Présidentielle 2022: Xavier Bertrand accélère pour écraser le match – Le Figaro

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Officiellement candidat, le président des Hauts-de-France veut multiplier les prises de parole dans les prochaines semaines pour s’imposer à droite.

Occuper le terrain et s’adapter aux circonstances. Imposer sa candidature et compliquer celle des autres… En se déclarant officiellement candidat à la présidentielle de 2022 dans une interview au Point «une énième fois», raillent ses opposants -, Xavier Bertrand a suivi à la lettre un des préceptes de L’Art de la guerre de Sun Tzu: résoudre les difficultés avant qu’elles ne surviennent.

Alors que les sondages prévoient un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, que la crise sanitaire étouffe le débat politique, que Les Républicains réfléchissent à organiser une primaire et qu’Édouard Philippe s’apprête à reprendre la parole à l’occasion de la sortie de son livre, Xavier Bertrand a choisi de passer à l’offensive pour s’adresser «à tous les Français».

Le candidat compte désormais multiplier les prises de parole pour présenter sa vision et son projet autour de quelques grands axes, comme «le travail», «la restauration de l’autorité», «l’intransigeance sur nos principes et nos valeurs» ou encore «la République des territoires» pour rapprocher l’action publique des citoyens. «Il ne restera plus des semaines sans parler et, à partir d’avril, il parlera tout le temps», précise son entourage. Prochaine étape, dimanche, avec «Le Grand Rendez-Vous Europe 1-CNews-Les Échos». Avec l’objectif, pour Xavier Bertrand, de rendre irréversible sa candidature et de consolider son socle électoral au moment où la droite cherche une incarnation pour 2022.

Les régionales, «sa primaire à lui»

Ces dernières semaines, après l’interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro , les inquiétudes se sont multipliées au sein des Républicains: et si l’ex-président décidait de s’allier à Emmanuel Macron? En réaction, les candidats à la présidentielle, déclarés ou en embuscade, ont voulu empêcher de voir le jeu se refermer dès le premier tour. Valérie Pécresse et Bruno Retailleau se sont donné rendez-vous mi-mars pour défendre l’idée d’une primaire ouverte. Le patron des sénateurs LR et Laurent Wauquiez, qui se parlaient mardi pour la première fois depuis près de deux ans, ont exprimé leur détermination à «ne pas laisser la droite sans candidat».

Xavier Bertrand n’acceptera jamais une primaire. C’est suicidaire pour lui

Un député LR qui le soutient

Voyant ses amis avancer leurs pions, soutenus par le président du Sénat, Gérard Larcher, qui travaille depuis des mois à un «système de départage» à l’automne, Xavier Bertrand a donc voulu les prendre de court. «Il a compris qu’il fallait accélérer. C’était le bon moment pour le faire, confie un de ses proches. Il a beaucoup étudié toutes les candidatures à la présidentielle, celle de Chirac face à Balladur, de Sarkozy face à son camp. Pour ne pas être cerné, Bertrand passe à l’offensive.» «Xavier Bertrand n’acceptera jamais une primaire. C’est suicidaire pour lui», ajoute un député LR qui le soutient, car nombre d’élus comme de militants continuent de lui reprocher d’avoir quitté le parti, en 2017. «Je ne souhaite plus m’inscrire dans la logique d’un seul parti. Je ne participerai pas à une primaire. Je respecte celles et ceux qui ont une démarche différente, et je travaillerai avec tous», explique Xavier Bertrand.

Le président des Hauts-de-France, qui a toujours conditionné sa candidature en 2022 à une victoire aux régionales – «(sa) primaire» à lui – a aussi voulu adresser une carte postale à Emmanuel Macron. Dimanche, le Conseil scientifique doit rendre au gouvernement son rapport sur la tenue (ou non) des élections régionales et départementales prévues les 13 et 20 juin. Alors qu’une partie de l’opposition soupçonne l’exécutif de vouloir reporter le scrutin pour des raisons de tactique politicienne, en «éliminant» plusieurs candidats de droite de la présidentielle – Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez -, le président des Hauts-de-France a voulu «éviter le piège», glisse un député LR. Et décorréler ces deux agendas.

Face au duel annoncé par les sondages entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, Xavier Bertrand veut rendre crédible l’hypothèse d’une troisième voie pour «une France fière, redressée et réconciliée». Si l’ancien ministre se revendique de «la droite sociale», il défend une politique ferme en matière de politique régalienne. Manière de répondre à ceux qui, à LR, le jugeaient jusque-là trop «mou» ou trop «tendre» en matière d’immigration et d’identité. Sur le plan économique, Xavier Bertrand s’engage à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires, à relever l’âge de départ à la retraite à 64 ans, puis 65 ans, et à rembourser la dette. «À la tête de l’État, comme à la tête d’une famille, il faut être sérieux, appuie Xavier Bertand dans Le Point. Une dette, ça se rembourse. (…) Tous ceux qui nous expliquent qu’il faut l’effacer et continuer à vivre au-dessus de nos moyens sont de dangereux menteurs», précise-t-il. L’occasion de rappeler sa différence avec Arnaud Montebourg, qui plaide, lui, pour l’annulation de la dette liée à la crise du Covid, «et de refermer la parenthèse» entre les deux hommes, glisse un proche. Nombre d’électeurs de droite s’étaient montrés surpris de voir les deux anciens ministres se rendre mutuellement hommage dans les médias, en début d’année.

Dans ce marathon de treize mois qui s’ouvre avant l’élection présidentielle, Xavier Bertrand va devoir désormais faire rêver l’ensemble de sa famille politique et susciter l’engouement des élus comme des électeurs. Le candidat en a conscience. Face à un électorat de droite en demande d’incarnation et en quête de victoire, le président des Hauts-de-France sait qu’il lui faut encore franchir de nombreuses haies. «Je suis totalement déterminé», martèle-t-il.

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