Procédure de destitution : Donald Trump acquitté dans une Amérique toujours plus divisée – Le Monde

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Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 5 février.

En lançant la procédure de mise en accusation de Donald Trump, le 24 septembre 2019, les démocrates savaient qu’il était peu probable qu’une majorité au Sénat la pousse à son terme en destituant le président des Etats-Unis.

La majorité qualifiée de 67 voix sur 100 semblait inaccessible compte tenu du poids des républicains au Sénat (53) et de l’extrême polarisation qui a saisi Washington avant même l’élection du milliardaire mais que sa présence à la Maison Blanche a accentuée. Diagnostic confirmé mercredi 5 février, avec l’acquittement du président par le Sénat.

Pour quels motifs se sont-ils lancés pourtant dans cette entreprise ? Parce que les faits la justifiaient, ont-ils assuré, en l’occurrence le marchandage proposé par Donald Trump à son homologie ukrainien Volodymyr Zelensky : l’ouverture par Kiev d’enquêtes visant des adversaires politiques du milliardaire en échange d’une invitation à la Maison Blanche et du déblocage d’une aide militaire gelée sans explications.

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Ils ont également fait très probablement le calcul qu’exposer l’affaire ukrainienne dans la plus grande clarté possible ne pourrait que pénaliser le président des Etats-Unis lors du scrutin de novembre, à défaut de l’écarter. De nouvelles révélations ne sont d’ailleurs pas à exclure d’ici là.

Une procédure politique et non judiciaire

L’image de Donald Trump s’est pourtant améliorée pendant cette procédure. Un paradoxe alors que la mise en accusation du président a été soutenue par une majorité de personnes interrogées, selon des sondages convergents, contrairement à ce qui s’était passé pendant celle du démocrate Bill Clinton, de 1998 à 1999. Il reste à savoir si cette amélioration sera ou non pérenne.

Procédure politique et non judiciaire, ce procès à l’issue connue d’avance n’a pas été sans enseignements. Il a confirmé l’emprise de Donald Trump sur son parti, ainsi que sur les institutions américaines. La première avait déjà été mise en évidence à la Chambre des représentants, en l’absence de la moindre critique publique contre les actes à l’origine de l’affaire. Mercredi, au Sénat, les votes sur les deux articles de mise en accusation adoptés le 18 décembre 2019 par les seuls démocrates de la Chambre, ont suivi presque parfaitement la ligne de partage entre les deux grands partis, ce qui n’avait pas été le cas en 1999.

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Le seul à rompre les rangs a été le sénateur républicain de l’Utah Mitt Romney, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2012. Ce dernier a en effet jugé Donald Trump coupable d’abus de pouvoir, avant de l’exonérer pour la seconde accusation, celle d’obstruction au Congrès. Dans son explication de vote, il s’est montré impitoyable.

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