Procès de Christophe Dettinger : la prison requise, quelle peine à l'arrivée ? DETTINGER – Christophe Dettinger, également connu comme le “boxeur gilet jaune”, comparaît actuellement au tribunal correctionnel de Paris, où le verdict est attendu d’une minute à l’autre désormais.

L’essentiel

Le verdict devrait tomber dans la soirée pour Christophe Dettinger. Le procureur a d’ores et déjà donné ses réquisitions : “une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an assorti de sursis, mise à l’épreuve et obligation d’indemniser les victimes” pour celui que le surnomme également le “gitan de Massy”, ou encore le “boxeur gilet jaune”. Et pour cause, l’ancien champion de boxe a été filmé le 5 janvier dernier, en marge d’une manifestation des gilets jaunes qui se tenait à Paris, en train de passer à tabac deux gendarmes sur un pont. Pour rappel, Christophe Dettinger, qui encourt toujours jusqu’à 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende, avait été placé en détention provisoire par le procureur peu après les faits, celui-ci estimant qu’il avait manifesté sa “détermination” à se mobiliser pour les gilets jaunes. Suivez les dernières informations sur le procès.

En direct

20:22 – “Tout dans le dossier dit que Christophe Dettinger est un homme bien”, assure Me Hugues Vigier

Puis, c’est au tour du deuxième avocat de Christophe Dettinger de prendre la parole. “On ne peut réduire cet homme à ce qu’il a fait là, il est tellement plus”, estime Me Hugues Vigier, qui n’hésite pas à mentionner les larmes de l’ancien entraîneur de Christophe Dettinger quand il parlait de lui un peu plus tôt dans la journée. Et d’insister : “Tout dans le dossier dit que Christophe Dettinger est un homme bien. Faut-il qu’il reste à Fleury Mérogis ? Je considère que cet homme doit sortir de prison, et qu’il doit sortir maintenant !” 

20:06 – L’avocate de Christophe Dettinger demande une peine “juste”

C’est désormais au tour de l’avocate de Christophe Dettinger de plaider. Elle met en avant le fait que son client a exprimé sa honte et demandé pardon. Pour elle, cela ne fait pas de doute : “On ne peut pas juger cet homme si on ne tient pas compte du contexte”, assure Me Laurence Léger. Par ailleurs, l’avocate rappelle que le 5 janvier dernier, une autre vidéo que celle de Christophe Dettinger avait fait parlé d’elle : celle du commandant Andrieux, pour qui le contexte avait été pris en compte. Après avoir mis en avant le comportement exemplaire de Christophe Dettinger en tant que père et mari, Me Laurence Léger demande une peine “juste” soit, pour elle : “Une peine aménageable, peut-être une peine mixte, mais pas un maintien en détention”.

19:47 – Le procureur requiert “une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an assorti de sursis”

Le procureur continue son réquisitoire. Pour lui, cela ne semble plus faire de doute : Christophe Dettinger était dans la violence. Il était même selon lui, “l’élément le plus violent de cette passerelle” ce jour-là. Pour le procureur, Christophe Dettinger ne se souciait pas de la femme à laquelle il assure pourtant avoir voulu porter secours. “Après l’agression, […] il fait quoi ? Il ramasse le téléphone au sol… Nous avons aussi là un pilleur”, lance même le procureur. Évoquant le fait que Christophe Dettinger avait disparu durant 40 heures après les faits qui lui sont reprochés, avec qui plus est “femme et enfants”, ou encore que celui que l’on surnomme le “boxeur de gendarmes” a, selon lui, surtout regretté durant l’audience ce qu’il avait subi sans avoir un mot à l’égard des deux gendarmes blessés, le procureur déclare requérir “une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an assorti de sursis, mise à l’épreuve et obligation d’indemniser les victimes”.

