Que se passerait-il si Trump était empêché de gouverner ? – Le Figaro

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Le président Donald Trump est positif au coronavirus, a-t-il annoncé vendredi matin. Que se passerait-il si ce virus le rendait inapte à présider le pays, ne serait-ce que quelques jours ? Dans le cas où son état de santé se dégraderait, une hospitalisation de ce celui-ci, impliquant une anesthésie ou un passage en réanimation, pourrait rendre ce scénario plausible.

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Une liste de 18 successeurs

C’est le vice-président Mike Pence qui assurerait alors l’intérim, qui ne fonctionnerait bien entendu que le temps de la maladie, et laisserait le président reprendre son office dès l’incapacité levée. Le 25ème amendement de la Constitution précise la procédure : le président doit écrire une lettre au président du Sénat ainsi qu’au speaker de la chambre des représentants, pour les informer qu’il ne peut assurer ses fonctions. Le vice-président devient alors «acting president», jusqu’à la signature d’une nouvelle lettre déclarant le retour du président.

L’amendent, ajouté à la Constitution en 1967, a été utilisé à trois reprises. Une première fois le 13 juillet 1985, quand Ronald Reagan fit l’objet d’une opération chirurgicale; son vice-président George H.W. Bush devenant président pour huit heures. Les 29 juin 2002 et 21 juillet 2007, George W. Bush eut recours à des anesthésies, ses pouvoirs étant transférés à Dick Cheney… environ deux heures à chaque fois.

Dans le cas d’une incapacité plus sérieuse, jusqu’à la fin du mandat, c’est également le vice-président qui assurerait l’intérim. L’ordre de succession présidentiel aux États-Unis est commandé par l’article 2 de la Constitution, et par une loi de 1947, le Presidential Succession Act signé par Harry Truman. Cette loi donne 18 successeurs statutaires au président des États-Unis, pourvu qu’ils soient éligibles et nés Américains. Après le vice-président, c’est ainsi le speaker de la chambre des représentants qui prendrait le relais (actuellement, Nancy Pelosi, seule démocrate dans cette liste de succession), puis le président du sénat, puis le secrétaire d’État… Et ainsi de suite jusqu’au secrétaire d’État aux vétérans et enfin au chargé de la sécurité intérieure, un poste ajouté en 2006 à cet ordre de succession.

Le problème de cette liste réside dans sa concentration gouvernementale : que se passe-t-il si un événement dramatique à Washington éradiquait l’ensemble des successeurs désignés? Le système américain a encore une botte : celle du «successeur désigné». En certaines occasions formelles comme la cérémonie d’investiture et le discours annuel sur l’état de l’Union, le président choisit une personne qui est mise à l’abri pour prendre les rênes du pouvoir. En 2018 lors d’un discours de Donald Trump, Sonny Perdue, secrétaire d’État à l’agriculture, était ainsi tenu en lieu sûr.

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