L’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan est visé par trois inculpations pour abus de confiance et minoration de revenus aux autorités boursières sur la période 2010 à 2018.

Motonari Otsuru à Tokyo, au Japon, le 8 janvier 2019. ( AFP / KAZUHIRO NOGI )

Motonari Otsuru à Tokyo, au Japon, le 8 janvier 2019. ( AFP / KAZUHIRO NOGI )

Carlos Ghosn, détenu au Japon pour des malversations financières présumées, a déclaré que le changement de ses avocats intervenu mercredi 13 février était “la première étape d’un processus” qui lui permettrait “de rétablir son innocence”. Un peu plus tôt, son principal avocat avait annoncé se retirer du dossier.

Motonari Otsuru, un ancien procureur qui assurait la défense du bâtisseur de l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, “a soumis une lettre de démission au tribunal”, ainsi que son confrère Masato Oshikubo, selon un communiqué du cabinet d’avocats. Aucun raison n’a été fournie pour expliquer cette décision, qui intervient alors qu’une première réunion était prévue jeudi entre avocats, juges et procureurs pour préparer le procès.

“Je suis impatient de pouvoir me défendre, avec vigueur, et ce choix représente pour moi la première étape d’un processus visant non seulement à rétablir mon innocence, mais aussi à faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à mon injuste détention”, a déclaré Carlos Ghosn dans une déclaration envoyée à la presse.

ANCIEN CHEF DE L’UNITÉ EN CHARGE DU DOSSIER

M. Otsuru, 63 ans, avait la délicate mission de défendre l’ancien capitaine d’industrie naguère vénéré pour avoir sauvé le constructeur japonais Nissan de la faillite, et aujourd’hui vilipendé. Ancien chef de l’unité d’élite actuellement chargée de l’enquête, il n’a fait qu’une seule conférence de presse début janvier, déployant un flegme qui contraste avec la verve des ténors du barreau qu’on peut voir ailleurs.

Il s’était alors montré pessimiste sur les perspectives de libération sous caution de Carlos Ghosn avant l’ouverture de son procès, dans plusieurs mois.

Dans une interview accordée fin janvier à l’AFP dans un parloir de sa prison de Kosuge, au nord de Tokyo, l’homme d’affaires franco-libanais-brésilien avait fustigé sa détention prolongée, une situation qui ne serait “normale”, selon lui, “dans aucune autre démocratie”.

Visé par trois inculpations pour abus de confiance et minoration de revenus aux autorités boursières sur la période 2010 à 2018, il rejette toute malversation.