Présidentielle américaine : après Donald, la dynastie Trump se prépare – Le Parisien

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Donald Trump n’est pas le seul à s’accrocher désespérément au « Resolute desk », le fameux bureau présidentiel à la Maison Blanche. Ses deux grands fils, Don junior, 42 ans, et Eric, 36 ans, livrent toujours une bataille acharnée, à coups de recours en justice et de tweets propagateurs de fake news, pour démonter une élection « frauduleuse » aux yeux du clan familial.

Quant à sa fille Ivanka, 39 ans, elle balance certes des tweets pour exiger que l’on compte « les bulletins légaux et pas ceux illégaux », mais le cœur n’y semble plus vraiment. Comme si la « Haute conseillère du président des Etats-Unis » (son titre officiel) se rangeait sans oser le dire à l’avis de son mari Jared Kushner et de sa belle-mère Melania, qui soufflent à l’oreille de Donald Trump de lâcher l’affaire, plutôt que de s’obstiner dans une guérilla judiciaire au risque de détériorer davantage encore son image.

Dans une Amérique qui adore les dynasties au pouvoir, de la saga Kennedy aux présidents Bush père et fils – qui s’appelaient mutuellement « 41 » et « 43 », leurs rangs chronologiques respectifs à la Maison Blanche –, sans oublier le couple Bill et Hillary Clinton, les rejetons Trump, tous placés à des postes de commande de « The Trump Organization », pourraient-ils reprendre le flambeau, à condition bien sûr de passer à travers de possibles procès qui menacent désormais l’empire familial? « Ils en ont certainement envie, estime l’historienne spécialiste des Etats-Unis Nichole Bacharan (autrice avec Dominique Simonnet, de First Ladies, ed Tempus, sept 2020). Donald Trump lui-même rêve d’une dynastie politique, a souvent répété qu’ Ivanka, la préférée de ses enfants, ferait une formidable présidente. »

À Washington, l’heure a beau être à la délicate transition Trump-Biden au sommet du pouvoir, l’avenir de cette incroyable famille intéresse les quelque 71 millions d’Américains – record pour un président sortant – qui ont voté pour Donald Trump et lui restent attachés.

Le potentiel de Donald Junior et Eric

Ivanka, qui a la politique dans la peau, n’a aucune envie de retourner à ses activités de patronne de sa marque de chaussures. Selon son biographe américain Michael Wolff, elle aurait même passé un pacte avec son mari Jared – lui aussi conseiller de Trump, pour qui il a effectué nombre de missions diplomatiques – afin de se présenter avant lui à l’élection présidentielle. Pendant la campagne, elle a levé à elle seule 35 millions de dollars au profit de son père, et avait pour mission de séduire les mères de famille de banlieue. « Mais cette mondaine, naguère coqueluche des élites démocrates new-yorkaises, a abîmé son image avec ce mandat, juge Nicole Bacharan. En outre, c’est une piètre oratrice. »

Le médiatique Don junior, barbe de baroudeur soigneusement entretenue, sait lui haranguer les foules. Dans le style de son père, comme l’a constaté le Parisien-Aujourd’hui en France lors d’un meeting à Gettysburg (Pennsylvanie). Sur un site boueux de vente aux enchères de pelleteuses et camions, face à des partisans trumpistes en treillis militaire ou tenue de chasse, il défendait avec verve le second amendement sur la possession et le port d’armes, raillait la « sénilité » de Joe Biden et tapait sur ces « conn..ds » de journalistes ! « Il a l’étoffe d’un futur candidat, c’est Donnie qu’il nous faudra demain », nous confiait un militant républicain conquis.

VIDÉO. «On ne veut pas qu’il reconnaisse sa défaite», persistent des électeurs de Trump

Son frère Eric n’est pas en reste. Cet homme d’affaires sans scrupule, familier lui aussi des talk-shows à la télé, mène avec l’ex-maire de New York Rudy Giuliani l’escouade de quelque 400 avocats parmi les plus talentueux et roués du pays pour contester en justice la régularité du scrutin. Cible prioritaire, les bulletins envoyés tardivement par la poste, par centaines de milliers. Mais ni les cours des Etats ni la Cour suprême fédérale n’ont pour l’instant donné de suite vraiment favorable à leurs recours, or la bagarre sur tapis vert commence à coûter très, très cher. Comme son père, Eric Trump utilise aussi l’arme de Twitter et autres réseaux sociaux, où il a notamment relayé une vidéo montrant – soi-disant – un assesseur d’un bureau de vote démocrate brûlant des bulletins pro-Trump!

Les deux frères sont populaires chez les uns, haïs chez les autres, incarnent le sens du show et du contact de papa Donald. « Ils peuvent envisager de se présenter à la Chambre des représentants (députés) aux prochaines midterms dans deux ans, par exemple dans le fief familial de Floride », reprend Nicole Bacharan. On voit mal le Grand Old Party (parti républicain) leur faire barrage. L’Amérique n’en a donc vraisemblablement pas fini avec la dynastie Trump. Une personne devrait manquer au tableau : Melania, l’épouse de Donald, qui n’a qu’une hâte, fuir la Maison Blanche…

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