Reconfinement : avant l’intervention de Castex, l’exécutif penche pour le statu quo – Le Parisien

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Le rendez-vous est fixé ce jeudi 12 novembre à 18 heures, au ministère de la Santé, pour une conférence de presse très attendue par les Français. Le Premier ministre Jean Castex va-t-il annoncer un assouplissement des règles sanitaires en vigueur contre l’épidémie de Covid-19, décider au contraire de les durcir, ou encore choisir le maintien des protocoles actuels avant un prochain point d’étape? Quinze jours après le début du reconfinement, et la promesse d’une clause de revoyure qui avait été fixée fin octobre par le président de la République, l’heure des choix a sonné… ou pas. Selon nos informations, la troisième option, celle d’un statu quo, avait, au moins jusqu’à ce mercredi en fin de journée, les faveurs de l’exécutif.

«Trop tôt pour décider quoi que ce soit»

Davantage une méthode et un calendrier qu’un changement de braquet. Davantage un point de situation qu’un tournant stratégique. Voilà à quoi devrait ressembler l’exercice auquel le Premier ministre doit se livrer après un Conseil de défense programmé le matin même. « C’est encore trop tôt pour décider quoi que ce soit, on a encore besoin de chiffres consolidés », insiste l’entourage du ministre de la Santé Olivier Véran qui rappelle que « si on peut, certes, parler de frémissement, on ne voit pas pour autant de traduction dans le système de soins à ce stade ». En clair, il va falloir encore attendre quelques jours pour que les données livrent leur verdict sur les premiers vrais effets du reconfinement.

Les commerçants, dont certains espéraient notamment la réouverture de certains établissements, risquent donc de devoir prendre encore leur mal en patience. Mardi sur France Info, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, a d’ailleurs écarté cette hypothèse. « Mais on va quand même leur donner des perspectives et la possibilité de refaire un point sous huit jours », promet Matignon. « Les gens veulent aussi savoir si les efforts qu’ils font payent, avoir un peu de visibilité. C’est ça que le Premier ministre devrait vouloir donner », abonde un conseiller du gouvernement.

Prudence et patience, donc. Lundi soir, devant les dirigeants de la majorité, Castex est d’ailleurs apparu sur cette ligne. « Il ne faut pas de message contradictoire, car on a le pic de la crise devant nous et en même temps un frémissement. Les gens pourraient ne pas comprendre », fait remarquer un participant. « Le Premier ministre en est donc plutôt à dire qu’il ne faut pas relâcher les efforts », appuie un poids lourd du gouvernement.

Le conseil de Défense promet d’être animé

« Il faut tenir bon collectivement », embraye un autre. D’où le sentiment de cheminer sur une ligne de crête. D’autant qu’en interne, Matignon, Bercy et la Santé ne sont pas toujours alignés. « Il y a ceux qui veulent alléger pour les petits commerces, ceux qui seraient plus sur une ligne de durcissement et ceux qui sont pour le statu quo en disant : attendons les données », décrypte un conseiller ministériel.

Lors du Conseil de défense qui débutera à 9 heures, tous les scénarios seront quand même mis sur la table au moment où Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, dévoilera les derniers chiffres épidémiologiques et sanitaires. « Il ne faut pas écarter quelques ajustements, deux ou trois mesures très pratiques décidées par le président de la République à l’issue du Conseil de défense », glisse un proche d’Emmanuel Macron qui s’attend à de longs échanges, peut-être très animés, sur certains points sensibles.

Particulièrement sur l’épineuse question des lycées − voire des classes de 3e et 4e également −, dont l’hypothèse d’une fermeture a été envisagée en début de semaine par certains membres de l’exécutif. Scénario rejeté en bloc par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et l’Elysée, qui estiment qu’une telle décision serait « catastrophique », alors que la mesure du 50 % de présence vient à peine d’être mise en place, et n’a donc pas encore pu faire la preuve de son efficacité. D’autres, notamment à Matignon, semblent plus enclins à l’envisager, peut-être pour « plus tard si on voit que la situation vient à empirer », glisse l’entourage du Premier ministre. Juste un point d’étape, donc…

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