Régionales 2021 : la recomposition du paysage politique remise en question – Le Monde

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Militants et colistiers écoutent l'allocution de Xavier Bertrand, au palais de Fervaques, à Saint-Quentin (Aisne), le 27 juin 2021.

Une carte de France rose et bleu. L’ensemble des présidents de région sortants qui se représentaient, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont tous été reconduits, dimanche soir 27 juin, à l’issue d’un second tour marqué par une abstention massive, à peine moins forte que dimanche 20 juin. Alors qu’avant le premier tour, les sondages avaient laissé entrevoir une bascule d’une, voire de plusieurs régions dans le giron du Rassemblement national (RN), il n’en a rien été, y compris en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), où le président (Les Républicains, LR) sortant, Renaud Muselier, qui a bénéficié du retrait de la liste de l’écologiste Jean-Laurent Félizia au lendemain du premier tour, l’a largement emporté sur le candidat du RN Thierry Mariani, avec 57,30 % des voix contre 42,70 %.

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Quant à La République en marche (LRM), elle se retrouve, au soir du second tour, éreintée et marginalisée, sans la moindre région gagnée, ayant été dans l’incapacité de peser sur l’entre-deux-tours. « Ce soir, le dégagisme a été dégagé », a résumé l’ancienne ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem, dimanche sur France 2. « C’est une demande de stabilité » des Français, a relativisé la ministre de la transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, sur BFM-TV.

Quatre ans après la présidentielle de 2017, qui avait amorcé une profonde recomposition politique sur fond d’éclatement du clivage droite-gauche au profit d’Emmanuel Macron, ce scrutin régional et départemental signe une revanche de « l’ancien monde ». Et marque un coup d’arrêt à cette recomposition, à moins d’un an de la prochaine élection présidentielle, contrevenant aux plans ourdis par la Macronie.

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Il y a deux mois, le premier ministre, Jean Castex, en annonçant lui-même dans la presse un accord entre LRM et LR en PACA – rebaptisé « opération corned beef » par les mauvaises langues de la majorité –, avait pourtant assuré que cette alliance avec Renaud Muselier, « bien au-delà d’accords d’appareil », était un « exemple de la recomposition politique ». Las. Les électeurs en ont décidé autrement et ont envoyé un message au président de la République, qui s’emploie depuis 2017 à fracturer la droite tout en se posant comme unique rempart au RN.

« Un match à trois »

Parmi les grands vainqueurs de cette soirée électorale, les présidents de région sortants de droite Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont rappelé qu’ils avaient fait reculer le RN – dans les Hauts-de-France, Bertrand a inversé le rapport de forces avec le parti d’extrême droite par rapport à 2015 –, tout en soulignant que leur victoire était celle de la « clarté », alors qu’aucun des trois n’a eu besoin des voix de LRM au lendemain d’un quelconque accord d’appareil pour gagner.

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