19:29 – “Ce que l’on juge c’est une agression extrêmement grave d’un homme”, estime le procureur

Le procureur prend la parole à son tour. “Cet acte 8 des gilets jaunes était censé marquer un tournant. Pour la première fois, des individus se revendiquant des gilets jaunes procédaient à une déclaration de manifestation”, commence-t-il. Dans la suite de son réquisitoire, le procureur s’attarde sur la violence observée lors des différentes manifestations du mouvement du gilet jaune, constatant des “centaines de policiers [et] gendarmes […] pris à partie chaque samedi”. Évoquant la “colère” de Christophe Dettinger d’un côté, le “sang-froid remarquable” des gendarmes de l’autre, celui qui n’hésite pas à parler du “climat détestable” qui règne actuellement, selon lui, rappelle enfin que “ce que l’on juge c’est une agression extrêmement grave d’un homme, monsieur Dettinger, sur deux militaires, parce qu’il s’agit de coups violents, répétés, sur la tête, parce qu’il s’agit de deux scènes répétées”.

19:21 – “Il va y avoir un mort”, estime Me Thibault de Montbrial, qui en appelle à la responsabilité de chacun

C’est maintenant à Me Thibault de Montbrial de plaider. “La première violence de monsieur Dettinger c’était de sortir du parcours de la manifestation autorisée et d’aller au contact. C’est l’embryon de la violence à venir”, lance-t-il. Selon lui, après le gazage qui s’est déroulé sur le pont parisien, “monsieur [Dettinger a adopté] tous les codes de celui va aller la castagne”, estime celui qui profite de sa plaidoirie pour adresser un message “à l’extérieur” dit-il, appelant alors à la responsabilité. “Il faut que chacun se reprenne sinon nous allons avoir un drame”, déclare-t-il. Et d’insister : “Reprenez-vous les uns les autres, sinon dans les jours, les semaines qui viennent il va y avoir un mort.”

19:02 – L’avocate de la partie civile insiste sur le choc subi par les deux gendarmes

Lors de sa plaidoirie, Me Emélie Samson, avocate de la partie civile, a insisté sur l’état de choc des deux gendarmes, rappelant que l’un a eu 2 jours d’ITT et le second 15. “Son arrêt a [d’ailleurs] été prolongé au 17 février” et selon elle, rien n’assure que ce dernier soit en capacité de revenir le 18. D’après Emélie Samson, ce dernier, qui n’a d’ailleurs pas pu venir au tribunal ce mercredi, connaît “des répercussions psychologiques” et “se pose des questions sur sa carrière”, a-t-elle insisté. 

18:39 – “Monsieur Dettinger a tout simplement voulu casser du flic”

Jean-Philippe Morel, avocat de APNM Gendarmes & Citoyen, parties civiles, s’exprime. “Aucune manifestation n’est autorisée à traverser un pont en raison des risques de chute dans l’eau. Monsieur Dettinger a tout simplement voulu casser du flic”, lance-t-il.

18:25 – Reprise de l’audience

Le procès de Christophe Dettinger a repris au tribunal correctionnel de Paris. L’audience est désormais consacrée aux plaidoiries des avocats de la partie civile ainsi qu’au réquisitoire. Le verdict devrait tomber dans la soirée.

18:01 – Audience suspendue

L’audience du procès de Christophe Dettinger, jugé pour avoir frappé des gendarmes mobiles lors de la manifestation des gilets jaunes du 5 janvier, est suspendue. “J’ai juste un souhait c’est de rentrer chez moi avec ma famille, je reconnais tous les faits, mais la personne qu’on montre du doigt, c’est pas la même personne, je ne suis pas quelqu’un de méchant”, vient de plaider le “boxeur gilet jaune”.

17:54 – “Je donne un coup de main aux personnes en difficultés”

Christophe Dettinger continue à orchestrer sa défense à la barre. “J’ai essayé d’être un bon fils, un bon mari, un bon père. J’essaye. Je donne un coup de main aux personnes en difficultés. Ce que j’ai vu sur les médias est très choquant car y avait que cette violence qui était là. Je me suis pas levé ce samedi pour sauter sur un type”, plaide-t-il.

17:42 – Christophe Dettinger “a eu peur de se faire tabasser”

L’avocat de Christophe Dettinger, maître Leclerc, a concédé que son client n’aurait pas dû attendre deux jours avant de se présenter à la police. “Mais il a eu peur de se faire tabasser. Et il s’est constitué prisonnier, il faut le remarquer. S’il était venu 8 jours plus tard, qu’est-ce qu’on en aurait entendu parler…”, ajoute l’avocat.

