Réforme des retraites: un compromis avec les syndicats «à portée de main», selon le gouvernement – Le Figaro

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Un compromis avec les organisations syndicales est «à portée de main» et n’a «jamais été aussi proche». Ce lundi matin, l’exécutif s’est voulu confiant, aux premières heures d’une semaine qui s’annonce décisive pour les opposants comme pour les promoteurs de la réforme des retraites. Interrogé sur France Inter, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a salué la volonté exprimée par certains acteurs, dont la CFDT, de «sortir d’une logique de conflit, qui nous épuise tous», après plus d’un mois de grève. Le gouvernement reste ouvert au dialogue et n’a «aucune inflexibilité, aucune volonté de laisser pourrir la situation», a-t-il martelé, promettant des discussions avec les partenaires sociaux pour parvenir à un accord au plus vite.

Le ministre a répondu favorablement à l’idée du leader de la CFDT, Laurent Berger, d’organiser une «conférence de financement» du système des retraites, une «très bonne proposition» à laquelle il a répondu «banco»: «dès que les organisations syndicales font des propositions, c’est une bonne situation», a-t-il avancé, rappelant que l’âge pivot restait une «bonne solution» à ses yeux, sans pour autant fermer la porte à d’autres pistes possibles. La réforme nécessitera d’engager des «dépenses supplémentaires», au moins pendant la période de transition, a-t-il également déclaré, citant l’exemple des enseignants qui recevront «plusieurs centaines de millions d’euros», au bas mot, une dépense «d’investissement sur les enseignants, sur les enfants» et sur l’avenir, a jugé le chef de Bercy.

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Bruno Le Maire a par la suite tancé les méthodes de la CGT, qui compte empêcher le bon fonctionnement des raffineries cette semaine: le ministre «condamne ces blocages», et a appelé les consommateurs de carburants à la «responsabilité». Il n’y a, selon lui, pas de risque de pénurie, à moins que les conducteurs ne se ruent sur les pompes pour faire des stocks. Il faut donc «laisser le flux fonctionner normalement», a-t-il considéré. Il a ensuite confirmé les effets nocifs de la mobilisation sur l’activité, rappelant que la grève avait fait perdre aux commerces environ 30% de leur chiffre d’affaires.

Le grand argentier du gouvernement est aussi revenu sur la polémique autour du gestionnaire d’actifs Black Rock, dont le patron de la branche française a été récemment décoré. Passablement énervé, Bruno Le Maire a dénoncé le «complotisme» autour de ce dossier, y voyant un symbole de la «dégradation de l’esprit public en France». Les critiques de l’opposition contre l’entreprise soulignent «l’ignorance ou l’incapacité de certains responsables politiques à revenir à la raison», a-t-il regretté. Le ministre a aussi balayé d’un revers de la main l’idée – qualifiée «d’absurde» – selon laquelle l’exécutif mettait en danger la réforme par répartition avec ses plans: tout au contraire, la réforme «renforce le régime par répartition, le sauve», a martelé l’ancien candidat à la primaire de la droite et du centre.

La piste d’une décote temporaire

Par ailleurs, le ministre de l’Économie a accueilli favorablement l’une des propositions formulées par le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Ce lundi, dans Le Parisien , l’ancien ministre a évoqué la possibilité de mettre en place une décote «de trois ans, donc temporaire», non permanente, sur le modèle de ce qui a été mis en place pour l’Agirc-Arrco. Le grognard d’Emmanuel Macron y voit une «source d’inspiration pour mettre en place un régime général à points avec âge pivot ou d’équilibre», ainsi qu’un moyen d’arriver à un compromis rapide avec des partenaires sociaux familiers d’un tel système. Pour autant, un accord ne pourra être conclu que si chacun garde son calme, a rappelé Richard Ferrand, critiquant, là encore, les positions inflexibles des opposants: «on n’est pas dans une guerre de tranchées. Employer un vocabulaire guerrier, comme le font certaines organisations syndicales, est totalement outrancier et hors sujet», a-t-il tancé.

Pour Bruno Le Maire, la possibilité avancée par Richard Ferrand est une «très bonne proposition» qu’il faudra toutefois chiffrer avant d’en déterminer la faisabilité. «Tout ce qui permet de sortir du face-à-face» avec les opposants est bon à prendre, a-t-il avancé, jugeant que les «choses [étaient] en train de se débloquer dans le bon sens». Quelques minutes plus tôt, son collègue chargé des relations avec le Parlement, Marc Fesneau, avait tenu un discours tout aussi optimiste, avant de tendre à nouveau la main aux organisations syndicales dites réformistes, en estimant qu’il avait de «bons espoirs de compromis» avec elles. Même son de cloche du côté du patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, qui a estimé ce matin que l’exécutif n’était «probablement pas très loin de la fin du conflit».

Les espoirs de l’exécutif pourraient toutefois se heurter au mur de la réalité cette semaine, alors que deux journées d’action sont attendues jeudi et samedi. Les opposants restent vent debout contre les projets de la majorité, et les derniers sondages soulignent la méfiance, a minima, de l’opinion publique sur ce sujet. Le gouvernement marche donc sur des œufs, pour une rentrée qui s’annonce explosive.

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