Présidentielle américaine : Joe Biden peut-il encore perdre ? – Le Parisien

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Pour changer la trajectoire de la course à la Maison Blanche, il aurait fallu que le président Trump remporte nettement le 2e et dernier débat jeudi soir à Nashville (Tennessee). De l’avis général, il n’en a rien été et sa réélection semble désormais bien compromise.

Vraiment? Personne ici n’a oublié le gigantesque fiasco de 2016 lorsque les sondages unanimes donnaient Hillary Clinton largement gagnante. Alors, à un peu plus d’une semaine de la présidentielle, et alors que 50 millions d’Américains, un record, ont déjà voté notamment par correspondance, le camp de Joe Biden exhorte ses partisans à redoubler d’efforts. Au premier rang d’entre eux, l’ex-président Obama, interviendra ce week-end en Floride, un des Etats-clés de l’élection, l’un des plus pourvoyeurs en grands électeurs. « Nous pouvons encore perdre », a alerté il y a quelques jours la directrice de campagne de Biden dans un e-mail interne à ses équipes.

La situation peut-elle changer ? En affirmant qu’il voulait « se détourner progressivement de l’industrie pétrolière » parce qu’elle « pollue considérablement », le candidat démocrate a pris un risque inattendu, dans des Etats contestés comme le Texas, et surtout en Pennsylvanie, un Etat capital où le secteur du pétrole de schiste est un gros employeur. Trump a bondi sur l’occasion : « Il détruit l’industrie pétrolière. Est-ce que vous vous en souviendrez au Texas ? Est-ce que vous en souviendrez en Pennsylvanie, en Oklahoma, en Ohio ? »

Les inscriptions côté Trump progressent nettement dans certains Etats

Normal que, à l’image de T.J. Rooney, l’ancien président du parti démocrate en Pennsylvanie, les partisans de Biden s’alarment. « Je ne ferme pas l’œil de la nuit », angoisse-t-il. Au-delà des sondages qui risquent de se tromper… et se resserrent un peu, au-delà d’un Trump pugnace qui multiplie les meetings et n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il a le dos au mur, les démocrates ont de nombreuses raisons de se faire du mauvais sang.

Le mois dernier, alors que l’économie américaine a été durement frappée par la pandémie de Covid-19, 53 % des Américains estimaient que Trump gérait bien le secteur. Plus préoccupant encore pour Biden, fin septembre, 56 % des Américains jugeaient que leur situation était meilleure qu’il y a quatre ans, avant l’élection de Trump. Obama recueillait 45 % de réponses positives seulement, avant d’être réélu… George W Bush, 47 % avant de rempiler lui aussi à la Maison Blanche… Trump a probablement raison lorsqu’il assure que s’il n’y avait pas eu la pandémie, il aurait été réélu dans un fauteuil.

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Autre problème pour les démocrates, les troupes de Trump sont particulièrement motivées. En Pennsylvanie et en Floride, par exemple, deux Etats pivots que Trump avait remportés de justesse contre Clinton, les inscriptions côté républicains progressent nettement plus que celles des démocrates. Le faible enthousiasme des supporters de Biden risque de lui poser des problèmes. Le Washington Post relève un exemple frappant de cette apathie : 68 % seulement des jeunes Noirs américains affirment qu’ils vont voter pour Biden… soit 17 points de moins que pour Hillary Clinton il y a quatre ans.

Dans la dernière ligne droite, et alors que les campagnes inondent les ondes de publicités télévisées dans les Etats les plus décisifs pour le 3 novembre, le camp Biden peut se réjouir d’avoir plus de 100 millions de dollars dans ses coffres, et de finir – l’onéreuse – course en beauté. Mais même cet avantage peut se révéler précaire. La semaine dernière, Sheldon Adelson, un des magnats des casinos de Las Vegas, a signé un chèque de 75 millions de dollars pour la campagne du président… Jusqu’au bout, les dix prochains jours seront âpres.

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