Présidentielle américaine : les primaires démocrates démarrent dans la confusion en Iowa – Le Monde

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Le candidat à l’investiture démocrate à la présidentielle Bernie Sanders, à Des Moines, dans l’Iowa, le 3 février.

Le marathon des primaires pour désigner le démocrate qui affrontera Donald Trump à la présidentielle américaine a commencé lundi soir 3 février dans l’Iowa, où Bernie Sanders était favori, mais la soirée a tourné à la confusion.

Après plusieurs heures, le Parti démocrate local a fait savoir qu’il devait procéder à des « contrôles qualitatifs » après avoir découvert des « incohérences » dans le décompte des résultats. Il a annoncé qu’ils seraient publiés plus tard dans la journée de mardi, le temps de vérifier manuellement les données.

« Quand les résultats seront annoncés, j’ai le sentiment que nous allons avoir un très, très beau succès ici, dans l’Iowa », a lancé Bernie Sanders. « Ce jour marque le début de la fin pour Donald Trump », a-t-il martelé.

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« En raison de l’incapacité du Parti démocrate de l’Iowa à publier des résultats ce soir », l’équipe de campagne du sénateur a communiqué ses données portant sur près de 40 % des bureaux de vote. Selon ces chiffres, Bernie Sanders obtient 28,62 % devant Pete Buttigieg (25,71 %) et Elizabeth Warren (18,42 %). L’ancien vice-président Joe Biden n’arrive que quatrième avec 15,08 %, ce qui représenterait une contre-performance pour celui qui est depuis des mois en tête des sondages au niveau national.

Plus tard dans la soirée, l’ex-maire de South Bend (Indiana), Pete Buttigieg, a également paru revendiquer la victoire : « Selon toutes les indications, nous avançons vers le New Hampshire [lieu de la prochaine primaire, le 11 février] victorieux. »

Le Parti démocrate a démenti toute cyberattaque ou irrégularité, alors que dans le camp républicain, certains, à l’instar de Donald Trump Junior, le fils du président, ont aussitôt accusé les dirigeants démocrates de tricherie.

« Longue nuit »

« Nous savons qu’il y a des retards mais nous savons aussi que nous sommes au-delà de nos espérances », a lancé la sénatrice Amy Klobuchar, première candidate à prendre la parole alors que le vainqueur n’était pas encore connu. Comme les autres candidats, elle devait prendre dans la foulée un avion pour le New Hampshire, deuxième Etat à voter, le 11 février.

« Ce sera une longue nuit, mais je suis confiant », a aussi assuré l’ancien vice-président Joe Biden, prédisant un vote « serré ». Il a appelé les organisateurs à « faire très attention » dans la compilation des résultats.

Avant le vote, le sénateur Sanders, battu de peu dans cet Etat par Hillary Clinton en 2016, était en tête dans les sondages dans l’Iowa. Il comptait sur une victoire pour prendre l’ascendant sur Joe Biden, qui domine, lui, la course au niveau national. Suivent, dans les intentions de vote, Pete Buttigieg puis les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar, sur onze candidats encore en lice.

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L’Iowa, petit Etat rural, enneigé en cette période de l’année, lance la saison des primaires depuis les années 1970. Il est important parce qu’il est le premier : le nombre de délégués en jeu est négligeable (ce sont ces délégués qui désigneront in fine le candidat investi), mais un bon résultat ou une contre-performance peut changer la dynamique d’une candidature.

Car au-delà des clivages de programme entre l’aile gauche, représentée par Bernie Sanders et Elizabeth Warren, et un courant plus modéré, porté par Joe Biden, Pete Buttigieg ou encore Amy Klobuchar, la base démocrate espère surtout trouver celui ou celle qui sera le plus à même de battre le président républicain sortant le 3 novembre.

Donald Trump a, lui, remporté d’emblée les caucus républicains dans l’Iowa – une simple formalité. En guise de pied de nez aux démocrates, le milliardaire républicain avait dépêché lundi sur place ses deux fils aînés, Donald Junior et Eric Trump.

L’ombre présidentielle plane d’autant plus sur cette primaire que Donald Trump doit prononcer mardi son discours annuel sur l’état de l’Union avant d’obtenir, mercredi, un acquittement quasi certain lors de son procès en destitution au Sénat.

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