Reconfinement, couvre-feu élargi ? « Il faut s’attendre à des décisions difficiles » en France – Le Monde

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Confronté à la montée brutale de la deuxième vague de Covid-19, l’exécutif préparait activement, mardi 27 octobre, un nouveau tour de vis des mesures de lutte contre l’épidémie. Le président Emmanuel Macron s’exprimera mercredi à 20 heures à la télévision concernant de nouvelles mesures, a annoncé l’Elysée mardi soir. Ces nouvelles restrictions, qui pourraient aller jusqu’à un reconfinement national, seront décidées mercredi matin au cours d’un deuxième conseil de défense, avant le conseil de ministres.

Le chef de l’Etat a déjà réuni mardi dans la matinée un premier conseil de défense en présence du premier ministre, Jean Castex, et d’une dizaine de ministres. Les scénarios évoqués allaient alors d’un renforcement du couvre-feu – qui pourrait, par exemple, débuter à 19 heures, voire être étendu à tout le territoire – à un reconfinement.

Face à la deuxième vague de Covid-19, certaines agences régionales de santé (ARS) ont demandé à tous leurs hôpitaux de réactiver leur plan blanc, quand d’autres ciblent en priorité leurs métropoles ou n’ont encore diffusé aucune consigne.

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  • « Il faut s’attendre à des décisions difficiles », prévient Darmanin

A 17 h 30, Jean Castex a reçu les responsables politiques, puis les partenaires sociaux à Matignon à 19 heures pour les « consulter » sur « les durcissements envisagés » et espérer dégager un consensus. De nouvelles mesures sont « indispensables », a-t-il déclaré au sortir de l’une de ces réunions. Puis un nouveau conseil de défense se tiendra mercredi matin avant le conseil des ministres pour trancher sur les nouvelles restrictions qui seront annoncées aux Français.

M. Castex a d’ores et déjà annoncé aux responsables politiques que des débats suivis de votes auraient lieu à l’Assemblée nationale jeudi matin et au Sénat l’après-midi, selon des sources parlementaires à l’Agence France-Presse.

« Il faut s’attendre à des décisions difficiles », a par ailleurs prévenu mardi le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en écho aux propos alarmants tenus par plusieurs médecins ces derniers jours. « A un moment, il faut prendre des décisions dures, (…) comme tous nos voisins » européens, a-t-il ajouté, faisant référence aux nouvelles restrictions prévues en Italie, en Espagne ou en République tchèque.

Le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, avait qualifié lundi la situation en France de « critique », disant craindre que la deuxième vague soit « plus forte que la première ».

Taboue il y a encore quelques semaines, l’hypothèse du reconfinement est désormais considérée comme une nécessité par un nombre grandissant de scientifiques, à l’instar de l’infectiologue Gilles Pialoux, qui s’est prononcé pour l’adoption de cette « mesure drastique ». Pour lui, la difficulté actuelle réside dans la dimension désormais « nationale » de l’épidémie, à la différence de la première vague au printemps.

Quelque 46 millions d’habitants sont désormais soumis à un couvre-feu nocturne entre 21 heures et 6 heures du matin. La ministre du travail, Elisabeth Borne, a, de son côté, encouragé à « aller au maximum sur le télétravail pour les postes qui le permettent ».

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  • La pression monte en réanimation

Le nombre de patients en réanimation continue à grimper, augmentant la pression sur les hôpitaux. Leur nombre s’élevait lundi à 2 761, pour un total de 5 800 lits de réa dans toute la France, où l’épidémie a déjà fait plus de 35 000 morts.

Huit nouveaux patients d’Auvergne-Rhône-Alpes ont été transférés en avion sanitaire, cette fois vers les Pays de la Loire, pour soulager les services de réanimation de la région, et l’ARS Bretagne a accueilli, de son côté, quatre patients d’Occitanie.

L’ARS des Hauts-de-France a déclaré avoir demandé aux hôpitaux de la région d’ouvrir 100 nouveaux lits de réanimation, après les 96 armés la semaine passée, pour porter à 700 lits la capacité régionale en début de semaine prochaine.

Cette mesure a été décidée alors que « le taux d’occupation des lits de réanimation par des patients Covid dans la région était de 45 % » lundi, avec 296 malades en réanimation et soins intensifs sur un total de 1 916 hospitalisations.

L’agence demande ainsi aux établissements hospitaliers « d’engager les déprogrammations et reprogrammations nécessaires pour armer en matériel et personnel » ces 100 nouveaux lits, « afin d’assurer la bonne prise en charge des patients Covid et non Covid des prochains jours ».

  • L’opposition ne ménage pas ses critiques

Les politiques semblent résignés au durcissement des mesures, mais l’opposition ne ménage pas ses critiques au gouvernement qui « passe d’une étape à l’autre avec souvent un train de retard », selon le député socialiste Boris Vallaud.

« Je trouve qu’on baisse les bras » et qu’on « nous demande de choisir entre le tsunami hospitalier et l’effondrement économique et social », a regretté le patron du groupe des députés Les Républicains (LR), Damien Abad.

S’adressant à l’opposition, notamment LR, à l’Assemblée nationale, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, l’a accusée de n’avoir « aucune idée ». « Si vous étiez aux affaires (…), vous ne feriez rien, vous seriez en train de regarder la situation se dérouler. Nous, nous prenons nos responsabilités », a-t-il lancé.

  • Des craintes croissantes pour l’économie

Après les alertes du président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, lundi, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a également mis en garde contre le risque d’un « effondrement de l’économie française » en cas de « reconfinement total ou partiel », car « les entreprises sont aujourd’hui beaucoup plus fragiles qu’au mois de mars ».

Les supermarchés ont, par ailleurs, tenu à rassurer les consommateurs que, même en cas de reconfinement, on y « trouvera tout ce qu’il faut sans difficulté dans les semaines qui viennent » si « tout le monde reste raisonnable » dans ses achats. « Il n’y a pas besoin de faire du stock » de certains produits, comme cela s’était produit en mars, selon le patron de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Jacques Creyssel.

  • Les universités prônent la suspension des cours en amphithéâtre

La Conférence des présidents d’université (CPU) a proposé de suspendre les cours en amphithéâtre et de renforcer l’enseignement à distance, mais elle a jugé qu’une fermeture des établissements ferait courir un risque de « décrochage » massif.

Pour ralentir la propagation, elle propose de suspendre les cours magistraux en amphithéâtre et de « basculer massivement en enseignement à distance en baissant fortement la jauge d’étudiants en présentiel, avec un maximum de 25 % des effectifs ».

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Le Monde avec AFP

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