Présidentielle américaine : « Le Covid est à nouveau au centre de la campagne, ce que Donald Trump voulait éviter » – 20 Minutes

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Donald Trump va voir sa campagne électorale bouleversée par son test positif au coronavirus — Carolyn Kaster/AP/SIPA
  • C’est le dernier rebondissement d’une campagne américaine pleine de surprises : Donald Trump vient d’être testé positif au coronavirus ce vendredi.
  • Une nouvelle qui pourrait bien avoir des conséquences sur la dynamique de campagne, à seulement 32 jours des élections.
  • 20 Minutes a interviewé Jean-Eric Branaa, politologue spécialiste des Etats-Unis, sur les bouleversements que ce test positif pourrait impliquer.

Aux Etats-Unis, les Américains appellent cela « la surprise d’octobre ». Chaque élection présidentielle récente est marquée par un événement totalement inattendu qui bouleverse les dernières semaines de la campagne, voire modifie la dynamique des deux camps. En 2000, la révélation d’un contrôle en état d’ivresse de George W. Bush, vingt-six ans plus tôt, en 2004, la diffusion d’une vidéo d’Oussama Ben Laden, en 2012, le passage d’un ouragan. Pour 2020, les derniers jours de campagne seront assurément marqués par le test positif de Donald Trump au coronavirus ce vendredi.

Pour comprendre les conséquences que ce test risque d’avoir sur la fin de campagne, 20 Minutes a interrogé Jean-Eric Branaa, maître de conférences et politologue spécialiste des Etats-Unis.

Le test positif au Covid de Donald Trump est-il une mauvaise nouvelle pour sa campagne présidentielle, à 32 jours de l’élection ?

Le gros problème de Donald Trump, c’est cette pandémie qui aura plombé sa campagne. Non seulement, il n’a pas pu aller sur le terrain et faire ses meetings où il excelle, mais en plus, son bilan et sa gestion de l’épidémie sont critiqués.

Il avait réussi à faire oublier la pandémie dans la campagne présidentielle depuis quelques jours. Lors du débat face à Joe Biden par exemple, tout le monde a retenu la violence du débat, sa médiocrité même, mais de fait, on ne parlait pas du coronavirus.

Or désormais, le Covid est à nouveau au centre de l’actualité. Tout le monde ne parle plus que de ça, toutes les chaînes, tous les Américains, tous les médias. Même Fox News faisait ce matin un débat sur « quel est le meilleur masque pour se protéger ? », alors que c’est une chaîne qui a eu tendance à minimiser l’impact du coronavirus.

On a coutume de dire que les Républicains ne croient pas en cette maladie tant qu’ils ne sont pas touchés. Eh bien là, tous les Républicains voient un proche être touché, et pas n’importe lequel : leur leader. C’est donc un véritable choc. Au niveau médiatique du coronavirus, on est revenu au niveau des mois de mars/avril et la conversation que Donald Trump ne voulait surtout pas avoir dans cette campagne est redevenue LA conversation immanquable.

On a vu par le passé que certains dirigeants testés positifs, comme Boris Johnson ou Jair Bolsonaro, avaient bénéficié d’une hausse de popularité après être tombés malade. Un tel scénario est-il possible pour Donald Trump ?

Il ne faut rien exclure bien sûr, mais il faut tempérer ces comparaisons. Les exemples cités ont eu lieu en début de pandémie, la peur était encore plus extrême qu’actuellement où les craintes ne sont plus les mêmes, ce qui a pu fortifier l’empathie pour les leaders malades. Ensuite – et surtout –, Donald Trump est testé positif à 32 jours d’une élection présidentielle, et si les Américains lui présenteront peut-être des amabilités pour sa maladie, il y a un fossé entre cette empathie et un changement d’intention de vote. Cela me paraît difficile d’imaginer un impact au niveau des votes sur la seule base de sa maladie.

S’il s’en remet promptement, comme Jair Bolsonaro, cela pourrait-il lui être bénéfique ?

Rien n’est exclu et tout va se décider dans les six jours de quarantaine qui viennent et sur l’évolution de la maladie sur sa personne. L’instrumentalisation de sa guérison est effectivement une hypothèse envisageable, mais on ne peut prévoir l’inconnu, et il faut être pragmatique : Donald Trump a 74 ans et un surpoids prononcé, il est une population à double risque, absolument rien n’indique qu’il s’en remettra sans aucun souci de santé.

Au contraire, s’il tombait gravement malade, l’élection pourrait-elle être reportée ?

En aucun cas, l’élection est fixée par une loi du congrès comme ayant lieu le premier mardi après le début du mois de novembre, soit pour 2020, le 3 novembre. Rien ne changera cette date. Même si Donald Trump venait à mourir, il y aurait une élection ce jour-là.

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