Le cardinal George Pell, 77 ans, contestait le verdict du procès qui le condamnait, en mars dernier, à 6 ans de prison pour des agressions sexuelles sur mineurs qui auraient été commises en 1996, alors qu’il était encore archevêque de Melbourne. L’ancien préfet du Secrétariat pour l’Économie du Saint-Siège continue de clamer son innocence.

Un «verdict déraisonnable»

Au cours des deux jours d’audience devant les trois juges de la Cour suprême de l’État de Victoria, les avocats du cardinal Pell se sont de nouveau efforcés de battre en brèche les arguments de l’accusation. Ils ont ainsi dénoncé un «verdict déraisonnable» basé sur le témoignage d’une seule des deux victimes présumées, -la seconde étant morte d’une overdose en 2014, sans jamais avoir parlé d’agression sexuelle.

L’un des avocats de la défense, Bret Walker, a également pointé le refus par le tribunal de diffuser une reconstruction vidéo montrant les déplacements et gestes de l’accusé, des victimes et des témoins, au moment des faits. Elle aurait, selon l’avocat, invalidé la version de l’accusation, qui  affirme en effet que le cardinal aurait abusé de deux enfants de chœur dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne, alors qu’il venait tout juste de célébrer la messe. Des «faits atroces» certes, mais «bizarres», voire «impossibles» à perpétrer par le cardinal australien, compte tenu de l’affluence à ce moment-là dans la sacristie. Toujours selon la défense, plusieurs irrégularités ont émaillé la procédure. Ainsi, l’obligation de demander à l’accusé s’il plaidait «coupable» ou «non coupable» devant le jury n’a pas été respectée.

Devant la Cour suprême australienne?

En clôturant l’audience, les juges ont fait savoir qu’ils réservaient leur décision à une date ultérieure, le temps d’examiner d’autres éléments. Trois options sont possibles: l’invalidation du procès, faute de preuves, et la libération du cardinal, la confirmation de la condamnation, ou encore la convocation d’un nouveau procès, qui impliquerait la libération sous caution de l’ancien archevêque de Melbourne. Quelle que soit la décision, l’affaire pourrait bien être portée devant la Cour suprême australienne, la plus haute juridiction du pays.

Plainte au civil

Une autre plainte a par ailleurs été déposée contre le cardinal Pell ce vendredi, au civil, cette fois. Le plaignant est un homme qui affirme avoir été abusé par un prêtre au cours de sa scolarité dans une école de Melbourne, dans les années 1980. Il accuse le cardinal, qui était à l’époque évêque vicaire à l’éducation dans la région de Ballarat (sud), d’avoir couvert les agissements de ce prêtre, et d’avoir permis sa mutation dans d’autres écoles et paroisses.