Le HuffPostDe nombreux industriels ont déjà fait le choix de stopper l’utilisation de ce colorant, soupçonné d’altérer le système immunitaire

CONSOMMATION – Confiseries, pâtisseries, dentifrices, médicaments, mais aussi cosmétiques, l’additif E171 est présent dans bon nombre de produits que nous consommons. Problème, ce colorant (aussi appelé dioxyde de titane) est soupçonné d’avoir des effets néfastes sur la santé

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait dans un premier temps refusé sa suspension, préférant attendre l’analyse de l’agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses). Selon les information d’Europe 1, le locataire de Bercy a décidé d’agir ce lundi 15 avril, en interdisant finalement l’additif.

En 2017, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) avait montré que l’exposition orale chronique au dioxyde de titane sur des rats altérerait leur système immunitaire, provoquant des lésions cancérigènes. L’Inra a toutefois précisé que les conclusions de cette étude “limitée aux rats” ne permettait pas de les extrapoler à l’Homme. Malgré tout, les résultats ont été suffisamment alarmants pour que l’Agence nationale de santé soit chargée du dossier par les ministères de l’Economie. 

Quels produits concernés ?

En décembre 2017, l’association Agir pour l’environnement avait recensé une centaine de bûches de Noël contenant l’additif E171. En parcourant leur site, on découvre une liste non exhaustive de produits contenant du dioxyde de titane. Bonbons, plats préparés, chocolat, thés, le colorant controversé est aussi présent dans six des médicaments les plus utilisés par les Français, dont le Spasfon rose et le Doliprane en gélule. 

Parmi les produits épinglés par association, on retrouve des pâtisseries de la marque Auchan, les chewing-gums Airwaves, les bonbons Skittles mais aussi des pâtes dentaires. Agir pour l’environnement a analysé 408 dentifrices dont 59 pour enfants, commercialisés dans les grandes surfaces, pharmacies, parapharmacies et magasins bio. Il en ressort que deux tiers (271 dentifrices sur 408) contiennent du dioxyde de titane.

Un autre problème réside dans la transparence des produits. Bien que cette substance soit potentiellement dangereuse, sa mention n’est pas tout le temps visible sur les emballages des produits. En janvier 2018, l’association UFC-Que Choisir avait ainsi porté plainte contre neuf fabricants, les accusant de dissimuler leur usage. 

Depuis, les industriels comme Carambar and Co, Carrefour, Super U ou encore Leclerc ont pris la décision de ne plus utiliser l’additif controversé. “Quasiment tous les fabricants de bonbons français ont déjà arrêté d’utiliser ce colorant qui n’est absolument pas indispensable”, a expliqué Magali Ringot, de l’association Agir pour l’environnement sur Europe 1. 

Et si la tendance se poursuit, le colorant devrait progressivement complètement disparaître de notre alimentation.

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