Présidentielle 2022 : le jeu « ambigu » d’Edouard Philippe agace les macronistes – Le Monde

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Le maire du Havre (Seine-Maritime) et ex-premier ministre, Edouard Philippe, sur le plateau de France 2, le 4 avril.

Il ne « souhaite pas l’échec » d’Emmanuel Macron, mais place ses pions, ses tours, ses fous… Depuis qu’il a commencé la campagne de promotion de son livre, Impressions et lignes claires (JC Lattès, 378 p., 21,90 euros), écrit avec son ancien conseiller Gilles Boyer, Edouard Philippe se dit « extrêmement » loyal à l’égard du président de la République et en même temps « complètement » libre.

L’ancien premier ministre profite de chacune de ses interventions médiatiques – du Point à France 2, en passant par France Inter et Le Figaro – pour esquisser son ambition présidentielle, dans un numéro plein d’ambiguïtés et de sous-entendus. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler une partie jouée il y a cinq ans par un certain Emmanuel Macron, qui avait multiplié les piques à l’égard de François Hollande avant de contribuer à empêcher sa candidature en se présentant contre lui. « Edouard Philippe peut être le Emmanuel Macron… d’Emmanuel Macron ! Il est en campagne », prévient le député (ex-La République en marche, LRM) du Val-d’Oise, Aurélien Taché.

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En théorie, les macronistes peuvent difficilement reprocher à leur ancien chef de gouvernement une déclaration en dehors des clous. « J’ai été d’une loyauté que je crois absolue à l’égard du président de la République. Je l’ai dit, je le redis, je le réitère », a d’ailleurs rappelé le maire du Havre (Seine-Maritime), dimanche 4 avril, au journal de 20 heures de France 2. Mais le passé est le passé. Désormais, le quinquagénaire se veut d’« une très grande liberté de ton et de pensée ». « Je veux me servir de cette liberté pour essayer de faire vivre un débat que je crois indispensable à mon pays », ajoute-t-il.

Interrogé sur une phrase qu’il aurait tenue en privé à propos de l’élection présidentielle de 2022 – « Je ne serai pas candidat, sauf si peut-être Emmanuel Macron ne l’était pas » –, le juppéiste a mollement esquivé : « Je suis pas sûr de l’avoir dit publiquement. » M. Philippe, par ailleurs, profite de cette phase d’exposition pour instruire en creux un procès en pusillanimité contre l’exécutif. Retraites, taxe carbone, 80 km/h, réduction des déficits… Sur France 2, il a opposé sa « fermeté » dans les réformes à la « rondeur » de Jean Castex.

« Syndrome du pourquoi pas moi »

Comme le Cyrano d’Edmond Rostand, le quinquagénaire maîtrise les variations de ton. Faussement neutre, pour qualifier l’action du gouvernement : « Je ne la critique jamais. » Doucereux, à l’heure d’évoquer son successeur à Matignon : « Le premier ministre fait de son mieux. » Ironique, quand il s’agit de comprendre la raison qui a poussé M. Macron à se passer de ses services, en juillet 2020 : « J’ai une idée. Je la garde pour moi. »

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