Rave-party en Bretagne : «On est prêt à mourir pour pouvoir vivre», lâche un des organisateurs – Le Parisien

Spread the love
  • Yum

Les images de ces 2 400 teufeurs rassemblés pour le réveillon à Lieuron (Ille-et-Vilaine), sans respect des règles sanitaires, avaient choqué en France et même à l’étranger. « Un comportement irresponsable et profondément asocial » selon Philippe Astruc. Lors d’un point presse organisé ce lundi soir, le procureur de la République de Rennes a relevé que seuls 5 % des participants étaient masqués. 1 645 personnes ont été verbalisées au moment de la dispersion dont 1 225 pour non-respect des règles sanitaires.

« Au final, il peut être constaté que l’action de l’Etat a permis de mettre fin sans violence à une fête illicite troublant gravement l’ordre public et de conduire une enquête judiciaire propre à éviter toute impunité », souligne le procureur. Elle a été confiée à la brigade judiciaire de Redon, appuyée par la section de recherches de Rennes. Il a été établi que le droit d’entrée était de 5 euros et qu’il y avait de véritables stands de vente de stupéfiants, notamment de cannabis, cocaïne, héroïne et LSD. Un lieu avait même été aménagé pour leur consommation « avec coussins et tapis ». 225 personnes ont été sanctionnées par les forces de l’ordre pour ce motif.

VIDÉO. Réveillon du Nouvel an : une rave réunit 2500 personnes au sud de Rennes

Selon le parquet, beaucoup d’éléments permettent d’attester d’une « organisation logistique et d’une coordination importante ». Durant l’événement, l’un des organisateurs a pu être identifié, notamment grâce à un gros travail sur la téléphonie. L’homme avait envoyé 1 097 SMS à 72 interlocuteurs le 31 décembre. Il a été interpellé samedi après-midi à Iffendic (Ille-et-Vilaine). Du matériel de sonorisation a été saisi sur place. Selon le procureur, il s’agit d’un homme de 22 ans, chauffeur routier, SDF, qui vivait dans son camion. Il n’a pas d’antécédents judiciaires.

Les suspects encourent 10 ans de prison

« En raison de la dangerosité particulière de ce type de rassemblement en période de crise sanitaire, il m’apparaît absolument nécessaire d’identifier, rechercher et interpeller l’ensemble des organisateurs afin qu’ils puissent répondre de leurs agissements », poursuit le magistrat. L’information judiciaire a été confiée à deux juges d’instruction. Elle est ouverte pour 16 qualifications, notamment l’organisation sans déclaration préalable, la mise en danger de la vie d’autrui, la dégradation de biens et l’aide à usage de stupéfiants. Les suspects encourent 10 ans de prison. Les auteurs des violences contre les gendarmes et de la destruction par incendie d’un de leurs véhicules sont aussi recherchés.

L’organisateur présumé, d’abord dans le déni, a assez rapidement reconnu les faits selon une source proche de l’enquête. C’était sa première garde à vue. Suivant les réquisitions du parquet, il a été placé par le Juge des libertés en détention provisoire afin d’éviter toute concertation avec les autres organisateurs « dont certains, de manière choquante, ont cru devoir revendiquer leur action par voie de presse ». Tout sera mis en œuvre pour les sanctionner.

«On est libre de faire ce qu’on veut»

L’un des autres organisateurs que nous avons pu contacter, confirme que le rassemblement a nécessité plusieurs mois de préparation. « Nous sommes plusieurs dizaines d’organisateurs originaires de la France entière et rattachés à différents collectifs », explique Dominique (prénom d’emprunt), encore « sous le choc » de l’interpellation du teufeur d’Iffendic. « Ce qui lui arrive est injuste. C’est triste car c’est quelqu’un de très bien, qui bosse. Ce n’est pas un marginal ou un punk à chien comme on a pu le lire. »

Newsletter L’essentiel du matin

Un tour de l’actualité pour commencer la journée

Pour autant, pas de regret. « Nous connaissions tous les risques même si nous n’avions pas mesuré que cela prendrait autant d’ampleur. » Dominique ne comprend pas pourquoi on les empêche de se réunir alors qu’« on entasse les gens dans le métro ou au Puy du Fou ». Selon lui, le Covid serait « surcoté ». Beaucoup de personnes commenceraient « à se rendre compte qu’il y a un problème, qu’on en fait des caisses pour brider nos libertés ». Avec cette rave-party, Dominique affirme avoir voulu montrer « qu’on est libre de faire ce qu’on veut. On est prêts à mourir pour pouvoir vivre ».

Leave a Reply

%d bloggers like this: