Réfugiés afghans sous surveillance : de Xavier Bertrand à Marine Le Pen, la droite hors de ses gonds – Le Parisien

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De quoi donner du grain à moudre à tous ceux qui, lundi soir déjà, présentaient l’accueil de réfugiés afghans sur le sol français comme une menace sécuritaire. L’un des cinq Afghans sous surveillance après avoir été rapatrié en France a été placé en garde à vue, apprend-on ce mardi.

Depuis ce week-end, un homme et ses proches font l’objet d’une surveillance accrue de la part de services de renseignement français. En cause : ses liens, récents, avec le régime taliban. « Il s’agit d’un Afghan qui a aidé à l’évacuation de Français, de personnes qui ont travaillé pour la France lors de l’évacuation de l’ambassade, (…) qui a probablement sauvé des vies », nuance toutefois le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur BFMTV ce mardi.

L’homme gardé à vue pour n’avoir pas respecté son assignation à résidence n’est pas cet homme surveillé, mais un membre de sa famille. Ils sont quatre proches, arrivés comme le principal suspect d’Afghanistan, à faire l’objet d’une surveillance.

Lundi, ce proche a quitté son hôtel situé en Seine-Saint-Denis pour finalement être retrouvé dans Paris intra-muros « quelques minutes plus tard », selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, invité de Franceinfo. Si son interpellation et sa garde à vue sont consécutives à sa rupture d’assignation à résidence et qu’aucun motif de nature terroriste n’a été établi, une partie de la sphère politique demandait son expulsion et celle de ses proches dès lundi, avant l’annonce de sa garde à vue.

« Aux Afghans de se prendre en main », estime Odoul

C’est notamment le cas du porte-parole du Rassemblement national, Julien Odoul, qui réagit ce mardi au micro de France Inter. « Marine Le Pen n’a eu de cesse de le dire depuis 2012 : les terroristes profitent des autoroutes migratoires pour s’infiltrer et ensuite nous frapper. (…) Le principe de précaution était évidemment de refuser l’entrée de ces Afghans sur le territoire national », estime-t-il.

« Il y a 7 200 km entre Kaboul et Paris : est-ce qu’il n’y avait pas un autre pays, un grand pays musulman par exemple, et peut-être les parrains politiques des talibans comme le Pakistan ou le Qatar, qui pouvaient accueillir ces migrants afghans ? », questionne Julien Odoul, semblant oublier que ceux qui fuient sont des personnes qui ont peu de connivences avec les talibans.

Au sujet d’un devoir moral de la France à l’égard de ces réfugiés, le ton n’est pas moins ferme : « Quel devoir moral ? Est-ce que l’Afghanistan est une ancienne colonie française ? Non. (…) C’est aux Afghans de se prendre en main. »

Ciotti alerte face à un « cheval de Troie »

« Nos propres avions de transport ne peuvent devenir le cheval de Troie des Talibans », a de son côté estimé le député (LR) des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, pour qui « le risque de cinquième colonne est là ». « Les Talibans peuvent envoyer leurs soldats en France dans le flot de réfugiés », redoute-t-il, appelant le gouvernement « à contrôler bien plus sévèrement les rapatriements ».

Sur Franceinfo ce mardi matin, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a toutefois affirmé que chaque Afghan évacué par l’armée française avait fait l’objet d’un « criblage ». « Nous connaissons toutes les personnes arrivées sur notre sol », a-t-il encore assuré.

Bertrand veut « expulser en urgence absolue »

Le président des Hauts-de-France, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, estime que le gouvernement a des comptes à rendre. Il doit, selon lui, « expliquer aux Français ce qui empêcherait d’expulser en urgence absolue ces individus ». Pour Xavier Bertrand « le droit doit s’adapter aux besoins de notre sécurité ».

Expulsion « sans délai » pour Pécresse

« Dans l’avion français évacuant des Afghans se trouvaient 5 individus soupçonnés d’être membres des Talibans. Si c’est vrai, ils n’ont rien à faire sur notre territoire et doivent être expulsés sans délai », s’est exclamée sur Twitter la présidente (Libres !) de la région Île-de-France, elle aussi candidate à la présidence de la République.

Danger pour les populations civiles ou non, « le « devoir » d’accueil de la France passe en second plan quand la sécurité des Français est menacée », a pour sa part estimé Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national.

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