Réforme des retraites: entre Djebbari et Martinez, le ton ne baisse pas (du tout) – BFMTV.COM

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Rien de tel qu’une passe d’armes dans Le Journal du Dimanche pour repartir sur de bonnes bases à la rentrée. Dans les colonnes de l’hebdomadaire dominical, le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari tape à bras raccourci sur la CGT et ses méthodes. Dans les pages voisines, Philippe Martinez lui répond et sonne la charge contre le gouvernement, qu’il accuse d’organiser “le bordel” dans le conflit autour de la réforme des retraites.

Au 25ème jour de la mobilisation syndicale contre le système à points défendu par l’exécutif, Jean-Baptiste Djebbari dénonce “une pression qui s’exerce de façon anormale sur une partie des cheminots”. D’après l’élu de Haute-Vienne, cette attitude est “inacceptable”.

“J’ai demandé aux dirigeants de la SNCF et de la RATP d’être vigilants et d’agir de façon résolue face à des attitudes d’intimidation, de harcèlement, voire d’agression dont seraient victimes les agents qui ont fait le choix de travailler”, assure-t-il.

“Politisation à l’extrême gauche” de la CGT

Le secrétaire d’État aux Transports s’en prend notamment à la CGT, qu’il accuse de pratiquer “un syndicalisme d’opposition systématique à toute réforme, de blocage et parfois d’intimidation”.

“La CGT veut marquer les esprits par des coups de poing médiatiques. Les Français ne sont pas dupes de la politisation à l’extrême gauche de ce mouvement”, juge-t-il.

Jean-Baptiste Djebbari estime que “la CGT-Cheminots et SUD-Rail ne sont jamais venus au ministère des Transports débattre, proposer ou même faire état de leur désaccord”. Le secrétaire d’État dénonce une “politique de la chaise vide” alors qu’il salue “des échanges exigeants, francs et ouverts avec l’Unsa et la CFDT”, les deux principaux syndicats réformistes, favorables à l’idée d’un système de retraites à points.

Macron “imite Margaret Thatcher”

Dans son entretien, donc également accordé au JDD, Philippe Martinez accuse l’exécutif de jouer “le pourrissement” du conflit, déjà plus long que celui de 1995. “Emmanuel Macron se veut l’homme du nouveau monde, mais il imite Margaret Thatcher”, cingle le secrétaire général de la CGT, en référence à l’ex-Premier ministre britannique qui, dans les années 80, avait massivement dérégulé son économie. Elle avait par ailleurs réprimé dans la violence la grève des mineurs, remportant un succès colossal face aux syndicats de l’époque.

“Il y a une vraie colère. Bien sûr, 24 jours sans être payé, c’est dur. Mais ce conflit est le reflet de deux ans et demi de souffrance”, fait-il valoir en rejetant un projet de réforme des retraites “individualiste” alors qu’il devrait être “solidaire”.

Selon lui, “avec la grève, on obtient toujours quelque chose”. “Regardez, depuis deux semaines, on apprend chaque jour que tel ou tel régime spécial sera finalement maintenu”, se félicite Philippe Martinez. Ce dernier dit attendre un signal de la part d’Emmanuel Macron lors de ses vœux pour la nouvelle année, qu’il reconnaisse “que la majorité des gens ne sont pas contents, qu’il s’est trompé”.

“Il a dit qu’il avait changé, qu’il était prêt à l’écoute… Où est l’acte II du quinquennat? Aujourd’hui, il joue avec le feu: avec le Rassemblement national aux aguets, attiser les rancœurs est dangereux”, met en garde le responsable cégétiste.

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