Réforme des retraites : pour l’exéctutif, le bout du tunnel est encore loin – Le Monde

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Edouard Philippe, premier ministre, et son gouvernement arrivent au premier conseil des ministres de l'année, à l’Elysée, le 6 janvier.

Deux ans de préparation, sept semaines de conflit social, et la lumière semble encore lointaine au bout du tunnel… Vendredi 24 janvier, l’exécutif devait présenter en conseil des ministres le texte transformant les quarante-deux régimes de retraites existants en un seul régime universel à points. Une simple étape dans un marathon semé d’embûches.

Car les chantiers ouverts restent nombreux pour Emmanuel Macron. La question épineuse du financement du futur système, enlevée du projet de loi, a été renvoyée à la discussion avec les partenaires sociaux dans le cadre d’une conférence, qui doit s’ouvrir le 30 janvier. L’examen de la réforme au Parlement, à partir de mardi, promet des passes d’armes musclées avec l’opposition.

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Surtout, la bataille de l’opinion est loin d’être gagnée pour le pouvoir. Selon un sondage Elabe publié mercredi, 61 % des Français estiment que le chef de l’Etat devrait prendre en compte les contestations et retirer sa réforme, alors qu’une septième journée de mobilisation nationale était organisée, vendredi, par l’intersyndicale.

L’espoir, pour autant, habite la Macronie. « Est-ce que je suis optimiste ? Oui, car nous avons beaucoup travaillé », estime le premier ministre Edouard Philippe, dans un entretien à La Croix, publié jeudi soir, anticipant même le fait que « ce système universel de retraites va vivre très longtemps ».

« Ce mouvement est en extinction »

Le quasi-retour à la normale dans les transports publics, à la SNCF comme à la RATP, après un mois et demi d’une grève intense, rassure l’exécutif. Le fait d’avoir sorti les syndicats réformistes de la mobilisation, comme la CFDT ou l’UNSA, aussi. « Le risque d’une grève générale et massive est écarté », veut croire un ministre.

Si des mouvements sectoriels perdurent, notamment chez les avocats, dans les ports ou le secteur de l’énergie, et que des coups d’éclats sont menés çà et là – comme des coupures d’électricité sauvages –, ce serait, à en croire le gouvernement, le chant du cygne de la contestation sociale. Bien loin des manifestations massives de décembre 2019. « Ce mouvement est en extinction, prédit un secrétaire d’Etat. Quand un mouvement s’éteint, les actions sporadiques deviennent très vite contre-productives pour ceux qui les organisent. » Dans l’opinion, en particulier.

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Face à la détermination d’organisations comme la CGT ou Force ouvrière (FO), l’exécutif entend mettre en scène une apparence de concorde grâce à la conférence sur le financement, qui sera organisée au Conseil économique social et environnemental (Cese). « L’opinion va évoluer avec les images apaisantes et rassurantes de recherche de compromis social, avec le premier ministre et les syndicats autour de la table », veut croire un proche de M. Macron.

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