Ancien instructeur de fitness dans l’Australie rurale, Brenton Tarrant a été inculpé samedi pour meurtre après l’un des pires crimes les plus jamais perpétrés en Nouvelle-Zélande : le massacre de 49 fidèles dans des mosquées de Christchurch.

Lors de sa brève comparution devant le tribunal de cette ville de l’Île du Sud, cet Australien de 28 ans a rapidement fait l’un des signes de reconnaissance des suprémacistes blancs.

Il n’avait vraisemblablement pas de casier judiciaire et n’était sur les radars d’aucun service de renseignement néo-zélandais. Il était le détenteur d’un permis de port d’armes depuis novembre 2017.

Une jeunesse “sans histoire”

Brenton Tarrant a grandi dans la petite ville de Grafton, dans le nord de l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud. Des médias ont rapporté que son père était décédé d’un cancer en 2010, mais que sa mère et sa sœur y vivaient vraisemblablement encore.

Dans une très courte notice autobiographique accompagnant le manifeste de 74 pages qu’il a publié avant de commettre la tuerie de Churchchrist, il se présente comme “un homme blanc ordinaire né en Australie dans une famille de la classe ouvrière aux faibles revenus”. 

Il décrit sa jeunesse comme étant “normale” et sans histoire. Il obtient de justesse son diplôme au lycée mais n’a aucune envie de poursuivre des études. À la sortie du lycée, il reste à Grafton et y suit des formations d’instructeur de fitness. Il travaillera un temps à partir de 2009 dans une salle de gym de la ville.

Un coach de gym “très investi”…

La patronne de cette salle, Tracey Gray, se souvient d’un employé qui travaillait dur. “C’était un coach très investi”, a-t-elle déclaré à la chaîne australienne ABC. “Il donnait même des cours gratuits aux enfants du quartier, cela le passionnait.”

Selon elle, il ne manifestait à l’époque aucun intérêt pour les armes, mais aurait été transformé par ses voyages en Europe et en Asie. Des posts sur les réseaux sociaux laissent penser qu’il serait allé jusqu’au Pakistan et en Corée du Nord.

“Je pense qu’il a changé pendant les années où il a voyagé à l’étranger. Ce sont sans doute des expériences vécues qui l’ont fait évoluer à un moment donné.” Tracey Gray

Toujours dans son manifeste, Tarrant raconte effectivement avoir pour la première fois envisagé de commettre une attaque en avril ou mai 2017 alors qu’il voyageait en France et en Europe de l’Ouest.

… qui se proclame “raciste” et “fasciste”

Brenton Tarrant quittera la salle de gym en 2011. Ses voyages, raconte-t-il, ont été financés en investissant son argent sur Bitconnect, une cryptomonnaie qui s’est effondrée début 2018 et qui est accusée d’avoir en fait été une pyramide de Ponzi.

Cinq armes, dont deux armes semi-automatiques modifiées et deux fusils ont servi au carnage. Sur des photos de cet arsenal mises en ligne, apparaissent clairement sur les armes des inscriptions en anglais et dans diverses langues d’Europe de l’Est. On peut y lire des références aux Européens ayant combattu les forces ottomanes aux XVe et XVIe siècles ou aux Croisades.

Dans son manifeste, Brenton Tarrant cite dans le texte différents auteurs d’attaques racistes ou d’ultra-droite, en particulier le Norvégien Anders Behring Breivik qui a tué 77 personnes en juillet 2011. Il affirme avoir eu “un bref contact” avec lui.

Au fil du document, il se proclame “raciste”, “fasciste” et affirme qu’Oswald Mosley, fondateur en 1932 de l’Union britannique des fascistes, est “dans l’Histoire la personne la plus proche de mes propres croyances”.