Ma prise en main de l’HoloLens 2 la semaine dernière me laisse à penser que j’ai fait l’expérience d’un avenir de l’informatique. Cependant, elle a réaffirmé ma préoccupation quant à la vulnérabilité de Microsoft en termes de leadership.

Car la conception même de l’HoloLens 2 révèle un sérieux problème. Pour obtenir un meilleur équilibre au niveau de la tête, Microsoft a déplacé les composants informatiques et la batterie à l’arrière de l’appareil. C’est tout à fait logique ; il n’est pas nécessaire qu’ils alourdissent l’avant de l’appareil.

Le concurrent Magic Leap s’est débarrassé du problème. Il a réassigné cette électronique dans un pod conçu pour être porté à la taille. De quoi permettre à la partie de l’appareil portée sur la tête d’être aussi légère que possible. Magic Leap, cependant, n’est qu’un des challengers potentiels de Microsoft. Qui a clairement un coup d’avance.

En effet, bien que Microsoft ait livré un nombre relativement faible de casques HoloLens jusqu’alors, le fait que l’entreprise en soit désormais à une deuxième génération est une étape importante. Car dans ce domaine, la litanie de Google Glass par exemple, ou le sabordage du projet Vaunt d’Intel, ou encore les départs dans la startup North en sont la preuve la plus éclatante.

Mais si l’on ne tient pas compte du matériel pendant un instant et que l’on se contente d’examiner les opportunités pour les développeurs, il est clair qu’il faut parler d’Apple. Des rumeurs récentes selon lesquelles son casque AR pourrait se matérialiser dès la fin de cette année s’alignerait en effet sur trois opportunités.

Les deux premiers sont l’amélioration continue d’ARKit qui pourrait être annoncée comme l’évènement WWDC cette année et l’introduction d’un nouvel iPhone qui présenterait un nouveau saut dans les générations de processeurs d’Apple.

La troisième serait l’adoption d’une technologie sans fil à courte portée qui fait partie de la norme Wi-Fi 6 : le 802.ax. La dernière version de la variante Wi-Fi 60 GHz à longue portée, connue autrefois sous le nom de WiGig, le 802.11ax, promet un transfert de données à courte portée pratiquement sans latence, entre appareils et écrans vidéo distants.

Il s’agit d’une capacité adaptée à des technologies telles que la VR et l’AR, soit une capacité qui devrait donner une expérience beaucoup plus satisfaisante que ce que proposent les smartphones avec la VR, tels que Gear VR de Samsung ou le Daydream de Google, voire les casques Lenovo et Acer utilisant l’approche de Microsoft.

Sans anticiper d’autres innovations, un casque d’AR d’Apple associé à un iPhone de nouvelle génération pourrait offrir un avantage significatif côté prix. Cela lui permettrait alors de rivaliser avec l’HoloLens 2, même avec un coût incompréhensible d’iPhone à plus de 1000€. C’est le type de produit qui répondrait à la promesse du PDG “Tim Apple”, qui promet à nouveau de nous “époustoufler”.

Au moins à court terme, ce ne serait pas un coup mortel pour Microsoft et HoloLens. En fait, l’entreprise semble non seulement accepter une telle concurrence, mais en plus elle l’anticipe.

Son adoption des expériences de réalité mixte multiplateforme dans lesquelles un casque Apple se glisserait sans doute, ainsi qu’une plus grande concentration de l’infrastructure cloud et le développement d’applications métiers autour de la réalité mixte, sont autant de points forts.

Reste qu’il pourrait être difficile pour Microsoft de voir encore une autre catégorie de technologie dans laquelle il est entré en précurseur faire un tabac chez son rival de longue date.

Article “Apple’s augmented reality end run: Can it hold back Hololens?” traduit et adapté par ZDNet.fr