17:29 – Christophe Dettinger explique ses deux jours de cavale

Entre les faits du 5 janvier et le placement en garde à vue de Christophe Dettinger, deux jours ont passé. “Vous avez fait quoi pendant 2 jours?”, lui demande la présidente. Sa réponse : “Je me suis mis à l’abri. Les policiers ont bien saccagé ma maison. Quand ils interviennent, ils ont pas les mains dans les poches et ce sont pas des bisounours, ils font leur travail et sévèrement”.

17:22 – Dettinger a provoqué “des séquelles psychologiques”

Le gendarme que l’on voit être frappé par Christophe Dettinger sur les vidéos du 5 janvier s’explique. “J’ai eu des douleurs aux cervicales pendant 10 jours ce qui ne m’a pas empêché de rejoindre mes camarades dès le lendemain”, lance-t-il, avant d’évoquer son collègue, lui aussi frappé : “Mon camarade est toujours en arrêt de travail. Il avait pas envie de vivre ça, de revoir les vidéos et d’être confronté à monsieur Dettinger. Il a des séquelles psychologiques”.

17:06 – Procès Dettinger : place au témoignage d’un gendarme blessé

L’un des gendarmes blessés lors de la manifestation des gilets jaunes du 5 janvier est à la barre. “La dame au bonnet (la “dame en rouge”, ndlr), c’est la seule personne qu’on a repoussé. Et monsieur Dettinger est la première personne à qui je porte des coups de matraque”, se défend-il, expliquant avoir pour consigne “d’empêcher les gens d’aller sur la passerelle”.

16:47 – Christophe Dettinger parle de sa vidéo

L’audience est maintenant consacrée à la vidéo que Christophe Dettinger a publié avant de se rendre en garde à vue. “Je n’ai pas un langage très fin mais je me suis exprimé honnêtement. Quand on voit que l’affaire s’aggrave et qu’on veut nous faire mal, on a le temps de réfléchir pourquoi j’ai réfléchi comme ça. Tout est allé très vite”, plaide-t-il. 

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Le 9 janvier dernier, Christophe Dettinger, lors de son premier jugement en comparution immédiate, avait fait amende honorable. “Je regrette mes actes. Je ne suis pas fier de moi. J’ai pas eu le contrôle”, avait-il dit, devant les juges, qui avaient accepté de renvoyer le procès à une date ultérieure. Lors de son procès, Christophe Dettinger compte bien reconnaître la gravité des faits reprochés. Auprès du Figaro, son avocat, Maître Hugues Vigier, précise qu’il exposera les regrets de son client, tout en donnant une explication sur ce qui l’a poussé à cet excès de violence. “Il a fait une connerie majeure, il le sait. Mais s’il a fait ça, c’est qu’il voulait quitter cette scène”, dit-il. Le “boxeur gilets jaunes” dit avoir “perdu le contrôle” après avoir vu une femme recevoir des coups de matraque de la part des forces de l’ordre. Cette personne apportera d’ailleurs son témoignage lors du procès. Christophe Dettinger aurait aussi “reçu du gaz poivre”, dit encore son avocat. “Ça tape un peu à droite, à gauche. Il y a une succession d’événements”, veut-il rappeler.

La peine encourue par le boxeur est lourde : jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, pour “violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique”. L’un des gendarmes frappé s’était vu prescrire quinze jours d’interruption totale de travail, compte tenu de ses blessures. Il n’a toujours pas repris le travail. Le syndicat des commissaires de la police nationale se porte partie civile dans ce procès. “Nous attendons qu’il y ait une décision de justice qui tiennent compte des faits, et non pas de certaines déclarations ou d’un contexte médiatique compliqué. […] Il s’agit pas pour nous de demander un exemple, c’est à la justice de décider”, a indiqué David Lebars, secrétaire général du syndicat aux DNA, ajoutant qu'”il ne faut pas considérer que des regrets peuvent lui permettre d’avoir une peine clémente, il faudra analyser les faits”.