Présidentielle américaine, J − 45 : la mort de Ruth Bader Ginsburg bouleverse la campagne – Le Monde

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A la faveur de la convention démocrate, qui a intronisé Joe Biden candidat de son parti pour l’élection présidentielle du 3 novembre, Le Monde a relancé son carnet de bord de la campagne. Un point quotidien, avec les faits de campagne, les publicités politiques, les sondages, les cartes et les chiffres qui permettent de suivre et de vivre la plus importante compétition électorale du monde.

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Rassemblement en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg sur les marches de l’immeuble de la Cour suprême, à Washington, le 18 septembre.

La mort de la juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg à l’âge de 87 ans, vendredi 18 septembre, emporté par un cancer du pancréas, était redoutée depuis des mois par le camp démocrate qui retenait son souffle à chaque hospitalisation de la doyenne progressiste de la plus haute instance juridique du pays. Donald Trump avait fait de cette perspective un argument de campagne en assurant il y a dix jours, pour mobiliser sa base, que sa réélection permettrait de modifier en profondeur ses équilibres, les deux juges les plus âgés ayant été nommés par Bill Clinton, il y a un quart de siècle. Cinq de ces juges nommés à vie ont été choisis par des présidents républicains, les quatre autres par des démocrates.

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L’annonce du décès de cette figure de la lutte pour les droits des femmes, devenue une icône à gauche, a plongé une partie du pays dans la consternation pendant que l’autre exultait à la perspective d’ancrer la Cour suprême encore plus à droite. Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell (Kentucky), maître de l’ordre du jour, a lancé les hostilités aussitôt la nouvelle connue. « Nous avons promis de travailler avec le président [Donald] Trump et de soutenir son programme, notamment ses choix remarquables pour les postes de juges fédéraux. Une nouvelle fois, nous tiendrons notre promesse. Le candidat du président Trump aura droit à un vote dans l’enceinte du Sénat des Etats-Unis », a-t-il assuré dans un communiqué.

Cette perspective va électriser la campagne présidentielle. Jamais dans l’histoire américaine un juge promis à une telle fonction n’a été nommé aussi près d’une élection à la fonction suprême. Le dernier précédent, la mort brutale du juge conservateur Antonin Scalia, en février 2016, avait entraîné une tout autre réaction du même Mitch McConnell. Parce que le président était alors démocrate, Barack Obama, il avait estimé, qu’à huit mois du terme de son second mandat, ce dernier était dépourvu de la légitimité nécessaire. Sans le moindre état d’âme, Mitch McConnell envisage désormais de passer outre les dernières volontés de Ruth Bader Ginsburg. « Mon vœu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu’un nouveau président n’aura pas prêté serment », aurait confié la juge à sa petite-fille Clara Spera, selon une proche, journaliste à la radio publique NPR. Une majorité conservatrice renforcée pourrait relancer la guerre républicaine contre le droit à l’avortement à laquelle cette militante des droits des femmes s’est toujours opposée.

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