Quatre choses à retenir sur la visite d’Emmanuel Macron dans le Finistère, ce mercredi – Ouest-France

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« Je rends hommage à celles et ceux qui permettent de nourrir le pays », a dit plusieurs fois le président de la République, ce mercredi 22 avril 2020, dans le Nord-Finistère. Malgré le confinement mis en place pour lutter contre le coronavirus, Emmanuel Macron a visité une exploitation de tomates sous serres à Cléder, puis un magasin Super U à Saint-Pol-de-Léon.

Emmanuel Macron a visité les serres de Thierry et Jean-Marc Roué, maraîchers installés à Cléder, dans le Finistère, ce mercredi 22 avril. | AFP

  • Emmanuel Macron a visité les serres de Thierry et Jean-Marc Roué, maraîchers installés à Cléder, dans le Finistère, ce mercredi 22 avril.
    Emmanuel Macron a visité les serres de Thierry et Jean-Marc Roué, maraîchers installés à Cléder, dans le Finistère, ce mercredi 22 avril. | AFP

Le président de la République a passé près de deux heures dans le Nord-Finistère, ce mercredi après-midi 22 avril 2020. Sa visite a commencé sous les serres où Thierry et Jean-Marc Roué cultivent sans pesticides quelque 2 500 tonnes de tomates par an. Ils ont pu continuer à travailler pendant le confinement mis en place pour lutter contre le coronavirus, grâce à du personnel recruté via le site internet Desbraspourtonassiette. Emmanuel Macron s’est ensuite rendu dans le supermarché Super U de Saint-Pol-de-Léon, resté ouvert au public. Il y a discuté avec des salariés et des clients.

1 – Objectif : remercier ceux qui nourrissent le pays

« Je suis venu pour remercier les exploitants et leurs salariés. La chaîne alimentaire a tenu. Tout le monde agricole, agroalimentaire et la distribution ont joué le jeu de façon formidable. Je rends hommage à celles et ceux qui permettent de nourrir le pays. » C’est avec ces termes élogieux que le président de la République s’est adressé à une salariée de la ferme de Thierry et Jean-Marc Roué, située à Cléder, dans le Finistère.

Maraîchers depuis cinq générations, ils cultivent sans pesticides sous 4,5 ha de serres, pour une production de quelque 2 500 tonnes de tomates par an. Ils emploient en temps normal une trentaine de personnes, dont une vingtaine de saisonniers.

« C’est grâce à vous tous qu’on a pu continuer pendant cette période », a-t-il également dit à des vendeuses présentes dans le magasin Super U de Saint-Pol-de-Léon, où il est arrivé vers 17 h 30.

2 – Une visite sous haute sécurité sanitaire

En juin 2018, Emmanuel Macron était déjà venu dans le Finistère, à Plouvien, où il avait visité une usine de la Sill, groupe agroalimentaire spécialisé dans la fabrication de produits laitiers, potages, plats surgelés et alimentation infantile. À l’époque, il n’y avait pas de mesures barrières à respecter et le Président avait passé plus d’une heure au contact des salariés.

La visite de ce mercredi 22 avril s’est déroulée dans une ambiance différente. Pas de serrage de main et distance minimale d’un mètre entre tout le monde étaient de rigueur. Dans la ferme des frères Roué, le président était équipé de surchaussures pour des questions sanitaires, afin de ne pas rentrer dans la serre avec des particules de l’extérieur. Par contre, ni le Président ni son entourage ni les maraîchers ne portaient de masque.

Dans les serres, le président portait des surchaussures. Pendant toute sa visite, il est resté à distance de sécurité des gens. | REUTERS

Dans le magasin Super U de Saint-Pol-de-Léon, deuxième étape de la visite présidentielle, le nombre de personnes présentes simultanément était aussi limité, et les gestes barrière étaient aussi de mise. « Et les gens respectent » les distances de sécurité, a demandé Emmanuel Macron à des vendeuses du magasin. « Oui, oui », lui ont-elles répondu, avant de lui expliquer leurs procédures de désinfection. Avenant malgré tout, le président a accepté de prendre des selfies, mais en respectant les distances de sécurité.

Le président de la République Emmanuel Macron dans le Super U de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) discute avec une cliente, ce mercredi 22 avril. | STEPHANE MAHE /AFP

 3 – Des habitants peu inquiets

« Ça va ? Pas de crainte particulière ? » Dans les rayons du Super U de Saint-Pol-de-Léon, le président de la République a interrogé plusieurs clientes. Il a aussi demandé à des vendeuses comment elles s’arrangeaient pour faire garder leurs enfants quand elles travaillent.

Plus tôt, entre les rangées de tomates, il avait aussi échangé avec une étudiante qui y travaille régulièrement.

le Finistère et la Bretagne ne sont pas les zones les plus touchées de France par le coronavirus

4 – Des élus et professionnels qui avaient beaucoup de questions

Présente dans les serres de tomates de Cléder, la député LREM Sandrine Le Feur, également agricultrice en bio à Pleyber-Christ (Finistère), s’est félicitée de l’ouverture des marchés de plein air. « Cela permet aux petits producteurs de continuer à vendre leurs productions, malgré la crise sanitaire », a-t-elle expliqué à Emmanuel Macron.

Quant aux maraîchers Thierry et Jean-Marc Roué, ils ont plaidé pour une mise en valeur de la production française et critiqué les distributeurs qui ne jouent pas le jeu. Les conditions d’achat des grandes surfaces sont régulièrement dénoncées par les fournisseurs et les agriculteurs qui leur fournissent leur matière première. En début d’année, trois grandes enseignes, dont Système U, dont le magasin que le Président a visité fait partie, ont reçu des amendes.

L’État dit-il oui à la production de masques à Plaintel, dans les Côtes-d’Armor ? A cette question qui lui est posée dans les serres, le Président répond par un oui bien franc. Nous avons travaillé avec l’Afnor afin de créer des catégories de masques pour le grand public. Dans ce cadre, nous lançons une production de masque français et soutenons l’initiative de Plaintel. L’usine de masques et protections avait fermé en 2018. Le gouvernement avait déjà affirmé son intérêt pour une relance.

Des élus locaux, comme Gérard Daniélou, maire de Cléder, voulaient aussi profiter de la venue d’Emmanuel Macron pour lui parler des élections municipales et du deuxième tour qui a été reporté. Stéphane Cloarec et Nicolas Floch, maire élu et maire sortant de Saint-Pol-de-Léon, proposent que « les conseils municipaux élus soient installés le 21 juin et que le second tour des élections municipales ait lieu ce même week-end » ou de « refaire l’élection car le taux de participation a été beaucoup plus faible que d’habitude ».

À propos du déconfinement progressif, à partir du 11 mai, Emmanuel Macron a rappelé que la stratégie de tester, isoler, accompagner doit permettre d’endiguer les choses et d’éviter la montée d’une deuxième vague. On a besoin de faire baisser le nombre de cas quotidien dans le pays pour que ce soit gérable.

On prépare une deuxième étape dont on ne sait pas combien de temps elle va durer, qui sera progressive, concertée, parfois lente, peut-être différenciée selon les secteurs d’activité ou selon les régions plus ou moins impactées, a-t-il poursuivi. Il ne faut pas remettre en cause cet effort par un retour trop précipité à la normale. Il faut reconquérir pas à pas et savoir aussi inventer quelques nouveaux horizons, a-t-il conclu.

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