La chaleur dite fatale, émise par l’industrie ou les serveurs informatiques, peut être récupérée si l’on s’y prend bien. À Metz,par exemple où la cryptomonnaie chauffe un hôpital, et à Charleville-Mézières,  la chaleur de la fonderie de PSA alimente le réseau de chauffage urbain.

Dans de nombreux secteurs industriels, la chaleur est comme une production accessoire, néfaste parce qu’elle représente une perte. Cette énergie irrémédiablement perdue est d’ailleurs qualifiée de « fatale ». Selon l’Ademe, en 2014, l’industrie française a consommé 319 TWh sous forme de combustibles fossiles et a perdu 51 TWh, soit 16 %, sous forme d’émissions (fumées ou vapeur) à plus de 100 °C. Le gisement est donc considérable, augmenté par des pertes dans d’autres secteurs, à des températures plus faibles. C’est le cas, notoire, des serveurs informatiques qui nécessitent, de plus, des systèmes de refroidissement gourmands en énergie.

Ces pertes sont aujourd’hui considérées comme des gisements potentiellement exploitables, d’autant plus que, dans le cadre de la transition énergétique, la France veut réduire les parts des sources fossiles et du nucléaire. En revanche, il n’est pas si simple d’aller les exploiter. Les initiatives ne manquent pas, parfois originales comme le « radiateur » Qarnot, qui consiste en un ordinateur connecté et travaillant pour un tiers en échange de la fourniture de chaleur.

En fait, deux grands principes sont possibles : transformer la chaleur en électricité ou bien l’utiliser directement en la transportant ailleurs. Dans ce dernier cas, on parle d’un réseau de chaleur, déclinable à l’échelle d’un groupe de bâtiments, d’un quartier ou d’une ville entière. Près de Perpignan, par exemple, l’usine de valorisation des déchets de Calce, appartenant au Sydetom 66 et exploitée par Dalkia Wastenergy utilise la combustion de déchets pour produire à la fois de l’électricité et de la chaleur transportée par un réseau de 15 kilomètres vers différents utilisateurs, dont un centre hospitalier.

La chaleur récupérée à la source

Récemment, deux installations originales ont été réalisées en France. La première est une « chaudière numérique », inaugurée ce 12 juillet à Metz. Dalkia (filiale d’EDF) a collaboré avec Trésorio, une start-up spécialisée dans le « minage » des cryptomonnaies, une activité qui génère des quantités colossales de calculs et d’échanges sur Internet… et pas mal de chaleur émise par les serveurs. Pour leur fonctionnement, 24 heures sur 24, ces systèmes informatiques sont refroidis par de l’eau. Sur trois mètres carrés seulement, cet entrepôt pourrait chauffer une piscine municipale, d’après Jonathan Klein, cofondateur de Trésorio, interrogé par Le Figaro. Une partie des serveurs de l’entreprise seront installés dans le Centre hospitalier de Metz et chaufferont une partie de l’eau chaude sanitaire.

Dans les Ardennes, à Charleville-Mézières, un réseau de chaleur alimente le quartier de la Citadelle. Depuis début 2019, la chaleur des fours de PSA est récupérée par Dalkia pour alimenter ce réseau de chaleur, en complément d’une chaufferie biomasse de 800 kW.  Dans la fonderie de PSA sont réalisées des pièces brutes en fonte et en alliages d’aluminium destinées aux véhicules produits par le groupe.  Selon Dalkia, 7000 tonnes de CO2 seront évitées chaque année grâce à ces nouvelles installations, comme si on retirait près de 4000 voitures de la circulation.

Un sujet réalisé en partenariat avec les équipes d’EDF.

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