Présidentielle américaine : Donald Trump, de plus en plus seul dans son monde – Le Parisien

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Ce dimanche 8 novembre au matin, au lendemain de l’annonce de la victoire de son rival démocrate Joe Biden, Donald Trump est reparti profiter des températures estivales pour aller jouer au golf à Sterling, en Virginie. Le président sortant continue d’évoquer des fraudes massives et promet de contester les résultats de la présidentielle américaine devant les tribunaux.

« Depuis quand est-ce que ce sont les médias qui devraient décider du vainqueur de l’élection ? » a-t-il demandé dans l’un de ses nombreux tweets. Dès lundi, ses avocats lanceront toute une série de procédures judiciaires en Pennsylvanie, en Arizona et en Géorgie en priorité. Mais combien de temps Donald Trump pourra-t-il compter sur le soutien de son parti ?

Dimanche, l’ancien président républicain George W. Bush a téléphoné à Joe Biden et à sa colistière Kamala Harris pour les féliciter tous les deux de leur victoire dans une élection « honnête ». Soulignant la participation record au scrutin, « W » a ajouté : « Les Américains peuvent avoir confiance dans cette élection dont l’intégrité sera confirmée et dont le résultat est clair. »

Un énorme prestige auprès de la base

Cette intervention, d’autant plus remarquable que l’ancien locataire de la Maison-Blanche s’était maintenu à l’écart de la campagne, a jeté un pavé dans la mare. Une autre personnalité du parti, le sénateur Mitt Romney, candidat malheureux face à Barack Obama il y a huit ans, lui a fait écho : « Il est faux de dire que cette élection est frauduleuse, corrompue et volée, a-t-il dit. Ces critiques endommagent la cause de la liberté ici et dans le monde entier. »

Le monde, justement. Les messages de félicitations à Biden continuent d’affluer de toute la planète : même l’Arabie saoudite, alliée de marque de Trump, l’a congratulé dimanche. C’est dire l’isolement dans lequel s’enfonce le président sortant.

VIDÉO. 7 novembre 2020, le jour où Joe Biden est devenu Président des Etats-Unis

C’est pourquoi certains médias américains croyaient savoir que Melania, l’épouse du président, et Jared Kushner, son gendre, qui est aussi un de ses principaux conseillers, essaient de le convaincre d’accepter sa défaite. Peine perdue, apparemment, pour l’heure. L’effritement du soutien à Trump est visible, mais il serait prématuré de penser qu’il est isolé au sein d’un parti qu’il était, jusqu’à son échec au scrutin du 3 novembre, en train de transformer à son image.

Quelques caciques républicains, comme son avocat Rudolph Giuliani, ex-maire de New York, ou Newt Gingrich, ex-président de la chambre des Représentants, l’encouragent à se battre (Gingrich a même invoqué le rôle de spécialistes algorithmiques chinois qui censureraient les propos du président sur Facebook…).

Mais la plupart des sénateurs du parti maintiennent un silence prudent. Ils savent que Trump jouit d’un énorme prestige auprès de l’électeur républicain de base et craignent encore son courroux…

Le président-élu s’attaque aux dossiers brûlants

Pendant ce temps, Joe Biden s’est lancé comme une locomotive vers la Maison-Blanche. Soucieux de rassembler une Amérique fracturée comme jamais dans l’histoire récente, il ne semble prêter aucune attention à Donald Trump et se focalise sur les énormes chantiers qui l’attendent. Après être allé à la messe dans son fief de Wilmington dans le Delaware, il a passé la journée de dimanche à mettre en place une cellule de transition chargée de gérer les dossiers brûlants avec l’équipe de Trump.

Prêt à gouverner à coups de décrets rapides, le président-élu a identifié quatre priorités pour le 21 janvier, date de son entrée en fonction : le rétablissement économique, la justice raciale, le changement climatique et, priorité absolue, la lutte contre le Covid-19, comme il l’a martelé dans son discours de victoire samedi soir. Alors que la pandémie fait rage aux Etats-Unis, dès lundi, il créera une cellule de travail sur le coronavirus composé de scientifiques, d’agents sociaux et de personnalités élues. Objectifs : une loi-cadre pour financer une campagne nationale de tests et la fabrication, aux Etats-Unis même, de produits et équipements médicaux, et obliger le port du masque dans les établissements fédéraux, entre autres.

La future administration Biden prévoit aussi d’annuler le retrait des Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la santé. Elle prépare également, selon le Washington Post, un ambitieux plan de relance de l’économie, de 700 milliards de dollars (589 milliards d’euros)…

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