Présidentielle américaine : 4 questions sur le “Super Tuesday” – RTL.fr

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Ce n’est pas tout à fait un mardi comme les autres. Tous les quatre ans, un jour plus particulier du calendrier électoral américain voit se faire et se défaire les ambitions présidentielles. En brillant lors du “Super Tuesday”, les prétendants peuvent déjà rêver sérieusement de la Maison Blanche…

Temps fort de la vie politique américaine, cette journée représente un coup d’accélérateur dans la dynamique de la campagne ou bien un arrêt brutal des financements. En 2008, Barack Obama s’y était révélé. En 2016, c’est Donald Trump et Hillary Clinton, les deux futurs adversaires, qui avaient remporté l’épreuve. 

Cette année, quatorze États vont voter le même jour pour départager une rivalité qui se joue surtout côté démocrate. Et un État sera plus particulièrement à surveiller : la Californie. Dès lors, celui qui remportera le maximum de suffrages sous son nom au “Super Tuesday” a de grandes chances d’être investi candidat en juillet. 

1. D’où vient la tradition du “Super Tuesday” ?

Après la primaire (élection d’un délégué national lors d’un vote) et les caucus (élection d’un délégué lors d’une réunion), le “Super Tuesday” est apparu en 1988 dans la vie politique américaine. Cette année-là, plusieurs États démocrates du Sud avaient fait le choix de voter le même jour. 

Depuis, ce “super-mardi'” donne un coup de fouet électoral aux gagnants, qui prennent alors un élan dans les sondages et les dons financiers, en vue de mener la course en tête avant l’investiture. 

En 1992, ce vote de grande ampleur avait permis à Bill Clinton de revenir dans la course à l’investiture démocrate après des premières primaires décevantes. En 2012, le “Super Tuesday” n’avait concerné que le camp républicain. Barack Obama était le seul candidat à la présidentielle côté démocrate. 

Enfin, en 2016, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump étaient largement arrivés en tête, avant d’être investis par leurs partis respectifs pour s’affronter dans la dernière droite avant la Maison Blanche. C’est dire si ce jour est capital dans la campagne présidentielle américaine. 

2. Quels États voteront ce mardi 3 mars ?

Quatorze états, cumulant au total 1.357 délégués, voteront ainsi le 3 mars. Il s’agit de la Californie (415 délégués),  Texas (228),  Caroline du Nord (110),  Virginie (99),  Massachusetts (91),  Minnesota (75),  Colorado (67),  Tennessee (64),  Alabama (52),  Oklahoma (37),  Arkansas (31),  Utah (29),  Maine (24),  Vermont (16),  ainsi que les Démocrates de l’étranger (13) et les Samoa américaines (6). 

Et un État est à surveiller plus particulièrement : la Californie, qui détient le plus important nombre de délégués. Très progressiste, le “Golden State” a décidé de revenir au cœur du combat en 2020.  Il y a quatre ans, l’État américain le plus peuplé avait organisé sa primaire démocrate en juin, quand les jeux étaient faits depuis longtemps. Cette année, la Californie a délibérément avancé le scrutin au 3 mars et compte bien peser de tout son poids en ce moment crucial de la campagne. 

3. Quels sont les chances des candidats ?

Côté républicain, les primaires ne sont qu’une simple formalité pour Donald Trump, qui a recueilli jusqu’à présent tous les votes des délégués sauf un, obtenu par le seul républicain à lui tenir encore tête. C’est donc bien vers les démocrates que tous les regards convergeront mardi 3 mars. Car plusieurs prétendants à la Maison Blanche peuvent encore grandement bénéficier du “Super Tuesday'” : 

Bernie Sanders – Sous le feu de ses rivaux lors du dernier débat démocrate mardi 25 février à Charleston, en raison de ses anciens flirts avec des régimes communistes, Bernie Sanders, 78 ans, demeure le grand favori de la course à l’investiture du parti. Le sénateur indépendant du Vermont, qui est en tête des sondages nationaux avec 29,5% des intentions de vote, reste très bien placé pour le scrutin décisif du “Super Tuesday”. 

Joe Biden – Relancé par sa nette victoire à la primaire de Caroline du Sud samedi, l’ancien vice-président s’est plus que jamais posé en alternative à Bernie Sanders.“Ça marque le début d’un come-back”, a affirmé le septuagénaire qui fut longtemps le super favori. Dans cette dynamique renaissante, il pourra bénéficier du retrait surprise du jeune candidat modéré Pete Buttigieg, dont le report de voix devrait lui être favorable.

Michael Bloomberg –  Le milliardaire, 78 ans, se positionne en troisième dans les sondages nationaux, après avoir inondé le pays de publicités, puisant plus de 500 millions de dollars dans sa fortune personnelle pour financer sa campagne. Mais l’image bien lisse projetée dans ses spots de campagne a été craquelée après ses prestations en demi-teinte lors des deux débats auxquels il a pris part. L’ancien maire de New-York demeure un concurrent solide pour le vote du “Super Tuesday”.

Elizabeth Warren – Un temps favorite des primaires démocrates, Elizabeth Warren, 70 ans, dont le programme est très à gauche, voit son horizon obstrué par les bonnes performances de Bernie Sanders, “socialiste” autoproclamé. Féroce dans les débats publics, la sénatrice progressiste est à la traîne dans les sondages et en situation très périlleuse après trois mauvais résultats aux primaires démocrates. 

4. Et après le “Super Tuesday” ?

Du 13 au 16 juillet : convention démocrate. Après plus d’un an d’une campagne intense entre un nombre record de prétendants qui ont affiché une diversité inédite, le parti démocrate désignera son ou sa candidat(e) à la présidentielle américaine dans la ville de Milwaukee, dans le Wisconsin, un État du Midwest qui avait donné un avantage décisif à Donald Trump en 2016. 

Du 24 au 27 août : convention républicaine. Déjà fort du soutien officiel du parti républicain et très populaire auprès de la base, le président sortant Donald Trump devrait être désigné candidat à sa réélection. La convention se tiendra dans la ville de Charlotte, en Caroline du Nord, État remporté par Hillary Clinton en 2016.

29 septembre : premier débat présidentiel. Les candidats républicain et démocrate s’affronteront sur un plateau de télévision pour la première fois avant deux autres débats les 15 et 22 octobre. Les candidats à la vice-présidence débattront le 7 octobre.

3 novembre 2020 : élection présidentielle. Le mardi 3 novembre 2020, des millions d’électeurs américains se rendront aux urnes pour voter pour les “grands électeurs” et ainsi choisir le prochain locataire de la Maison Blanche. Les 538 délégués du collège électoral entérineront ensuite officiellement le score de l’élection au mois de janvier 2021. 

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