Réseaux mobiles : Une fracture territoriale toujours d’actualité en 2020

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Réseaux mobiles : Une fracture territoriale toujours d'actualité en 2020

Si la qualité de service des réseaux fixes en zone rurale fait actuellement débat, elle continue aussi d’être suivie de très près en ce qui concerne les réseaux mobiles. Le cabinet spécialisé Qosi vient ainsi de publier son bilan annuel de la qualité d’expérience des services proposés par les opérateurs mobiles en France métropolitaine. Un document destiné à rendre compte de l’expérience des utilisateurs sur les réseaux 2G, 3G et 4G commercialisés par les opérateurs au cours de l’année passée.

Comme pouvaient le craindre les habitants de ces territoires ruraux et leurs représentants, cette étude, basée sur les remontées de terrain de 42 000 contributeurs répartis dans 20 000 communes de France, rend compte d’une disparité de plus en plus grande des situations, que l’on soit à la campagne ou à la ville. « L’expérience des utilisateurs de data mobile n’est pas la même en fonction de leurs lieux de vie. Les plus grandes agglomérations présentent des débits descendants jusqu’à près de 3 fois supérieurs à la moyenne des débits en zones rurales », s’accorde-t-on en effet à dire du côté de Qosi.

Et de relever qu’en 2020, 23 % des communes de métropole disposent de réseau 4G de faible qualité, avec une large majorité de débits inférieurs à 10 Mb/s. Pire encore, 3 % des communes sondées par l’étude de Qosi ne disposent pas d’un quelconque réseau data exploitable… autant de communes qui se trouvent à 95 % en zone rurale.

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Une fracture territoriale toujours présente

Si retard il y a, notez tout de même que la qualité de service des réseaux mobiles ne cesse de s’améliorer, qu’ils soient en ville ou à la campagne. D’abord en ce qui concerne les débits descendants, un domaine dans lequel Orange a pris une longueur d’avance sur ses concurrents en 2020, en présentant le meilleur débit moyen descendant au niveau national, avec une moyenne chiffrée à 53,9 Mb/s. L’opérateur est suivi par SFR avec 34,8 Mb/s, puis Bouygues, stable, à 33,2 Mb/s, et enfin Free, à 27,5 Mb/s qui continue comme en 2019 à resserrer l’écart sur le trio de tête.

Source : Qosi

Malgré cette amélioration généralisée de la qualité de service observée sur les débits descendants proposés par les opérateurs mobiles, celle-ci ne suffit toujours pas à creuser le fossé béant qui sépare désormais les connexions des ruraux et des urbains. Prenons le cas d’Orange. Si l’opérateur historique voit ses débits descendants s’améliorer de 10 Mb/s dans toutes les zones géographiques, cela ne suffit pas à résorber l’écart entre la qualité de service observée en milieu rural et en milieu urbain, ce qui conduit l’opérateur à présenter la plus forte disparité de débits entre les différentes strates de la population.

A l’inverse, Free progresse uniformément sur l’ensemble du territoire et se présente comme l’opérateur proposant la qualité de service la plus homogène, quelle que soit sa position géographique sur le territoire métropolitain. Une évolution qui ne doit pourtant pas tant à des choix stratégiques qu’à un retard à l’allumage assez conséquent qui conduit l’opérateur de Xavier Niel à être très en-deçà de ses concurrents dans les grandes agglomérations, avec des débits deux fois plus faibles que ses challengers.

Des progrès qui ne suffisent pas

Même son de cloche en ce qui concerne les débits montants proposés par les opérateurs. Comme les années précédentes, Orange présente le meilleur débit moyen montant au niveau national, avec une moyenne chiffrée à 13,4 Mb/s. Reste que la différence de traitement que ressentiront les utilisateurs restera forte selon qu’ils se trouvent en milieu urbain ou rural. Et pourtant, l’opérateur historique s’impose comme celui qui présente les meilleurs débits pour toutes les strates de population, avec des moyennes géographiques chiffrées en 2020 à 8,6 Mb/s en zone rurale, 13,8 Mb/s en moyenne agglomération et 17,3 Mb/s dans les grandes zones urbaines.

 

Source : Qosi

Bouygues Telecom affiche pour sa part des débits descendants moyens de 11,6 Mb/s en 2020, talonné de près par SFR et ses 10,8 Mb/s. Suit Free, qui demeure loin de ses concurrents mais affiche la meilleure progression, avec une débit montant moyen chiffré en 2020 à 9 Mb/s. Là encore, les résultats livrés par Qosi font pourtant apparaître une qualité de service très variable selon que l’on se trouve en ville ou à la campagne.

A noter que cette fracture territoriale se retrouve logiquement dans les résultats livrés par l’institut à propos de la qualité de service proposée par les opérateurs sur la navigation web. Au niveau national, la proportion de pages affichées en moins de 10 secondes est de 92 % pour Orange, 89 % pour Bouygues Telecom et SFR et de 86 % pour Free, qui ferme encore la marche malgré une amélioration très conséquente de ses scores en 2020. Là encore, la zone rurale décroche de 5 à 10 points par rapport aux deux zones urbaines qui, elles, ont des résultats équivalents. De quoi pousser les opérateurs à redoubler d’efforts pour espérer enfin combler la fracture numérique en 2021.

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