Présidentielle 2022 : les Républicains présentent leur « projet pour la France » – lemonde.fr

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A défaut de meneur, un programme. Les Républicains (LR), toujours en quête de candidat, ont dévoilé, samedi 4 septembre lors des universités d’été au Parc floral de Paris, leur « projet pour la France » en vue de la présidentielle de 2022, avec trente propositions articulées autour des axes « protéger, libérer, rassembler ».

« On est sur la dernière ligne droite » avant la présidentielle, a lancé le président de LR Christian Jacob, certain que la droite est en mesure de l’emporter après dix ans dans l’opposition. Plus de 1 500 personnes étaient inscrites pour ces universités d’été, deuxième édition pour le mouvement des jeunes de LR qui revendique plus de 10 000 membres.

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Selon Christian Jacob, interrogé par le Figaro vendredi, ce « projet d’alternance », document d’une quarantaine de pages conçu après « plus de 200 réunions », vise aussi à « moins d’impôts, moins de dépenses, moins de dette », et balaie « tous les enjeux majeurs pour notre pays ».

Trente propositions

En matière de police, le projet s’attaque au cas des récidivistes avec la suspension des allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants récidivistes et l’instauration de peines minimales pour les récidivistes et/ou quand la victime est force de l’ordre. Il prévoit aussi de lancer un plan de 25 milliards d’euros sur cinq ans pour les forces de l’ordre et la création de 20 000 places de prison. En plus, ce programme porte à 3 milliards d’euros le budget de la justice.

Concernant les retraites, le parti veut notamment porter progressivement l’âge de départ à 65 ans et mettre fin aux régimes spéciaux.

De nombreuses mesures en termes de fiscalité sont abordées dans ce plan : diviser par deux les impôts de production, permettre aux entreprises de fixer le temps de travail, exonérer de charges sociales pendant six mois le premier emploi d’un jeune, exiger le remboursement des aides publiques aux entreprises qui délocalisent…

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Sur l’environnement, c’est un retour en arrière avec l’arrêt des fermetures des centrales nucléaires, le prolongement de la durée de vie des réacteurs jusqu’à 60 ans, ainsi que l’arrêt des subventions des secteurs éolien et solaire. LR souhaite lancer un plan hydrogène de 11 milliards d’euros (d’ici 2040) pour faire de la France le leader mondial.

Autre investissement majeur annoncé (sur la santé) : le lancement d’un plan Alzheimer de 1,6 milliard d’euros sur 5 ans. Le programme de LR compte aussi mettre fin au collège unique et permettre l’apprentissage dès 14 ans, mais aussi instaurer un service à la nation obligatoire d’au moins quatre mois.

Afin d’« éradiquer l’islamisme », les Républicains veulent fermer les mosquées radicalisées et inscrire dans la Constitution un « état de nécessité antiterroriste ». Un plafond annuel d’immigration serait également inscrit dans la Constitution. En outre, leur programme en matière d’immigration interdit les régularisations en cas d’entrée irrégulière et conditionne les aides sociales à cinq années de cotisations.

Un sujet sur lequel Valérie Pécresse a fait des annonces dans le Journal du Dimanche. La patronne de la région Île-de-France à l’ambition présidentielle promet de faciliter l’expulsion des islamistes étrangers, d’utiliser « une incrimination qui existe dans le code pénal : l’intelligence avec l’ennemi », d’exiger un serment de respect des valeurs de la République dans les fonctions publiques et de « pénaliser » les contraintes visant à forcer des femmes ou de jeunes filles à porter un voile, qui « n’est pas un vêtement comme un autre ».

En quête d’un candidat

« Chaque candidat a la liberté de présenter son projet. Mais il est bien évident que Les Républicains se tourneront vers celui qui reprendra le plus [le nôtre]», a assuré Christian Jacob. « La préoccupation des Français est de savoir notre capacité à gagner l’élection. » « Ils ne s’intéressent pas à la primaire », abonde le secrétaire général du parti Aurélien Pradié.

La direction des Républicains est très réticente à organiser une primaire, synonyme selon elle de divisions, et Christian Jacob a répété cette semaine que ce serait aux militants de décider sur la méthode, avec un congrès prévu le 25 septembre.

Très sollicités par les médias, trois candidats ayant accepté le principe d’un départage étaient invités à ces tables rondes : Michel Barnier, Eric Ciotti et Philippe Juvin. Mais c’est l’arrivée de la quatrième prétendante éventuelle, Valérie Pécresse, qui a été la plus animée en début de soirée : la présidente de l’Ile-de-France, qui a pourtant quitté LR en 2019, a suscité un attroupement lorsqu’elle a déambulé, aux côtés de Christian Jacob.

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Lui aussi dissident de LR, Xavier Bertrand est le mieux placé dans les sondages, même si son avantage sur Valérie Pécresse se réduit – un sondage samedi lui donnait, en fonction d’une candidature d’Eric Zemmour, entre 15 à 17 % des suffrages, contre 14 à 16 % à sa rivale (et 11 à 13 % pour Michel Barnier).

Mais Xavier Bertrand compte se lancer dans la course à l’Elysée sans passer par la primaire – une méthode mal digérée par les jeunes militants, très attachés à la fidélité au parti. « C’est une honte », estime Alya, 19 ans. « Il se fait passer pour le candidat naturel, mais il ne l’est pas ». « Il se prend pour le Messie », ajoute son voisin tout aussi remonté. « Xavier Bertrand, la base ne suit pas », assure Thomas, 21 ans, qui estime inévitable d’en passer par la primaire car « personne ne se dégage ».

Le Monde avec AFP

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