.

Pourtant, mardi, lors d’une réunion réunion à huis clos avec le groupe LaREM à l’Assemblée nationale, Édouard Philippe a tenu à désamorcer les rumeurs de recul du gouvernement, soulignant qu’il “n’y (aura) pas d’annonces magiques.” 

“Ce n’est pas parce que je fais un discours que les manifestations vont cesser”, a-t-il souligné. “Je veux que dès aujourd’hui, (les Français) aient des réponses claires, simples et factuelles. Ils pourront se faire leur opinion en toute liberté”, ajoutait-il dans les colonnes du Parisien de ce jour. 

“Jouer aux chiffres et aux lettres” 

Lors d’un ultime dîner de calage mardi soir à l’Elysée auquel qui rassemblait selon nos informations une vingtaine de participants, notamment des ministres en lien avec la réforme, Édouard Philippe a confirmé sa volonté de mettre en place un régime universel par répartition et par points. Ce fameux point, qui cristallise la colère, serait ainsi fixé sur les salaires. 

A la mi-journée ce mercredi, le Premier ministre devrait également clarifier la position du gouvernement sur “l’âge pivot”, comprendre l’âge du départ à la retraite avec un taux plein. 

De plus, périodes de transition pour les régimes spéciaux, éventuelle revalorisation des carrières de la fonction publique, notamment des enseignants, âge pivot, pénibilité, droits familiaux… sont autant d’options que le Premier ministre va lever, ou non.

Pour l’éditorialiste politique de BFMTV Christophe Barbier, le rendez-vous de ce mardi est “une étape, où le Premier ministre va jouer aux chiffres et aux lettres.” 

“Quelle année de naissance va être concernée par la réforme, est ce que ce sera 1973, 1975, ou plus tard? Ça c’est pour la globalité des salariés, mais bien entendu, ce sont les années des régimes spéciaux qui sont décisives pour faire craquer ou non le mouvement social. Or ces années ne seront pas précisées et seront renvoyées à des négociations branches par branches, surement va-t-il intérêt à dire que pour les régimes spéciaux, un horizon à partir de 1980 est envisageable”, a-t-il développé.

Des gestes? 

Mais devant l’Assemblée nationale mardi, le Premier ministre a aussi répété qu’il fallait “dire la vérité aux Français, la dire tranquillement: cela passe progressivement par un allongement de la durée de travail, progressivement de façon à préserver les choix individuels de chacun”.

De son côté, Christophe Barbier souligne encore qu’Édouard Philippe va devoir rassurer “pour les primes et les salaires notamment des enseignants, quel est le chantier qui est engagé pour que le calcul soit favorable?”

Des gestes ont déjà été promis aux enseignants et aux policiers. Le gouvernement a également laissé entendre qu’il n’y aurait pas de mesure budgétaire supplémentaire avant l’entrée en vigueur de la réforme.

Si sur le fond le Premier ministre est face à un des grands défis du quinquennat, la forme sera ici aussi important insiste encore notre éditorialiste. 

“On l’attend aussi sur les lettres. Le mot paramétrique, il faut qu’il lui fasse un sort. Le mot pénibilité, il doit revenir, sinon la CFDT ne sera pas contente, les mots du discours seront importants.” 

“Fin négociateur”

Alors que se profile cette journée qui s’annonce décisive pour Emmanuel Macron, son gouvernement et son quinquennat, du côté de la majorité, on tente de se rassurer. Sur le discours prononcé ce jour, le conseiller en communication d’Édouard Philippe, Charles Hufnagel, assure dans les colonnes du Parisien qu’il s’agira d’un “discours d’annonces, il veut de la clarté”. 

En amont du discours, le quotidien Parisien assure que le locataire de Matignon a d’ailleurs passé beaucoup de temps par téléphone avec des maires et députés afin de sonder les Français, d’obtenir des capteurs en temps réel. 

“C’est un fin négociateur. Il sait tenir les deals. Il aime ça, mais il ne lâche pas facilement. Et pas vite”, analyse l’un de ses proches, auprès du quotidien francilien. 

Signe de la tension au sein du gouvernement, cette conclusion d’un des ténors du gouvernement. “C’est une réforme sur laquelle il joue sa place. Il peut sauter, il en a forcément conscience.” 

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