Réforme des retraites : 24 heures chrono pour trouver un compromis – Le Parisien

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La fin de l’interminable feuilleton de la réforme des retraites serait-elle proche? Pas sûr… Après 36 jours de mobilisation, des semaines de tractations houleuses, de discussions complexes et de portes qui claquent, l’esquisse d’un compromis entre le gouvernement et la CFDT semble bien loin d’être acquise.

Un exemple? « On n’est pas loin d’un accord », rassurait un pilier de la majorité ce mercredi après-midi… Espoir douché quelques heures plus tard par le secrétaire général du syndicat réformateur. « On est encore loin d’un accord », a renvoyé Laurent Berger, ce mercredi, en fin de journée. Manière pour lui, aussi, de faire monter la pression à la veille d’une nouvelle journée de grève, autant que de faire monter les enchères avant une réunion importante à Matignon, vendredi.

Édouard Philippe a en effet convié les partenaires sociaux à un nouveau rendez-vous. L’espoir d’une sortie de crise avec cette main tendue pour évoquer les contours de la « conférence du financement ». Une proposition de la CFDT, qui souhaite que les questions financières soient tranchées ultérieurement (d’ici fin juillet) pour tenter de faire sauter l’introduction d’un âge pivot à 64 ans dans le projet de loi. Le Premier ministre, lui, reste au contraire très attaché à l’objectif de livrer un texte sans déficit. Et pour Édouard Philippe, l’âge pivot est le meilleur moyen d’y parvenir à ce stade.

Il a du reste demandé à Laurent Berger de lier le calendrier de cette fameuse conférence du financement à celui de la réforme des retraites. « C’est l’esprit, nous confirme son entourage. Un bon compromis, c’est chacun qui fait un pas et qui sait qu’il n’a pas violé ses principes. » En clair : personne ne doit perdre la face. Ni Édouard Philippe, ni Laurent Berger, qui a fait de l’âge pivot un repoussoir absolu.

Scénario alambiqué

Alors pour tenter de trouver le chemin d’un compromis, à tous les étages du pouvoir, chacun phosphore. Dans Le Parisien, dimanche, le patron de l’Assemblée a avancé une idée nouvelle. Limiter dans le temps le malus en cas de départ à la retraite avant 64 ans, alors que le projet prévoyait une décote permanente jusqu’à la fin de la vie. « La proposition de Richard Ferrand est trop complexe. A appliquer, c’est une usine à gaz », balaye pourtant une ministre.

Et de poursuivre, avec sa propre suggestion : « La bonne solution serait de maintenir la notion d’âge pivot dans le texte présenté en Conseil des ministres… mais sans préciser 64 ans ! » Un scénario alambiqué, mais qui présenterait l’avantage de ne pas abîmer politiquement le Premier ministre, sans outrepasser la ligne rouge tracée par Laurent Berger. « À la condition que tous les deux s’en sortent correctement, cette option est envisageable. En réalité, tout est possible… » soupire un pilier de la majorité.

Autant d’hypothèses évoquées mardi soir, lors d’un dîner à l’Elysée. Le président – qui se tient publiquement à bonne distance de cette réforme compliquée – a réuni autour de lui le chef du gouvernement, Richard Ferrand, Gilles Le Gendre, chef de file des parlementaires LREM, Stanislas Guérini, le patron du parti, ainsi que les alliés du MoDem, François Bayrou et Marielle de Sarnez.

Emmanuel Macron et Édouard Philippe se retrouveront ce jeudi après-midi, à l’Elysée, lors des cérémonies de vœux au Conseil constitutionnel puis aux autorités religieuses. Le Premier ministre passera sa matinée « au travail », enchaînant les entrevues ministérielles avec Christophe Castaner (Intérieur), Nicole Belloubet (Justice) ou encore Muriel Pénicaud (Travail). Un œil sur la mobilisation tout de même…

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